S’évader à Alcatraz

Aller à Alcatraz, c’est simple mais ça dépend pour qui.

Pour bien commencer la journée (non, je rigole !), prenez une quidam, plutôt bien de sa personne et que par discrétion on nommera: Rozenn. Bien que distinguant très nettement sa gauche de sa droite, et bien qu’ayant compris le concept des quatre points cardinaux (ce qui l’a amenée à faire une petite fixette pour l’Ouest, c’est son Nord magnétique), elle est incapable de s’orienter correctement quel que soit le point de départ et celui d’arrivée. Qu’elle fasse de beaux raisonnements pleins de déductions, où il est question de la course du soleil, de la mousse sur les arbres, du cartoville, du sens de la circulation, ou autres arguments logiques; ou qu’au contraire elle se base sur son intuition topographique, son sixième sens (de l’orientation) ou encore qu’elle se fie à la chance, et laisse le destin prendre les choses en main, elle prend invariablement la mauvaise direction.  C’est pathétique et implacable, ça n’a pas de sens, mais c’est ainsi que ça se passe: condamnée à s’égarer, à prier le dieu GPS et à lui sacrifier toute dignité, en lui promettant gratitude éternelle et soumission opportuniste. Même quand elle demande sa route aux passants, elle ne comprend pas ce qu’ils disent (en particulier lorsqu’ils ont l’accent du Vieux Sud).

Bref, par un beau matin de Novembre, devant se rendre au Pier 33 de San Francisco , pour visiter Alcatraz, négligeant le fait qu’elle avait oublié son sens de l’orientation dans la salle du petit-déjeuner, près du buffet, juste à côté de ses bonnes résolutions diététiques, elle sort de l’auberge de jeunesse avec l’aplomb, la confiance et la naïveté de ceux qui ne tirent pas de leçons de leurs mauvaises expériences passées et prend une direction au hasard  après avoir fait quelques considérations rassurantes sur la position du soleil dans le ciel et celle de la mousse sur les arbres. L’auberge de jeunesse étant à 2 blocks de Union Square et à 4 de Market Street qui mène tout droit à l’Embarcadero, qu’il suffit de suivre pour arriver au Pier 33, il était impossible de se tromper. C’est pourquoi j’ai marché un petit moment, avec la tranquillité d’esprit du  » de toute façon, c’est toujours tout droit », suffisamment longtemps pour ça nous prenne, à Isabelle et moi, 1 heure pour nous retrouver au point de départ. Ticket réservé d’avance, horaire impératif, on décide de prendre le street car pour donner un peu de répit à nos mollets, et surtout parce que le street car roule sur des rails, il ne risque pas de se perdre. Mais c’est un bus qui arrive. Plus la situation est désespérée, plus je suis optimiste (il faut au moins ça pour forcer le destin): je demande au chauffeur si des fois par hasard il n’irait pas justement au Pier 33, où on doit être dans 10 mn pour attraper le bateau, en me disant que peut-être par chance, c’est un bus magique. Mais non, il n’y va pas.  Alors en attendant le street car, je fixe l’heure en faisant des calculs savants: s’il arrive dans 3 mn, et qu’il met 5 mn au lieu des 20  habituelles pour arriver au Pier 33, on est bon.  Evidemment, toutes les minutes il faut refaire le scénario et les calculs.

Bref, on a raté le premier bateau en partance pour Alcatraz, on a raté le deuxième aussi (mais à 2 mn!  si le street car était arrivé 1 minute plus tôt et avait grillé un feu, on l’aurait eu !), on a pris le troisième.

La traversée ne dure pas longtemps, mettez-vous à gauche (à babord dans le langage maritime et à l’Ouest dans le langage dalilien) pour profiter de la vue en arrivant.

Visiter Alcatraz

Alcatraz, à l’origine (du monde, oui oui) était juste un rocher qui dépassait de l’eau froide et tumultueuse au large de San Francisco. Compte tenu de sa proéminence, on ne parlera pars de trou perdu, mais de coin tranquille, pépère, bien peinard. Cependant, sa situation à l’entrée de la baie de San Francisco en a fait un point stratégique (c’est toujours comme ça: un coin est désigné comme paumé en temps de paix et de stratégique en temps de guerre), qui a excité l’intérêt et l’imagination architecturale des militaires chargés d’assurer la protection de la ville contre toutes sortes de dangers: invasions, attaques par surprise, ou que sais-je encore.

Face à ce genre de périls, une seule solution: la construction d’un fort, qu’on équipe d’une batterie de canons aussi impressionnants que dissuasifs.

Qui dit guerre, dit prisonniers de guerres, le fort construit sur Alcatraz est donc devenu une prison pendant la guerre de Sécession, prison compris par les prisonniers eux-mêmes… Vous saisissez l’ironie de la situation ? Bon les gars, puisque vous êtes coincés sur une île et qu’on vous a faits prisonniers, on va vous occuper un peu: et si vous construisiez des murs autour de vous. Vous verrez, c’est une occupation très.. constructive! c’est ce qui s’appelle faire d’une pierre (taillée) deux coups !

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Et puis l’Amérique a mené une autre guerre civile: contre l’alcool. Pendant la prohibition est né un nouveau style de banditisme: violent, armé, motorisé qui semait la panique et entendait faire la loi à la place du shérif.  Des gars très très méchants et violents qu’il fallait écarter du monde civilisé et sevré. Alcatraz était la solution. Un peu plus de 300 cellules individuelles de quelques mètres carrés, des gardiens bien armés, une discipline implacable et ces courants violents et glacés qui empêchent de se faire la belle à la nage.

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bienvenue à Alcatraz

 

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l’univers carcéral: des barreaux, encore des barreaux…

 

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… toujours des barreaux

 

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il faut avoir beaucoup d’imagination, ou vraiment être déjà un abruti, pour vivre dans cette exiguïté de piège à rat sans devenir idiot ou fou.

 

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la cour de la promenade

 

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le bloc D, quartier d’isolement

 

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où l’on pouvait rester une semaine dans le noir; une situation que certains préféraient au non-isolement: entendre les voisins de cellule gémir, parler tout seul, pleurer la nuit… ou jouer du trombone quelques heures par jour.

 

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les cellules les plus convoitées étaient celles qui se trouvaient dans un coin de la prison où l’on avait « accès » au soleil. 

 

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la bibliothèque de la prison

 

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pour ceux qui ne croient pas à l’évasion par la lecture…

Quand on entre à Alcatraz et qu’on voit, pas si loin, à l’horizon, la ville de San Francisco, à quelques brassées, et en même temps, à 30 cm de son nez, des barreaux, on pense évasion assez vite. Juste pour rêver ou espérer pour les uns, pour donner du sens au temps; pour avoir quelque chose à se mettre dans le cerveau et le mettre en marche, pour les autres, pour se donner à ruminer intellectuellement; ou bien pour de vrai pour certains, pas si nombreux, et plus si vivants.

Le plan est assez simple: on fait se rencontrer un mur et une petite cuillère. Une fois les présentations faites, petite cuillère, je te présente le mur, le mur, voici petite cuillère, le temps étant ce dont dispose le plus et à discrétion un prisonnier, fait le reste.

Trois prisonniers ont creusé, pendant des mois, des trous dans le mur de leur cellule, ont placé des mannequin dans leur lit et se sont enfuis par le conduit technique.

On ne sait pas ce qu’ils sont devenus: volatilisés ? atomisés par le froid glacial de l’eau de la baie de San Francisco? enlevés par des extra-terrestres ? morts bourgeoisement d’ennui sur une plage mexicaine ?

 

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tenue du gardien

 

le point fashion: comment définir ce gris triste comme un ciel normand ? Gris souris ? gris béton ciré ? gris ciment prompt ? gris anthracite ? gris passe-muraille (oh que ce serait ironique !),  gris crayon à papier mal taillé ? je ne sais pas, il y a tant de nuances de gris …

Et bien Alcatraz a la réponse: c’est le gris prison !

 

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slogans de liberté et d’identité sur le réservoir

Alcatraz a fermé dans les années 60.  N’étant d’aucune utilité en temps de guerre froide, son côté dissuasif n’ayant pas fait ses preuves pour montrer aux Soviétiques la puissance du monde occidental, et alors que tout le monde lorgnait en direction de la lune pour montrer sa supériorité, Alcatraz est redevenu un coin paumé.

