Kennedy Space Center (Cap Canaveral): flying to the moon.

Imaginez que votre plutôt récent ennemi (après tout, vous étiez alliés lors de la 2° guerre mondiale), cette espèce de Bolchevik qui veut assassiner le Capital, vous empêche de jouir correctement, bourgeoisement et confortablement de votre nouveau concept, qui illumine pourtant le monde : the american way of life (traduction : la consommation, c’est bon) en vous mettant la honte devant la planète entière.

Nous sommes en 1957, Sputnik, premier satellite artificiel innonde le monde civilisé (par vos soins) d’un joyeux et insolent Bip-Bip-Bip qui signale au passage que c’est l’URSS qui a le pouvoir et qui occupe l’espace.

Avouez qu’il y a de quoi avaler son cigare et se détourner avec dégoût, au moins quelques instants, des cours de la bourse. On peut dire que votre fierté en a pris un coup et a été envoyée elle aussi en orbite. En pleine guerre froide, ça vous contrarie rudement, cet Ennemi qui a la plus grosse puissance de propulsion. Mais c’est bien mal vous connaître : vous créez la NASA et le programme Explorer et inventez un nouveau sport : la conquête de l’Espace et même la course à la Lune (qui n’a rien à voir avec un spectacle du Lido, ni avec un clip de rap West Coast).

Je suis née juste à temps pour assister au résultat de cette quête impossible à la Don Quichotte  et voir, entre deux régurgitations, Neil Armstrong éblouir et galvaniser le monde entier avec ce « petit pas pour l’homme et ce grand pas pour l’humanité » (ce à quoi, ayant l’esprit d’à-propos, j’ai répondu « arrrhho », ce que la plupart des témoins ont pris pour un rot de digestion plein de satisfaction).

J’ai longtemps été émerveillée par cette capacité qu’ont eue les Américains de conduire cette fantastique épopée, presqu’onirique ; cette ambition prométhéenne d’aller jusqu’à la lune, qui était l’expression d’une volonté confiante, d’un optimisme inébranlable en les pouvoirs de la science, de la technologie et une foi certaine en la capacité de l’homme à repousser les limites du possible pour toucher à un rêve, et ce dans la lignée des plus grands rêveurs, depuis Cyrano de Bergerac (le vrai, pas Gérard Depardieu) en passant par Mélies.

le-voyage-dans-la-lune-de-melies-film-cle-d-une-oeuvre-prolifique

Bref, j’ai longtemps évacué de mon imaginaire les enjeux politiques de la conquête de l’espace, jusqu’à ce que je sois déniaisée par visite de la Coupole, près de Saint-Omer, et que je découvre que les Américains (autant que les Soviétiques, d’ailleurs) avaient débauché ou embauché l’infâme Von Braun, le lavant de tous ses pêchers de Nazi, lui qui avait fait construire ses V2 par des prisonniers déportés du camp de Dora.

EN ROUTE POUR CAP CANAVERAL

1- La plage de Daytona

Tout a commencé par un lever de lune, la veille de notre visite.

Olivier, qui est un fin observateur de la nature (il sait par exemple, au premier coup d’oeil, et même de dent, distinguer le piment sauvage du piment domestique) nous a fait remarquer que, de ce côté de l’Atlantique on pouvait voir la lune se lever sur l’Océan, alors qu’en Vendée, non, pas du tout.

Kathleen a tenté une hypothèse relative à un changement d’hémisphère, ce qui nous a tous embarrassés pour elle, mais comme nous étions dans l’obscurité, nous n’avons pas été obligés de regarder nos pieds pendant le flottement qui a suivi.

l’homme face à la lune, le grand défi du XX° siècle

on a marché sur.. Daytona Beach; et on s’est assis dessus aussi.

2- Le Kennedy Space Center

Grand complexe, sur le site historique de la conquête de l’espace, qui mêle expositions et distractions. Et bien sûr, magasins de souvenirs et photos sur fond vert. Sa visite mérite une journée entière.

Comme souvent, les Américains mêlent le ludique à la pédagogie et surtout l’Histoire au mythe qu’ils prennent soin de construire eux-mêmes, comme si on était à Hollywood. Ils mettent en scène avec lyrisme et un sens de l’épique certain les moments glorieux de leur histoire.