Les années 60, c’est aussi le temps de la révolte, de l’émancipation et des utopies. Certains activistes Native Americans ont décidé de reconquérir ce territoire qui appartenait à leurs ancêtres et en ont profité pour réclamer des droits accordés aux uns mais pas aux autres.

Ils y ont cultivé leur jardin, leur sens social et politique, leur vison du monde. Jusqu’à ce qu’ils soient un jour délogés par des hommes armés par l’autorité de la loi.

 

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J’ai visité Alcatraz, et j’en suis revenue.

Vous n’allez pas me croire, mais c’était plus difficile d’y entrer que d’en sortir.

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Alcatraz et moi, on s’est quitté comme dans une romance: je me suis retournée et je l’ai vue s’éloigner au loin dans la brume

 

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puis je me suis retournée et j’ai vu San Francisco dans la brume, et je me suis dit: ah zut, alerte pollution.

 

24 heures (chrono) à la Nouvelle Orléans

00h01: Installation à l’auberge de jeunesse, The Garden District House.

Comme notre vol a eu 4 h de retard, tous nos projets de petite soirée festive dans le patio se sont envolés, plus rapidement que notre avion d’ailleurs, et il nous reste tout juste assez d’énergie et d’esprit d’initiative pour faire chauffer de l’eau pour un repas Bolino.

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la tête des grands jours (Pauline et Dorothée à gauche, Thomas et Dalila à droite)

00 h 30: l’épreuve de la douche américaine.

Aux USA, régler la température et le débit de l’eau relève du mystère. Je pense qu’il faut avoir été initié par un plombier qu’un chauffagiste vous aurait présenté après avoir été parrainé par le staff de Brico Dépôt pour en comprendre le fonctionnement. Comme je n’ai bénéficié d’aucun intermédiaire averti entre la douchette et moi, je me contente d’une douche froide, tout en tournant les deux robinets dans les deux sens, dans une belle et infinie danse du 360 °.

00 h 53: apparition de l’homme en slip, dans le couloir, surpris de croiser quelqu’un de vêtu.

1 h00: dodo. On a un dortoir plutôt spacieux avec 3 lits superposés.

4 h00: je me réveille. Il est 11 h en France, normal.  J’hésite entre poser cette question absurde et pleine d’inconscience: « vous dormez? » et faire semblant de dormir, même au cas où on me poserait la question. Je choisis de privilégier la sérénité de nos relations plutôt que de les réveiller tout pour goûter aux plaisirs d’une bonne conversation à batons rompus. Je me rendors en me félicitant de mon sens de la diplomatie et des relations humaines.

7 h00: je tente un « vous êtes réveillés? » pour voir dans quel état d’esprit se trouvent mes compagnons de voyage. Par chance, ils sont dans un état de veille.

On se prépare pour le petit déjeuner qui est servi (?) à 7 h 30. En fait, nos estomacs sont prêts depuis longtemps, il leur manquait juste la position verticale et la contribution de nos jambes pour atteindre la salle à manger  (à 3 m de la chambre)

7 h 29: rien

7 h 32: toujours rien. La cuisine est vide, la salle à manger aussi.

7 h 33: Chacun sa tâche: Dalila va affronter Kristen à l’accueil, pour lui rappeler que c’est heure de mettre en place le petit déj sinon, à quoi ça sert d’avoir pris sur nous pour nous lever. C’est toujours à elle qu’on confie ce genre de boulot: affronter les chauffeurs de bus mal lunés, les serveuses en rogne, les employés désagréables, les préposés malentendants.

Dorothée prépare les pancakes, moi les gaufres, Pauline tourne en rond dans le sens des aiguilles d’une montre et Thomas dans l’autre sens.

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la tête des grands jours (Pauline à côté Dalila en face de Dorothée à droite de Thomas)

8 h 40: balade dans le quartier de Garden District.

C’est un quartier résidentiel très agréable, surtout un dimanche matin.

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sur Felicity Street, pour rejoindre Magazine Street
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le détail qui montre que nous sommes à la Nouvelle Orléans
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le sourire de Pauline nous montre aussi que nous sommes à la Nouvelle Orleans et ce n’est pas un détail (et aussi que j’ai sorti mon appareil photo).
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autre détail qui montre que nous sommes à la Nouvelle Orléans
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Sur magazine Street

9 h 15: balade dans le Warehouse District.

Changement d’ambiance et d’architecture.

On s’approche du Centre Ville, et du Mississippi.

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C’est dimanche matin, les gens ont faim, leurs estomacs ont commandé à leurs jambes de les emmener dans un endroit réputé pour le brunch où ils vont faire la queue sur le trottoir; ça leur fait les pieds.

9 h 40: je me fait klaxonner par un tramway nommé désir. Il a de la chance d’être lancé, sinon, je lui aurait envoyé Dalila.

10 h 00: le Vieux Carré (French Quarter) autour de Jackson Square.

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Sérénade de cuivres; mais ici, les musiciens sont au balcon et les spectateurs en dessous
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la cathédrale Saint-Louis

Devant la cathédrale, des diseurs de bonne aventure, des liseuses dans les vignes de la main, des tireurs de cartes, des astrologues, des gens qui croient ce qu’on lit sur internet (non, je plaisante ! il n’y avait pas d’astrologues!)

10 h 30: on se dirige vers le quai au bout de Toulouse Street, pour une petite croisière sur le Mississippi.

Comme c’est le French Garden Fest, il y a des contrôles de sécurité à tous les accès du « river front ». Les gens font la queue en attendant que l’accès aux contrôles qui filtrent les accès aux berges du Mississippi soient ouverts. On trouve un passage sans contrôles (en fait, passer dans le dos du « contrôleur ») mais on n’ose pas trop. On regarde ce qui arrive aux festivaliers qui prennent cette option: arrestation ? bannissement ? regard réprobateur ? coup de sifflet ? carton rouge ?

Les premiers qui passent dans le dos du contrôleur restent inaperçus. Les suivants arrivent à presser le pas avant qu’on ne les surprenne, les suivants se font refouler. Du coup, on envoie Dalila expliquer qu’on doit embarquer à 11 h et qu’on n’a pas le temps d’attendre que le contrôleur ait fini d’installer tout son matériel de contrôleur: la chaise, la barrière, l’air sévère et inflexible, le règlement écrit en toutes lettres et le parasol.

Comme on pouvait s’y attendre, Dalila se fait humilier en deux temps: d’abord par une contrôleuse qui lui dit non avant même qu’elle ait pu prononcer le moindre mot. Puis par une deuxième qui tourne la tête comme si elle ne l’avait pas vue, ou bien que Dalila n’ait pas plus d’importance qu’une mouche.

On insiste, on y va à deux; au règlement écrit en toutes lettres on oppose nos tickets pour la croisière, à leur air sévère et inflexible, une mauvaise humeur de circonstance.

10 h 40: Victoire; on passe les contrôles avant tout le monde !

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10 h 45: on découvre avec stupeur un orgue improbable qui fait une puissante cacophonie avec la vapeur du Steamboat.

 

en descendant le Mississippi….

 

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ça ne se voit pas, mais il faisait vraiment froid en descendant le Mississippi

Quand on a fait demi-tour pour retourner vers la Nouvelle Orléans, la vitesse s’est réduite, le vent est tombé, il s’est remis à faire chaud, le concert de jazz a commencé.

Dorothée a décidé de partir à la recherche de Pauline et Dalila, a trouvé la salle des machines, les toilettes et la salle à manger où elle les a trouvées grelottant sous la clim et digérant un bon sandwich aux crevettes.

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pour moi, ça a été une bisque de la mer, sur le pont, avec vue sur le Mississippi et sous le soleil louisanais.

 

13 h 30: retour à la Nouvelle Orléans, en plein festival du French Quarter.

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13 h 40: je me dis que vraiment les américains sont toujours bien équipés: glacières de 250 l pour aller à la plage, barbecue de colonie de vacances pour les pique-niques, sièges pliants grand confort pour aller écouter de la musique.

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13 h 45: direction le Vieux Carré.

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Des concerts à chaque coin de rue et de ci de là, des stands de poésie (donnez un sujet, on vous fait un poème), de tatouage au henné etc..

 

 

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le fauteuil pliant, l’ami du festivalier américain

 

15 h 30: balade dans le Faubourg Marigny

On décide de s’éloigner de la foule du Vieux Carré pour aller flâner dans le Faubourg Marigny: maisons colorées et rues tranquilles.

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avis aux amateurs

Au détour d’une rue, on tombe sur ce Brass Band plein de jeunesse et d’énergie, malgré la chaleur accablante.

ça nous revigore, et en même temps, ça nous donne soif.

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un chouette Brass Band

On se dit qu’on chercherait bien un endroit sympa pour se désaltérer , alors, on traverse la rue pour s’installer au balcon de Dat Dog, sur Frenchmen Street.

16 h 30: on s’installe au Dat Dog

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Dat Dog, Faubourg Marigny.

16 h 35: Comme il faut commander au bar, Pauline et Dalila se proposent d’aller se renseigner sur le choix des soft drinks.

16 h 45: je me dis que j’aurais dû prendre une photo d’elles avant leur disparition.

16 h 50: je pars à leur recherche.

Elles n’ont pas mis la main sur la carte des sodas, mais ont trouvé le barman, qui est débordé et Vincent Cassel qui lui aussi cherche un créneau dans l’emploi du temps du barman pour pouvoir passer commande. Du coup, elles font preuve de beaucoup moins de zèle pour mener à bien ce qu’elles étaient venues faire, ayant été soudainement détournées de leur objectif initial par l’aura de l’acteur, qui a embrouillé tous leurs radars: elles tournent en rond autour du bar, en faisant semblant de s’impatienter et en m’expliquant qu’il n’y a pas moyen d’obtenir quoi que ce soit de ce barman proche du burn out.

16 h 55: je retourne sur le balcon, j’explique à Dorothée et Thomas que Vincent Cassel est à l’intérieur; Thomas en conclut que j’ai attrapé une insolation.

17 h 00: apparition de l’acteur sur le balcon, à côté de notre table.

17 h 03: retour miraculeux de Pauline et de Dalila. J’en déduis qu’elles ont mis 3 mn à se rendre compte que Vincent Cassel avait quitté le bar pour rejoindre le balcon. C’est dire si elles étaient déboussolées.

On peut enfin savourer nos sodas.

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17 h 15: je vais remplir mon verre à la fontaine de soda; en retournant sur le balcon, je dévisage l’artiste bien à l’abri derrière mes lunettes de soleil. Lui aussi me regarde bizarrement; il doit avoir remarqué ma personnalité !

17 h 17: je me rends compte que ce n’est pas mes lunettes de soleil que j’ai sur le nez, mais celles de vue.

17 h 18: je balaie du regard le balcon à la recherche d’un endroit pour me cacher; bien que portant des lunettes de vue, je n’en trouve pas.

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17 h 00: le parc Louis Armstrong

17 h 45: un petit tour, puis après s’être consultés rapidement (on s’est regardé, on a vu notre air fatigué), on décide de s’assoir un peu dans l’herbe pour réfléchir à différents sujets qui nous préoccupent: est-ce que tu viens pour les vacances, y aura-t-il de la neige à Noël ?

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18 h 20: un bruit bizarre nous réveille: celui de nos ronflements respectifs.

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sieste avec vue sur le ciel

18 h 30 retour vers Jackson Square

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C’est le happy hour…

Proposer une formule all-you-can-drink, ça donne ça: un bar qui déborde jusqu’au trottoir; une foule nombreuse qui parle bruyamment, parce que, quand on a trop bu:

  • on ne s’entend plus (c’est bizarre, mais véridique)
  • on a tendance à répéter ce qu’on a déjà dit, parce que soit on a oublié ce qu’on a dit, soit son interlocuteur ne comprend pas
  • on parle pour ne rien dire et en buttant sur les mots de plus de trois syllabe (ou alors, on mange la moitié des syllabes, ce qui revient au problème précédent.

 

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public assis dans fauteuil pliant déplié pour l’occasion, à Jackson Square

 

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big band swingant

 

19 h 00 passées: on décide de rentrer en street car et en s’arrêtant dans différentes boutiques de souvenirs.

19 h 30: on trouve l’arrêt de Street Car, on grimpe de dans, Dalila ne se fait pas réprimander par le chauffeur, elle a du mal à y croire.

 

On finit la route à pieds.

20 h 30: Il nous reste juste assez d’énergie et d’esprit d’initiative pour chauffer des plats au micro-onde.

23 h 53: apparition de l’homme en slip puis de la femme en liquette.

prendre le bus à Miami: take it easy.

J’avais déjà quelques soupçons bien fondés: la conquête de l’Ouest et celle de l’espace ne sont pas le fait de simples piétons. Les Américains aiment les bolides et ont ringardisé l’homo erectus, qui est pourtant parti de loin pour aller à la découverte du monde et de son destin, à pied.

Or, lorsque je pars aux USA avec mes lycéens, je privilégie toujours la marche à pied, meilleur moyen selon moi de les épuiser de leur faire découvrir la ville, de se mêler aux choses et aux gens; c’est aussi un bon moyen pour eux de discuter, d’apprendre à se connaitre.

Bref, lorsque nous déambulons, nous découvrons et devisons avec bonheur.

Mais il arrive que, parfois, nous ayons à prendre les transports en commun, d’abord pour visiter la ville au delà d’un rayon de 3 km autour de notre lieu d’hébergement , et puis, pour le sport (monter avec 40 lycéens dans un bus de ville, je vous assure, ça tient de l’acrobatie et de la contorsion).

Pour notre séjour à Miami, le paiement des tickets de bus en groupe auprès du chauffeur étant impossible, nous avions deux options.

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Soit nous donnons à chaque élève, avant de monter dans le bus, les 2.25 $ exacts (appoint obligatoire) qu’il devra glisser, individuellement, dans la machine pour payer son trajet. Avec un groupe de 45, c’est déjà assez éprouvant de voir dans les yeux du chauffeur à la fois la terreur et l’ennui quand il nous voit tous agglutinés à l’arrêt de bus, pas rangés, mal orientés (oui, certains élèves ne sont jamais tournés du bon côté), si en plus on doit supporter d’avoir sur la conscience l’abandon de sa carrière parce qu’on aura mis 1 h à tous acheter nos billets…

Soit on achète, pour chacun, une easy (tu parles!) card sur laquelle on fait charger le nombre de trajets dont nous avons besoin, auprès d’un détaillant, qu’il reste à trouver….

Ce matin, Kathleen et moi partons en quête de cette easy (sans blague ?) card: le Miami Dade public transit nous a indiqué  l’adresse d’une boutique qui en vend, à 20 mn de l’auberge de jeunesse; et on nous a dit qu’on pourrait en acheter au Wallgreen, lequel nous a dit « no more easy cards » et nous a envoyées au CVS, qui nous a réorientées vers une boulangerie (oui oui). On s’est donc plutôt rendu à l’adresse indiquée par le Miami Public Transit, sur Lincoln Road. Le tout, sous une pluie battante.

 

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`C’est la boutique de droite, El Pirata, dans laquelle nous sommes censées nous procurer nos cartes de bus…

Comme El Pirata semblait ne pas vouloir ouvrir avant sa liquidation judiciaire et une dernière inspection sanitaire, nous sommes allées dans un pizzéria voisine, qui faisait aussi « visitor center » (ben quoi: on peut vendre une « quatre-saisons » ET une visite guidée dans les Everglades), avons supplié le vendeur d’excursions de nous céder au plus vite 47 easy cards sans quoi nous finirions par nous jeter de désespoir dans un caniveau inondé ce qui aurait achevé de nous détremper et aurait constitué un ultime geste de désespoir.

On nous a renvoyées vers la boutique de gauche sur la photo, une sorte de deli, et nous sommes tombées sur une dame charmante qui vendait effectivement, des billets de loterie et des easy (on aura tout entendu) cards.

Nous en avons donc demandé 47, n’en revenant pas quand nous a répondu que c’était tout à fait possible.

Le problème, c’est que pour charger les 47 easy (non mais vraiment !) cards cela prenait environ 3 mn, car elle devait charger et valider chaque trajet (il nous en fallait 6/carte). Qu’on multiplie par 47… On y est resté 3 h.

Je me suis dit que je pouvais en profiter pour faire un reportage sur ce quartier et commencer à écrire une thèse sur l’ennui, vu que je commençais à en avoir une grande expérience, depuis 2 h qu’on attendait.

J’ai vu, dans ce « deli », ceux qui viennent prendre leur petit déjeuner « à emporter » avant d’aller travailler; car, oui, les Américains veulent bien marcher, à condition que ce soit pour manger. Pour ce qui est de se déplacer, ils préfèrent rester assis.