Mise en scène habile, narration rythmée comme une bande-annonce (oh pardon, on me signale que ce terme de bande-annonce est tombé en désuétude il y a 3 ans, et qu’il faut désormais parler de teaser sous peine de passer pour un dinosaure), attente, entrée en scèneapparition de fusées et de navettes. On en pleurerait en voyant une combinaison ayant appartenu à un héros de la conquête spatiale ou de pouvoir presque toucher un engin qui a défié l’attraction terrestre. C’est comme si on rencontrait des stars. Ça m’a fait pareil quand j’ai vu Eddy Mitchel en vrai et Elvis Presley en faux.

En arrivant, on est accueilli par John Fitzgerald Kennedy, le regard dans le vague tourné vers l’avenir et nous montrant le chemin des toilettes de ses plus hautes ambitions.

img_1103
« We choose to go to the Moon. We choose to go to the Moon in this decade and do the other things, not because they are easy, but because they are hard, because that goal will serve to organize and measure the best of our energies and skills, because that challenge is one that we are willing to accept, one we are unwilling to postpone, and one which we intend to win, and the others, too. »

 

img_6009
Le LICP 2017, des lycéens taillés pour l’aventure
img_6011
l’étoffe des héros

 

img_1105
On fait tout un plat avec Atlas, le Titan qui porte le monde, mais on ne parle pas assez des profs du LICP qui soutiennent les troènes qui entourent le monde.

 

img_1108
l’entrée du Kennedy Space Center: tout un programme.

3- Le Rocket Garden

Suis-je la seule à trouver qu’il y a un peu trop de démonstration de virilité dans ce modeste jardin où poussent les fusées?

img_1110

4- Le Bus Tour

Il ‘agit d’aller voir de plus près, en autocar, les pas de tir et rampes de lancement. On ne descend pas du bus, mais on va aux mêmes endroits que ceux qui ont le badge les autorisant à pénétrer dans des zones réservées à ceux qui ont les bons badges.

La Bande annonce Le Taeser, dans la file d’attente..

Un conseil: placez vous à la droite du bus, vous aurez de belles photos, ou même des photos tout court.

img_6081
un bâtiment plein de cerveaux, c’est le Fort Knox de la matière grise
img_6058
on n’ira pas plus loin, sinon, après, on est obligé de décoller
img_1123
vous pouvez voir de l’authentique roussi de combustion de lancement de fusée

A la descente du bus, on vous fait attendre devant d’immenses portes qui restent fermées un bon moment, on s’apprête à découvrir une sorte de Jurassic Park, mais non, c’est juste la suite du spectacle.

Vous n’êtes pas obligés d’attendre, vous pouvez contourner le bâtiment par la gauche et rejoindre la navette suivante, qui vous ramènera au Kennedy Space Center.

Mais vous rateriez ça…..

5- Apollo 8 and the firing room

img_1128
un décollage depuis le poste de commande, comme si vous y étiez (en fait, vous y êtes)

img_1135

Et puis, on passe du bon côté du miroir, dans le vrai et le tangible, dans l’immense et l’impressionnant

img_1139

img_1144

img_6133

img_1146
se mettre en dessous d’une fusée, c’est comme gratter le ventre d’une baleine, et ça n’arrive pas plusieurs fois dans une vie.
img_1153
c’est bien beau tout ça, mais il est où l’astronaute ?

6- Space Shuttle Atlantis

img_6205

 

Dans la file d’attente, la bande annonce: des citations inspirantes.

img_1157
Cette citation est peut-être de la NASA, mais elle définit le métier d’enseignant
img_1158
Cette citation est peut-être de la NASA, mais, si je la comprenais, je dirais qu’elle parle du métier de prof.

 

img_1163
comme en apesanteur: le film qui nous présente la grande aventure humaine, intellectuelle et technologique de cette navette (avec tout ce qu’il faut: du suspens, de l’action, des héros)

 

img_1164
et…. apparition d’Eddy Mitchell déguisé en navette spatiale

 

img_1168
il a quand même quelques heures de vols, Eddy Mitchell

 

img_6190

 

img_1174
Espace ludique: on a laissé Pauline faire comme si elle devait réparer une navette spatiale, dans l’espace. Après ça, elle a exigé de nous qu’on l’appelle Sandra Bullock;  du coup, on l’a renvoyée dans l’espace.

7- Qu’est-ce qui est déconseillé aux femmes enceintes et aux personnes ayant des problèmes cardiaques, qui secoue un peu et provoque cris et satisfaction ?