J’ai vu et photographié le vélo d’un « homeless » tellement décoré, bariolé, bardé qu’on aurait dit une houseboat de hippie.

Mais comme j’avais oublié de mettre ma carte mémoire dans mon appareil photo et que, quoi qu’en pense Kathleen, quand on la remet dans l’appareil, les photos qu’on a « prises » sans carte mémoire ne se transfèrent pas automatiquement, je ne peux pas vous les montrer.

De retour à l’auberge, on a pu prendre le bus pour Downtown.

Notre groupe a pris d’assaut la ligne S et avons découvert, pour ma grande satisfaction (de tout façon, il valait mieux que je sois satisfaite: le soleil était là, les caniveaux étaient asséchés et je me serais fait une bosse en me jetant dedans) que les bus de la ville de Miami sont comme une salle d’attente: on y discute avec son voisin. A l’aller on a fait la conversation avec des Américains et au retour avec des Français qui eux aussi avaient décidé d’assaillir la ligne S.

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Direction Little Havana (à suivre)

 

 

Pourquoi voyager rend plus beau

En guise de préambule…

A la fin de sa vie, à une journaliste qui lui demandait si elle avait été heureuse, Jacqueline de Romilly répondait, en substance: « il y a eu des hauts, il y a eu des bas, mais l’un dans l’autre, c’était plutôt bien. »

Comme elle, je pense que si, finalement, on a une bonne moyenne, on peut s’estimer heureux  et j’essaie de compenser les malheurs, les soucis, les tracas, les contrariétés qui pourraient me tirer vers le malheur par de belles choses. Les voyages, qui sont toujours joyeux et débordants de vie, en font partie (les gens qui m’entourent aussi, pleins d’ondes positives; mais ce blog ne s’appelle pas « mes petits carnets de gens qui embellissent ma vie », je vais me contenter d’expliquer pourquoi les voyages rendent plus beau).

Mon copain Pierre faisait monter ma moyenne, par sa gentillesse, sa générosité, sa drôlerie inébranlables et rassurantes. Sa présence sur terre pouvait nous consoler de tous les malheurs. Sérieusement, il rendait le monde plus habitable.

pierre

Ce voyage à Miami avec « mes » lycéens est pour lui.

 

1- Voyager tue la routine

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Vous avez lu le Château ou le Procès de Kafka ? Non ? Moi non plus.Ma copine Kathleen a lu Le Procès, mais elle se rappelle juste qu’elle l’a lu.

Peu importe, vous connaissez peut-être l’univers de Kafka qui oppresse et aliène l’individu par l’absurdité d’un système implacable. Du tragique moderne, qu’on peut parfois toucher du doigt en se présentant à l’aéroport, en toute innocence et bonne foi.

C’est ainsi que nous sommes arrivés, avec « mon » groupe de lycéens, tous les 46, et que nous avons dû nous enregistrer aux bornes d’American Airlines, coûte que coûte, que ça fonctionne ou pas. Ou pas, en fait, la plupart du temps. Mais c’est la procédure. Pour ensuite aller refaire, quoi qu’il en soit, exactement la même chose au comptoir d’enregistrement et s’entendre dire, de temps à autre, que le système ne comprend pas pourquoi nous sommes si nombreux dans le groupe et qu »il y a un problème ».

Formule qui signifie, en langage commercial: « système informatique foireux, si je tenais celui qui l’a calculé ! » mais en langage lycéen, ça donne plutôt:

« comme par hasard, ça tombe sur moi » et « pourquoi toujours moi ? » et « c’est mort » . Vous voyez, quand je vous parlais de tragique moderne ? Allez à l’aéroport et vous êtes prêts pour un monologue tragique qui ramène celui de Phèdre à une simple pleurnicherie.

2- Voyager (en classe économique) rapproche (et ruine vos habits)

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D’abord ça vous rapproche de vos coudes, que vous ne fréquentez pas tant que ça le reste du temps; et là, ils deviennent vos nouveaux amis du jour. Vos côtes ne se souvenaient plus qu’ils existaient et les redécouvrent, ça fait des conversations intéressantes.

Les coudes de vos voisins aussi vous deviennent familiers. Surtout à l’heure du (plateau) repas, où on ne sait plus si on a dans les côtes ses propres coudes ou ceux du voisin. Voyager en classe économique, c’est la fête du coude, pendant que les genoux, eux, sont bien malheureux coincés sous la tablette, cognés et heurtés à la moindre occasion.

3- Voyager t’apprend l’humilité

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J’avais demandé un Diet Coke !

 

4- Voyager t’apprend la fantaisie

surtout celle du personnel de bord, pour ce qui a concerné notre voyage d’hier, entre Bruxelles et Philadelphie.

Hier, à bord, c’était menu aléatoire.

On a commencé par le plateau repas, sans préambule.

Pasta ou chicken ? ça ne sert à rien de préciser, on a eu ce qu’on a bien voulu nous donner.

Une fois le repas presque fini, on nous a servi les boissons, qu’il a fallu vite vite vite jeter au moment du passage de la poubelle dans la foulée

le café et la glace, longtemps après le repas pendant la sieste (il paraît… je me fie aux témoignages des autres passagers: moi, je dormais)

les bretzels à l’heure du goûter.

avec un diet coke (enfin, presque !)

et dans le ciel, j’ai eu sorbet coco, chantilly et barbapapa.

 

5-Voyager rend dégourdi

Parce qu’une fois arrivés à l’auberge de jeunesse, comme j’ai peur que ma tête se change en citrouille après minuit, je recommande aux lycéens, s’il leur manque une serviette de toilette ou une ampoule au plafonnier, s’ils doivent réchauffer leur repas ou trouver un point d’eau, s’ils veulent aller à la piscine (ah, non, pas là, j’ai dit non), s’ils veulent une imprimante, de chercher par eux mêmes, de communiquer avec la réception et de s’aventurer dans l’auberge pour y trouver ce qu’ils cherchent.

Je crois qu’hier soir, au niveau de l’autonomie, on a fait un bon score.

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AVANT

 

APRES

 

petit aperçu de notre chambre…

Chelsea sous la pluie et the Cloisters sous le soleil: être snob à New-York

Il n’est pas forcément aisé ni évident, pour un touriste,  de cultiver sa snob attitude à New York, c’est-à-dire, faire rien comme tout le monde et éviter les foules.

Mais avec un peu d’entrainement et mes encouragements, je suis sure que vous pouvez y arriver.

D’ailleurs je vous invite à vous y préparer en suivanti mes 5 conseils pour réussir.

Conseil n°1- Flâner là où les gens ne font que passer ou se presser.

Par exemple, dans les couloirs de la station de métro 14° street, lignes A-C-E, on peut « visiter » une exposition de sculptures de Tom Otterness. Il y en a partout où on ne s’y attend pas.

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y compris sur les poutres au dessus des escaliers
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au dessus des escaliers tout court
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ou en haut de l’ascenseur
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le voici

Il y en a d’autres, je ne les ai pas toutes publiées, je vous les laisse chercher. N’oubliez pas que vous devez vous exercer un peu.

Conseil n°2- Choisir le mauvais moment pour se promener

Par exemple, attendre un dimanche matin pluvieux pour parcourir la highline, cette ancienne voie de chemin de fer aérienne réhabilitée en promenade bucolique, passée en quelques années du statut de balade insolite en « must-do » touristique, en affirmant que ça serait trop facile de se réfugier au Chelsea Market sous le prétexte d’une averse bien installée sur Manhattan.

Les avantages à se promener sous la pluie (outre le fait qu’on a la highline pour soi tout seul, ou presque)

  • Il s’installe une agréable connivence avec les rares passants (en général, tyrannisés par un chien incontinent ou des baskets de course un peu trop fougueuses) avec qui on échange la blague du jour et de circonstance: « what a beautiful day » avec force clins d’oeil.
  • On entame une nouvelle relation avec les arbres, qui ne sont plus considérés comme ce qui doit être débité pour faire des meubles, mais comme un précieux abri ami. Merci l’arbre. Merci mon ami.
  • On devient photo-responsable : on arrête de gaspiller les photos et on ne sort l’appareil qu’à bon escient. Je suis devenue une grande personne.

L’inconvenient:

  • les photos feront penser à vos amis que vous avez passé une matinée pourrie à galérer entre les flaques d’eau et que vous avez même été obligée de parler aux arbres.
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bonne élève, je m’applique mes propres conseils et je marche sous la pluie.
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au niveau de la 14° rue
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un bon conseil que l’on peut aussi appliquer sans danger
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je ne vous ferai pas l’offense de légender cette photo en précisant sur quoi on a une belle vue depuis la highline (bref, j’en ai dit des choses dans cette légende, tout ça pour omettre l’essentiel); j’ai peut-être un peu trop forcé sur le snobisme.

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ce fameux baiser en technicolor (sur la 26° rue) commence à s’effriter. Et pourtant, l’amour est la solution. Persévérez, les petits; hauts les coeurs !

Conseil n°3- Prendre un brunch (déjà au départ, c’est un peu snob) au 230 fifth là où tout le monde va (surtout les Français) mais ….

sur la terrasse s’il pleut et dans la salle s’il fait beau. (attention, ne vous laissez pas tenter par le confort, un peu de discipline si vous voulez avoir le décor pour vous tous seuls)

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la terrasse du 230 fifth, avec vue sur… (je ne vous ferai pas l’injure de préciser….)
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aussi désert que la highline

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oeuf benedict, oeufs brouillés , salade aux cacahuètes, pommes de terre aux herbes, saucisses, sandwich cubain, saumon fumé et charnu.
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pancakes, french toast (pain brioché perdu à la cannelle) etc…
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petit faux pas: on a mangé au sec, dans la salle… allez savoir pourquoi.

Conseil n°4- Payer pour acheter trop cher un objet usé: le Chelsea Flea Market

Pour les Américains, il n’existe pas de vieilleries, il n’y a que des Antiquités.

Aussi, la moindre brocante, qu’on appelle parfois braderie chez nous, devient la foire internationale des antiquaires du Touquet. N’espérez pas faire de bonnes affaires, ça sera plus cher qu’en France.

Alors, pourquoi payer 1 $ pour flâner dans cette brocante ? Rappelez-vous: parce qu’on veut devenir snob.

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bric-à-brac sous tonnelle: des bisous en toc, de la vaisselle, des outils, des vêtements. Il faut chercher pour trouver. Ou bien c’est l’objet qui vous trouve. Nous, on a failli craquer pour un tire-bouchon.
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collection de masques « africains » ?
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statues africanisantes représentant tintin !
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collection de badges. ça, c’est cool.
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on est quand même tombés en arrêt devant ce tire-bouchon à manivelle beau comme un télescope . ça donne envie d’observer les planètes après avoir débouché une bonne bouteille.
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et puis un drôle de vélo, qui a belle allure et même une selle-fauteuil de bureau.

Conseil n°5- S’éterniser dans un endroit où personne ne veut aller quand il fait beau: le musée.

Nous, on a fait très fort, on a choisi le musée inaccessible et inabordable: The Cloisters

  • d’abord, il est tout au Nord de Manhattan (entre la 190 et la 200° rue) et tout en haut d’une colline, dans Fort Tryon Park, qu’il faut grimper à pied (et qu’on a redescendu en bus, parce qu’arrivés au sommet, on a découvert la ligne de bus)
  • y aller en métro le week end relève du défi (que nous avons relevé) . On était à Chelsea. On voulait prendre la ligne 1 à la 28° rue. Mais, là où ne passe que la ligne 1, s’est pointé un métro de la ligne 2 qui n’avait rien à faire sur les rails de la ligne 1. On nous explique qu’il faut prendre la ligne 2 sur le parcours de la ligne 1 et descendre à la 42° rue pour attraper la ligne 1. Ce que nous faisons. Le métro de la ligne 1 arrive (d’on ne sait où) mais le week end, elle s’arrête à la 131° rue (on veut aller jusqu’à la 190°). On descend donc à la 59° pour attraper la ligne A qui nous dépose à la 207°. Et on fait le reste à pied.

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  • The Cloisters est une annexe de la section médiévale du Metropolitan muséum; c’est dire si pas grand monde se bouscule pour prendre le métro jusque là. Lorsqu’on visite le Metropolitan musuem (le Louvre new-yorkais ), ce que font des milliers de gens chaque jour, le ticket d’entrée donne droit à l’entrée aux Cloisters le même jour. Les visiteurs ont ainsi connaissance de son existence, mais pas vraiment la possibilité ni l’envie d’y aller. L’art médiéval semble si codé et hermétique…

Et pourtant, voici 5 bonnes raisons de visiter les Cloisters 

1- ce n’est pas facile. Cette raison devrait être suffisante, mais je suis dans de bonnes dispositions et je vous en donnent 4 autres vraiment sexy.

2- On peut y voir une corne de licorne et une explication sur la disparition de cet animal légendaire.

3- Vous pourrez déambuler dans non pas 1, ni 2, ni 3 mais bien dans 5 cloitres .

Oui, mesdames messieurs, je vous le répète, the Cloisters est le cloitre qui comporte le plus de cloitres au monde (information que j’avance sans l’avoir vérifiée; d’ailleurs qui penserait à le faire ? il s’agit d’un boniment)

4- Ce musée renferme tout un bestiaire fabuleux: des lions, des dragons, des licornes et même un chameau.

5- Le musée recèle une salle du trésor (comme dans les cathédrale, certes, ce n’est pas le trésor de Touthankamon), de la dorure, du ciselé et surtout des tableaux précieux par leur finesse et leur luminosité.

Visite guidée (suivez-moi)

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eh oui, pour y accéder, il faut grimper.
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jusqu’au bout.
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des volontaires venus nettoyer le parc.
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et quand on y arrive, il faut encore monter des dizaines de marches pour accéder à l’entrée du musée
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musée médiéval: statues, pietàs et tapisseries.
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l’âne à roulettes: sympathique

une salle est consacrée à l’histoire de la chasse à la licorne racontée dans de grandes tapisseries.

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au début, la licorne est tranquille, elle ne demande rien à personne, elle vit sa vie dans un enclos dans une prairie fleurie.
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et voilà comment ça se termine. un peu déloyal !
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et elle finit en cruche.
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une corne de licorne. authentique (je ne l’ai pas trouvée au chelsea flea market)
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un cloitre, parmi tant d’autres
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ça a dû commencer par un pari stupide et maintenant ils ne savent plus comment ils ont fait pour se retrouver là, ni comment en descendre.
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lion terrassant un dragon
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lequel dragon fait un peu moins le malin
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encore un lion, avec une belle moustache.
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Saint-Roch Vu l’allure de ses chaussures et le short qu’il porte, je parierai qu’il est le saint patron des randonneurs
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Complexe d’Oepide
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cloitre avec jardin médicinal
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l’Annonciation vient de Tournai. Lumineux
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quand je vous disais que c’était cloitre sur cloitre.

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jolie vue sur l’Hudson River
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et sa faune

En bref.

la highline: promenade royale, même s’il fait beau et qu’il y a du monde; tout le monde n’a pas la chance de visiter New York un jour de pluie.

De Gansevort Street (West Village) à la 34 street, 2,5 km de vues aériennes et de bonnes surprises architecturales et botaniques.

Fermé la nuit.

Le 230 Fifth: très fréquenté par les touristes, mais la terrasse reste un endroit très agréable. Menu à 29 $ pour le buffet du brunch le samedi et le dimanche, à partir de 10 h, sans les boissons (rajouter 8 à 12 $ pour un coktail)

The Cloisters: ouvert tous les jours;, à partir de 10 h;  contribution suggérée: 25 $. Métro A jusque 190° puis le bus M4 peut vous conduire jusqu’au musée (c’est l’arrêt suivant).

Le bonus: 

mon article précédent sur Chelsea (en avril dernier)

dimanche à Chelsea

Welcome to Dunkerque, Exotic Paradise

Lorsque j’ai proposé à Dalila, après lui avoir annoncé qu’on devait renoncer à un séjour en Bretagne qu’on avait prévu de faire ensemble, d’aller plutôt passer une journée avec moi à Dunkerque, elle a, contre toute attente, dit « oui. Et je crois même, mais peut-être l’ai-je juste rêvé, dit « oh oui ». Même quand je lui ai précisé que faute d’autre voiture disponible, on irait en Sandero, le genre voiture qui donne l’impression, sur l’autoroute qu’on a oublié de passer la 5°.

On a donc pris l’A25, faisant autant de bruit que si on passait le mur du son, sans vraiment dépasser le 110 km/h, pour aller se garer près de la rue Martin Luther King, dans le quartier de Rosendaël, à Dunkerque.