Le simulateur de décollage

Mais parlez plutôt de Shuttle Launch expérience, ça fait plus « NASA ».

Dorothée, Virginie, Valérie, Pauline, Mike et Olivier s’y sont précipités.

Dalila et moi n’y sommes pas allées, nous simulons déjà très bien le décollage, et en bonnes copines, nous avons gardé les sacs.

La Shuttle Launch experience (à ne pas confondre avec le lunch experience, qui a eu lieu un peu plus tôt dans la journée) est une sorte d’attraction foraine qui consiste à vous faire monter dans ce qui ressemble à s’y méprendre à une navette spatiale (si vous faites la confusion avec une navette, on  supposera que vous n’avez rien appris de toute votre journée de visite au Kennedy Space Center), à vous faire peur en vous faisant croire que vous allez risquer votre vie au décollage, à vous secouer un peu à l’aide de vérins hydroliques tout en vous offrant le spectacle sur écran de la Terre vue du ciel puis de l’espace. ça y est: vous êtes dans la bande annonce le teaser !

« Oh my God », s’est écriée Virginie en s’agrippant à son siège, ou du moins à ce qu’elle croyait être l’accoudoir de son siège.

Olivier a grogné, puis se trouvant complètement renversé, a confondu le Nord et le Sud et n’a plus su dire si la lune étant montante ou descendante.

Valérie a commencé à analyser la situation et ré-écrire un discours, son propre éloge funèbre, qu’elle avait commencé à rédiger avant de monter dans l’avion à Bruxelles.

Pauline s’est mise à applaudir d’excitation et d’amusement, avant de faire des déclarations à faire rougir n’importe quelle prof de français expérimentée capable de lire entre les lignes.

Mike a fait signe des deux pouces pour dire que c’était ok, que ça marchait.

Dorothée préfère ne pas en parler.

et voici ce que Kathleen en a pensé

orangina

8- Ce qu’on n’a pas eu le temps de faire

  • l’IMAX, différents films sur écran panoramique
  • le U.S Astronaut Hall of Fame
  • Lunar Theater
  • Apollo Treasure Gallery
  • Hubble Space Telescope Theater
  • rester connectés pendant toute la journée pour montrer à la terre entière qu’on y est

Avec la fin de la guerre froide et du bipolarisme, la compétition dans le domaine de l’espace s’est ringardisée aussi vite que le mot « bande-annonce ». On est passé à une ère de collaboration scientifique, de partage de vols habités et de ressources. C’est un peu moins épique.

Mais c’est pas grave : puisque maintenant, on a Thomas Pesquet!

img_1155
Eh ! Thomas ! On est sur Mars, on t’attend, on bouge pas !

 

N.B : certaines photos de cet articles sont de Dalila (elle était à droite dans le bus). Elles sont faciles à identifier : ce sont les plus belles.

Quant aux autres photos… je ne préfère pas dénoncer l’auteur de cet article.

Macon et Savannah: Georgia on my mind

 

J’ai parfois des idées que je trouve lumineuses, mais que le reste de la population mondiale considère comme hasardeuses. Et franchement, je ne comprends pas pourquoi. C’est sans doute ce manque de discernement qui m’amène à confondre les bonnes idées avec les mauvaises .

Nous sommes donc un groupe de 64 voyageurs; l’autocar qui nous emmène d’Atlanta à Miami compte 61 places; j’ai donc loué une voiture pour suivre, accompagnée de Dorothée, Valérie et Virginie (mais vous pouvez aussi l’appeler Valérie), l’autocar, son chauffeur et ses passagers.

Ce matin, l’autocar doit venir chercher le groupe à 8 h, pour l’emmener à Savannah.

Après une série de calculs aussi savants qu’irréalistes, j’ai considéré que si je partais 1 h avant le bus, ça me donnerait la possibilité de visiter Macon qui est sur la route et qui a réussi à me séduire, à distance (c’est le secret de la séduction), lorsque google maps et moi avons établi l’itinéraire pour ce voyage.

Les circonstances étaient favorables: évacuée (que dis-je: éjectée) de mon sommeil de bébé par le décalage horaire , levée à 3 h du matin, copines prêtes pour le départ à 7 h; mais par un concours de circonstances qui serait trop long à expliquer mais que je peux résumer ainsi: au fait, ah zut, oh non ! pfff, nous sommes parties avec 20 mn de retard. Et à partir de là: perturbation cosmique, la journée est partie en vrille.