Le quartier Excentic

Il s’agit une enclave, dans le quartier de Rosendaël, où le maçon, artiste, décorateur, tenace constructeur François Reynart a construit, dans les année 30 une trentaine de maisons « art déco » et qui nous transporte immédiatement, par l’opération magique du cliché et de l’auto-suggestion, à Miami Beach.

Le tour du quartier se fait en 5mn, pauses photos comprises, c’est pourquoi, on en a fait trois, tout en se réjouissant d’avoir bien de la chance d’avoir pu arriver si vite en Floride, surtout avec une Sandero.

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villa « ma coquille », rue André Chénier.

Avant de « visiter » le quartier (il s’agit en fait de trois rues qu’on pourrait faire à cloche-pied sans risquer l’entorse) j’ai consulté le site de la maison de l’environnement qui propose un plan et des explications, et faute d’imprimante autant que par souci de sauver la forêt amazonienne, j’ai photographié mon écran d’ordinateur (oui, je sais, c’est la misère et la loi de la débrouille); de sorte que nous faisons le tour du quartier, moi en plissant les yeux pour déchiffrer le plan sur l’écran de mon vieux portable (déjà, au départ, déchiffrer un plan me fait faire bien des grimaces de perplexité et d’embarras), Dalila en fronçant les sourcils à la fois pour se montrer solidaire des mes ennuis d’orientation et en même temps pour sommer son gps de réagir avant qu’on ait pris racine dans la quartier et alerté le voisinage par notre allure suspecte.

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le Pylone, rue Martin Luther King

Déambuler rue Martin Luther King et rue André Chénier n’est pas compliqué, mais retrouver les villas repérées au préalable, par exemple le fameux « excentric moulin » est autrement plus fastidieux.

Aujourd’hui encore, je n’ai toujours pas la moindre idée d’où se trouve la rue Carnot (sur le plan, j’ai bien vu, mais dans la réalité, ça n’existe pas; je peux vous l’affirmer, on a cherché)

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un petit air de Miami Beach
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villa « les cigognes » rue Eugène Dumez
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les Disques, villa qui semble avoir été oubliée par un héritier distrait.
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CQFD
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villa « les Cubes » , comme sa façade n’en fait pas mystère; rue Eugène Dumez
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à gauche, la villa Suzette.
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le portail de « l’excentric moulin »

Au bout de trois tours du quartier, comme on n’a rien à vendre et même si on trouve bien à l’aise dans ce décor floridien, on décide de poursuivre notre balade à la recherche les maisons en bois de Rosendaël, un plan à la main, le gps dans l’autre, pour avoir la certitude de prendre la mauvaise direction.

Ce qui est effectivement arrivé.

Heureusement, notre intuition féminine, qui ne nous avait pas mise en garde contre les dangers du GPS, nous a fait comprendre qu’il valait mieux lire le plan et le nom des rues aux carrefours.

Les maisons en bois de Rosendaël

Au XIX° siècle, la loi d’urbanisme de « non aedificandi » imposait aux constructions de ce quartier , à proximité des fortifications, d’être en bois, les autorités militaires ayant jugé qu’en cas d’attaque, ce matériau était le plus adapté vu ses qualités inflammables notoires. Quoi de plus commode, en effet, qu’un bon incendie d’habitations pour y voir clair dans la progression de l’ennemi et surtout pour pouvoir pointer ses canons sur ledit ennemi qu’on verrait alors fort bien arriver, une fois le quartier résidentiel de Rosendaël réduit en cendres.

L’ennemi ne s’est pas pointé; la garnison a remballé son briquet et un peu plus tard les alliés se sont chargés du décor.

Mais quelques belles maisons de bois sont encore visibles, nous ont charmées et on en a immédiatement conclu qu’on se trouvait transportées en Georgie, à Savannah, par exemple.

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la villa Myosotis

J’ai cependant décrété qu’on ne pourrait se considérer définitivement dans le Vieux Sud américain que lorsqu’on aurait vu une maison coloniale; et j’ai été exaucée sur le champ …

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les colonnes sur le seuil, la signature de la maison coloniale
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la justement nommée villa coloniale, placée sur mon chemin pour donner raison à mes délires de voyages outre atlantique
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un peu plus loin… un petit air pré-halloweenien

Avec un sens de la déduction (« si c’est écrit « avenue de Rosendaël sur le panneau, c’est donc qu’on y est ») et de la vérification (« il faut donc qu’on se dirige par là, mais allons d’abord voir de l’autre côté pour être sures ») qui aurait agacé tous ceux qui sont nés avec une boussole dans le thalamus, nous avons squatté différents carrefours stratégiques du quartier avant de finalement trouver la rue des pêcheurs, où on peut trouver pas mal de maisons de bois.

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rangée de maisons de bois de la rue des Pêcheurs
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Celle-ci semble avoir un peu brulé, mais après tout comme dit Dalila, elle a été construite pour ça. C’était prévu du début.
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villa Ziegler, avenue du Casino; siège de la maison de l’environnement.

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dans le parc Ziegler, on trouve une invitation à se servir librement et manger ce qui pousse. Mais On a surtout trouvé, en fait de mets comestible, de la végétation qui ressemblait à s’y méprendre à de l’herbe.
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et comme on peut consommer la végétation qui pousse ici, ils ont installé une table à pique-nique.


Le LAAC 

Après un sympathique repas à l’Iguane, sur la digue, avec Vincent et Christele, passionnés de voyages USA, repas au cours duquel, j’ai bien noté que le buffet de Cici’s pizza un peu partout en Amérique est royal, que NYC dans la neige, en février, c’est bien, au milieu de Sandy, en octobre, c’est bien aussi, que la parade sado-maso de Key West est au moins aussi drôle que celle où tout le monde se promène à poil dans Duval Street, et qu’il ne faut pas demander à Vincent d’assister à une parade mexicaine à San Diego quand c’est l’heure du buffet all you can eat, nous sommes allées visiter le LAAC (le Lieu d’Art et d’Action Contemporains)

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Ce que j’aime, dans l’art moderne ou contemporain, c’est qu’il n’est pas prétentieux (ce qu’on lui reproche souvent d’ailleurs, ça a l’air si facile, si peu technique, si peu savant, si peu impressionnant), je le trouve ludique et questionnant; il me surprend ou me parle, permet à mon imagination de gambader; bref, pour moi une vraie partie de plaisir. Et ce lieu m’a plu car il invite à prendre son temps (ou même le perdre, quel luxe !) et ses aises (pas de foule, pas trop d’oeuvres).

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un ange de Nikki de Saint Phalle aux seins asymétriques vous accueille à l’entrée
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oeuvre dont j’ai oublié de repérer le titre et l’auteur
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Jean Dewasne, c’est le tôlier.
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une salle qui nous donne l’impression de pénétrer dans les réserves du musée. pour inciter le visiteur à être un petit curieux.
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Et voilà ce qui arrive quand on laisse sa valise au soleil. Valise Expansion de César.
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Philippe Hollevout, Trabant
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mais oui, c’est bien Andy Wharol Car Crash (en face de la Trabant, manque de tact)
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Wasarely et une compression de voiture de César (en face de la Trabant, mais ils sont sans pitié !)
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Soulages, d’humeur noire
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autoportrait sur un faux Klein de Ben
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Vénus n° 1, de César Vénus n° 2, inspectant la rambarde (Dalila)
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un trompettiste du cirque de Karel Apell
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dans le jardin des sculptures… un mouton avec de l’herbe à volonté en libre service
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dans le jardin des sculptures toujours, une sorte de Stonehenge post apocalyptique

Et puis on est rentrées à la voiture à pied en cherchant (et en ne le trouvant pas toujours) notre chemin.

On a repris l’autoroute dans ma petite voiture qui fait le bruit d’un radiateur de motel prêt à décoller.

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En bref

Le quartier excentric: rue Martin Luther King, rue André Chénier, rue Eugène Dumez et rue Carnot.

Les maisons ne se visitent pas (sauf par ceux qui sont invités pour l’apéro par ceux qui y habitent)

Les maisons de bois de Rosendaël: aux alentours du Centre Hospitalier (facile pour se diriger, suivez les ambulances): rue Carnot, rue des pêcheurs, avenue de Rosendaël.

consultez le site de la maison de l’environnement pour plus de renseignements:

http://www.maison-environnement.org/index.php

le LAAC : un espace de promenade parmi quelques oeuvres d’art moderne tout à fait fréquentables.

3 euros l’entrée

fermé le lundi

ouvert de 10 h à 12 h 15 et de 14 h à 18 h.

pas trop loin du casino.

Les bonus:

pour visiter Savannah, Charleston ou Miami, cliquez.

la Géorgie, été 2009

la Caroline du Sud, été 2009

le quartier art deco de Miami

Auburn: « Today is the day »

Encore une journée réussie sur Terre.

Quelque part du côté d’Atlanta.

Dans ma petite vie.

Aujourd’hui, nous assistons à une messe gospel à l’Ebenezer baptist church , puis visitons le Martin Luther King Historic church; j’en espère, bien sûr un minimum d’édification et d’élévation.

Cela n’empêche pas de se lester un peu avec un petit déjeuner pour 2 (h non, c’est pour moi toute seule, en fait, oups)

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Après un petit trajet en métro, on s’arrête au supermarché pour s’acheter un pique-nique, que nous mangerons après la messe.

Quand je dis, pique-nique, spontanément, je pense paquet de chips, sandwich au poulet, pas …

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« poulet roti »…

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ni « courses pour la semaine »…

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mais chacun s’est organisé à sa façon.

Ensuite, il nous a fallu faire encore 30 minutes de marche sur des trottoirs déserts bordant des boulevards immenses, tous nommés Peachtree quelque chose. Mais c’est quoi cette ville avec des trottoirs vide où on ne peut jamais croiser personne (oui, parce qu’on ne peut pas se croiser entre nous, vu qu’on va tous dans la même direction).

Donc, 30 minutes de marche rapide sous la pluie, chargés de poulets rôtis, de packs d’eau, de paquets de chips fait avec des produits chimiques, avec un goût pomme de terre, et de sandwiches au fromage faits à base de gras.

On est donc arrivés chargés de provisions à l’église et on en est ressorti chargés d’émotion (elle est pas mal, celle là; je la note)

Une messe Gospel est un moment extraordinaire d’humanité, d’enthousiasme (au sens étymologique d’inspiration, de souffle divin, et au sens aussi qu’on lui donne habituellement) de joie (au sens joyeux, comme dans « gaieté ») d’acclamations, de convivialité, de chaleur humaine, de solidarité, de hip hop (si si) de hop hop hop alleluia (oui, aussi), de discours porteurs et clamés comme l’aurait fait Martin Luther King, de vibrations, de célébration, et de beaucoup d’humour, comme dans un stand up, de lumière, d’accueil, de rencontre, d’accolades, de solidarité

Et pour cause: c’est, en partie grâce à tout cela que la communauté noire a traversé, avec dignité et courage, la pénible et humiliante Histoire américaine.

Une messe gospel a donc aussi un sens politique et de social.

La messe a commencé par un discours « A moment in Black History »

Puis quelques sketches joués par des jeunes de la paroisse et ponctués de chants et de danse dans le genre hip hop et R n B. L’ensemble de la messe avait pour message (j’ai pris des notes !)

« We are all family »

« You are original »

« We are all in this together »

« Let it shine »

Nous avons été accueillis par les paroissiens, qui sont sortis de leur banc pour venir nous saluer, nous serrer la main ou nous serrer dans les bras pour nous souhaiter la bienvenue (rien à voir, bien sûr avec le poulet roti, ni avec nos chips cuisinées en laboratoire de chimie)

Un traducteur, pendant les chants et les sermons, assurait.. ben.. on va dire: la traduction.

Voici les mots

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We are all…

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together…

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on s’est donné la main, non pas parce qu’on avait peur de se perdre, mais pour se rapprocher.

Et du coup, comme on est proches, on risque pas de se perdre, ou alors tous ensemble.

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les jeunes qui ont animé, au sens étymologique encore, c’est à dire, donné un souffle, une âme, à la messe.

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nos jeunes, à nous, sous le charme, en-chantés

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danses et chants, plein d’énergie

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bien sûr, on a beaucoup tapé dans les mains; l’auditoire participe activement à une messe gospel

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« Celebration », de Kool and the Gang.

(les Américains sont incroyables)

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le sermon dit avec beaucoup d’énergie et de conviction,

dans un tempo qui va crescendo soulève les « foules », littéralement.

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à la fin de la messe, un choeur nous a emportés, encore, dans un souffle plein d’enthousiasme

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Et puis après deux heures de chaleur et d’énergie, on a attaqué le pique-nique.

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Et pendant qu’on se faisait attaquer par des chips encore vivantes, le choeur qui a chanté à la fin de la messe, en allant retrouver son autocar pour rentrer à la maison, nous a offert deux autres chants, comme ça, pour le plaisir de chanter…

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Magique.

L’après-midi, nous avons visité le Martin Luther King Historic Site: car c’est dans le quartier d’Auburn, à Atlanta, que MLK est né, a grandi et a commencé sa vie de pasteur.

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Une fresque, à l’entrée du musée: ce n’est pas la tapisserie de Bayeux, mais on peut quand même prendre plaisir à lire l’histoire qui est racontée et trouver son chemin dans les détails de la fresque.

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par exemple: Le Lorraine Motel, où MLK a été assassiné, à Memphis, que nous visiterons dans quelques jours.

Le musée propose beaucoup de témoignages et d’images ou de films d’archives sur les principaux épisodes de la lutte pour les droits civiques qui ont occupés les années 60.

Les longues marches de protestation pour pouvoir s’inscrire dans un bureau de vote toujours réprimées violemment, les sit in pour avoir le droit d’aller dans des cafés réservés aux blancs, les combats pour la scolarisation et l’égalité.

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la deuxième partie du site nous emmène en promenade dans les années 60, dans le quartier de l’enfance de MLK, préservé, habité, mais comme figé dans le temps.

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les corons locaux: des habitations des ouvriers du textile, alignées en rang d’oignons et appartenant au patron.

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la maison natale de MLK.

Je ne savais pas que Marion y habitait..

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avec Emilie, apparemment .

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d’autres maisons de cette partie historique d’Auburn Street (qui doit son originalité au fait qu’elle ne s’appelle pas Peachtree street)

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la tombe de Martin Luther King et madame.

Entre le quartier historique du MLK site et le centre vile, nous avons traversé un quartier déshérité (la façon polie de dire « un quartier de misère), plein de « homeless » et de gens pas nets, d’aspect et de caractère.

Là, on a bien eu envie de se tenir par la main pour ne pas se perdre, ou sinon, de prendre nos jambes à notre cou. De toute façon, nous n’avons pas trainé, il a recommencé à pleuvoir.

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La permanence du SCLC (Southern Christian Leadership Conference: présidée précédemment par MLK) branche WOMAN.

A la fin de la messe, j’ai été abordée par une femme qui voulait savoir qui nous étions et ce que nous faisions. Je lui ai parlé un peu de notre voyage.

Elle m’a dit « Let’s keep in touch » et m’a donné sa carte: c’est la directrice du SCLC WOMAN, qui cherche à promouvoir l’égalité, pour les femmes, AUSSI !

Elle ne pouvait pas mieux tomber …!

Nous avons continué sur Auburn street, où alternent de jolies petites maisons et boutiques et des immeubles un peu moins charmants, mais assez parlants.

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Et pour finir la journée dans le bruit… le Hard Rock Café.

Nous avons dîné sous le portrait du BB King, ce qui m’a mise en appétit (à moins que ce ne soit la marche à pied sous la pluie).

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Give peace a chance.

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La Harley du King

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Et pour finir, le métro, désert, comme les rues d’Atlanta.

Heureux qui, comme Elvis….

Bientôt, je vous raconterai, ici même, comment, nous avons débarqué à 48 (39 lycéens et 9 adultes) à Atlanta pour mettre nos pas dans ceux de Martin Luther King (à condition qu’on n’ait pas mal aux pieds et qu’on ne s’égare pas en route), comment à Nashville on va s’initier à la Country (danse, musique et cuisine) et comment à Memphis, on aura tous le blues, parce que ce sera notre étape d’avant le retour.

Heureux qui comme Elvis, a fait un long voyage et est rentré complètement charmé.

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On est des voyageurs du XXI° siècle: on voyage assis sur un fauteuil ou une banquette et on « marche » sur des tapis roulants dans les aéroport.

 

On s’est levé très tôt, vers 4 h du matin pour s’asseoir, matinalement, dans un bus, qui nous a transportés jusqu’à l’aéroport de Bruxelles.

 

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un bus avec un drapeau américain…. moi je dis: « ça c’est un voyage qui a été bien préparé ! » 

 

 

 

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Arrivés à l’aéroport de Bruxelles: on s’est assis par terre: ça fait nomade, c’est cool. Si on avait été filmé pour une émission de téléréalités, on aurait même pu parler d »aventure ». (« l’aventure continue pour notre équipe de lycéens prêts à tout pour arriver à Atlanta »)

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pause petit déjeuner

 

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nous, les profs, on vit notre aventure au Starbucks.

 

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 en salle d’embarquement….

 

 

Escale à Amsterdam: j’ai mangé local: soupe de tulipes (non, je plaisante, c’était pour le cliché) et un truc dont j’ai oublié le nom.

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Evidemment, comme on est des grands voyageurs, on s’est trouvé un siège bien moelleux avec la bonne inclinaison.

Et on s’est endormis.

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je vois une paire de pieds bien à son aise dans le lounge KLM. 

 

 

L’avion est parti avec deux heures de retard, parce que, nous a expliqué le pilote, les tests d’avant décollage ont montré une défaillance du générateur de bord.  Dans un premier temps, on se temps: ouf, il y a un générateur à bord ! ça peut toujours servir pour…. euh, enfin, bref, c’est une bonne chose de pouvoir générer des choses pendant le vol.

Puis, lorsqu’on a dû retourner, à 10 km/h au garage, comme on conduirait sa voiture au contrôle technique, on s’est dit que le pilote avait raison: vaut mieux vérifier que le générateur est ok. Surtout lorsqu’il utilise dans son annonce en néerlandais le mot « bobo » à plusieurs reprises. Si si , je vous assure, j’ai bien entendu « von ke fluptke bobo ».

Bref, on est parti avec 2 h de retard, et un générateur vérifié comme une invention au concours Lépine. Et on a pu profiter de notre siège de voyageur qui a décidé de passer sa journée assis, encore pendant 10 h.

 

Arrivés à l’aéroport, on a profité un peu de la position verticale que l’Homo Erectus a conquis, il y a un petit moment déjà, si mes souvenirs sont bons, pour que nous puissions faire la queue au cinéma, à la caisse, chez Disney et à la frontière américaine.

Par un étrange concours de circonstances, qui nous a évoqué le supplice de tantale : dès qu’on arrive au but, le but s’éloigne (bon d’accord , je crois que je suis la seule à y avoir pensé; les autres se sont plutôt dit « ben voyons, comme par hasard, c’est bien ma chance; ça tombe toujours sur moi »), tous les guichets des officiers de la frontière américaine se sont vidés dès que notre groupe est arrivé . ça ressemblait, pour un observateur neutre, à un changement d’équipe (la première étant pressée de partir et la suivante pas pressée d’arriver), mais pour nous, ça ressemblait plutôt à une malédiction.

 

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Finalement, près de 24 h après celui qui nous a pris à Tourcoing,on a pu aller s’asseoir dans un autre bus, qui nous as emmenés à l’hôtel, où nous avons pu découvrir que le manager s’est amusé comme un petit fou en préparant les clés magnétiques de nos 14 chambres: les clés de la 212 permettaient d’ouvrir la 214; ce qui a incité les filles de la 210 de s’installer en 212 (je simplifie; avec les valises et les 39 élèves, c’était un peu plus brouillon); les élèves de la 223 ont eu deux jeux de clés, tandis que ceux de la 207 n’en avaient aucune (et malheureusement, celles de la 223 ne permettaient pas d’ouvrir la 207).

On a donc géré le mic-mac le mieux possible, c’est-à-dire de façon approximative,  et je ne sais toujours pas pourquoi je me suis retrouvée en possession des clés de la 223, moi qui avaient fait tout ce chemin assis pour aller m’allonger dans la chambre 225.

 

HYATT PLACE

Mais avant d’aller me coucher, et comme je suis une vraie voyageuse, je me suis un peu assise dans le coin canapé de notre chambre, avec ma copine Dalila.

Emilie, qui maîtrise bien la station debout, a pris la photo.

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Mon cher Peter au grand coeur.

Je n’arrive pas à imaginer un monde sans toi.

Ton rire, ton humour, ta gentillesse, ta générosité, ta force.

Alors on va dire que tu es toujours là, à me faire croire que je suis quelqu’un de bien. On ne se quitte pas. Je t’emmène avec moi.

Ce voyage t’est dédié.

 

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Comment j’ai réussi à foirer (ou presque) le Top Secret Florida Project

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Il y a 10 ans, alors qu’ils étaient en maternelle, mes enfants me regardaient avec admiration, comme si j’étais Marie Curie en personne, lorsque je faisais leurs lacets ou du vélo, bien mieux qu’eux, et ils s’exclamaient quand ils me voyaient taper un texte (qui l’avait sans doute mérité) à l’ordinateur. J’étais trop forte dans tous les domaines, la reine des expertes.

Maintenant qu’ils sont au lycée, ils me regardent et me traitent avec ménagement, comme on le ferait avec une vieille dame hagarde et sénile trouvée en chemise de nuit dans la rue, errant  à la recherche de sa poêle Téfal. Certes, ils ont encore besoin de moi, occasionnellement, pour trouver une paire de chaussettes ou un maillot de rugby,  pour signer une circulaire le matin avant de partir ou pour chercher de l’encre pour l’imprimante un dimanche soir.

Mais désormais, ils sont les experts. Ils m’expliquent comment allumer ma tablette, et s’occupent de tout ce qui est « paramètre » ou « téléchargement », ils m’expliquent des mots que je pensais maîtriser depuis longtemps (jusqu’à ce que leurs congénères les détournent), comme « fragile  » et leurs phrases commencent souvent par « mais enfin, maman, quand même ».

C’est pourquoi, lorsque mon mari m’a suggéré il y a quelques mois d’aller en Floride….

Bon, d’accord, il a dit: « et si on allait au soleil à Noël »… ok, en fait, il a dit « on n’est pas obligé d’aller en Bretagne à Noël », ce qui revient au même.

Bref, j’ai, en réponse, à sa suggestion, développé un argumentaire en 27 sous-parties qui concluait à la nécessité d’emmener les enfants en Floride pour les vacances de Noël, et de leur en faire la surprise.

ça serait pas épatant de les voir bouches-bées ? et de devenir des experts en manigances en tout genre, comme au bon vieux temps du père Noël ?

A partir de ce moment là, on peut dire que j’ai développé des compétences inouïes de petite cachotière digne de la CIA, celle que les frères Coen ont mise en scène dans « Burn after reading ».

Très maligne, j’ai caché l’e-billet d’avion dans le dossier « archives » de ma boite mail (héhé, fallait y penser !), j’ai créé un dossier « FL » dans mon ordinateur pour y planquer tous les documents relatifs à ce que l’on appellera désormais le Top Secret Florida Project. Et puis j’ai utilisé un langage codé, dans lequel je remplaçais très subtilement « notre séjour en Floride » par « nos vacances en Bretagne », « l’avion » par la « voiture », « Miami » par « Quimper ».

Bref, j’avais repris la main.

Quelle fierté de les emmener à l’aéroport de Bruxelles, alors qu’on était censé partir en Bretagne…

D2PART BRUXELLES

Mais les meilleurs systèmes ont une faille, en l’occurrence, dans mon plan secret, c’était moi.

Une semaine avant le départ, j’ai ouvert mon dossier énigmatiquement intitulé FL, le sigle de l’Etat de Floride, pour vérifier les horaires des vols… et j’ai oublié de le refermer.

De sorte que Pablo est tombé dessus, a découvert le pot aux rose et a fait fructifier sa trouvaille en pariant 10 euros avec Hugo qu’on irait passer nos vacances à Miami.

Et la veille du départ, lorsque je me suis affairée à remplir les valises, ces agents doubles ont commencé leurs phrases par « mais enfin, maman, quand même… tu ne vas pas prendre nos maillots de bain/ nos shorts/nos casquettes pour aller en Bretagne ! »

N’empêche, j’ai failli l’avoir, le moment d’admiration où ils me regarderaient comme Mata Hari.

Et ils l’ont eu, leur moment de délectation. Sauf que je n’étais pas là pour le voir.

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escale à Madrid

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