Etape à Macon, connue par les Américains pour être la ville natale des Allman Brothers et repérée par moi comme étant la ville natale d’Otis Redding .

On s’est garé sur le parking (gratuit et désert) du Visitor Center après avoir fait tout un tour complet et inutile du pâté de maisons (plus, ça aurait été de la gourmandise).

On a improvisé un petit parcours libre et un peu fou, plein de fantaisie et d’audace: on est allées toujours tout droit sur Mulberry Street, puis Georgia Avenue, avec un petit détour par Cotton Avenue, pour voir ça….

 

img_0915
La fondation Otis Redding, malheureusement fermée le week-end

 

img_0918
Sa chanson « Sitting on the Dock of the Bay » quitte rarement ma tête

On a pu goûter l’ambiance du Vieux Sud, toute faite d’Antan: architecture au charme désuet et aristocratique.

C’est pourtant pas trop mon truc, en général, l’antan, le désuet et l’aristocratique, mais dans des villes comme Savannah, Macon ou Charleston, je plonge dans une sorte de rêve éveillé de retour dans le passé, qui ici s’impose, reste très présent et très vivant.

img_0926
L’ancien marché aux esclaves… tout de suite, l’antan, le désuet et l’aristocratique sont beaucoup moins sexys.

 

img_0928
La canon ball House: lâchement attaquée par un boulet de canon qui a chu dans le salon; ça n’a pas plu au parquet, mais  le boulet n’a pas explosé… j’ai envie de dire : « le boulet ! » (tiens !? je l’ai dit!? c’est parti tout seul !)

 

img_0932
Attention, zone non-fumeurs, de joints.

 

 

img_0935
Dorothée, Valérie et Virginie, à la one-again

 

 

img_0940
Maison gardée par un chat valeureux qui n’a jamais daigné répondre à nos pourtant persistantes (et sans doute agaçantes) sollicitations. Il attend qu’un boulet de canon tombe du ciel pour jouer avec

 

 

img_0941
Février et déjà un air de printemps
img_0942
une école de droit.

 

Vous avez sans doute déjà remarqué que lorsque vous quittez votre quartier, normal, standard, pour visiter un quartier dont la surface habitable des maisons voisine la surface d’un stade de foot, vous vous mettez à dresser la liste des courses et à choisir, en faisant les difficiles et les clients exigeants, celle qu’on voudrait acheter si on gagnait au loto…

img_0947
voici la mienne, à mon image (je veux dire: pas trop clinquante, essayant de sauver les apparences, et s’effritant légèrement; bientôt à point pour effrayer les enfants à Halloween, mais à l’intérieur, c’est la fête!)

C’était calme, paisible et silencieux. L’air et la température étaient doux. Il n’y avait que nous en ville ce matin.

C’était bon.

Puis, n’écoutant que notre sens de l’initiative combiné à celui de l’improvisation, et surtout rappelées à la réalité par notre montre, on a fait demi-tour pour retourner à la voiture, pour faire un peu plus tard une petite halte au visitor center de Dublin, Géorgie. On a pu s’y ressourcer et profiter du WIFI se renseigner sur la région et jouir des sièges confortables des nombreuses ressources documentaires mises à disposition.

img_0952
comme vous pouvez le constater, on a profité de cette pause pour avoir une de ces belles et grandes discussions à bâtons rompus qui laissent des traces dans la mémoire d’une femme. Bon, d’accord, en fait, on a chargé des photos sur Facebook.

C’était calme, paisible et silencieux. L’air et la température étaient doux. Il n’y avait que nous au Visiter Center ce matin.

C’était bon.

 

Avec tout ça, on est arrivé légèrement en retard à Savannah. De sorte que Dalila, Kathleen, Pauline et Olivier ont mis les élèves en quartier libre pour le déjeuner, et contents de leur boulot, sont allés se taper la cloche dans un restaurant sur Bay Street dont ils nous ont envoyé l’adresse (enfin…. la soi-disant adresse !) afin qu’on les y rejoigne (qu’ils ont dit !)

Pour gagner du temps, nous sommes entrées dans le Visitor Center pour demander notre chemin. C’était une idée lumineuse qui finalement s’est avérée foireuse. Quand vous entrez dans un visitor center, ils ne se contentent pas de vous indiquer le chemin le plus rapide pour aller d’un point A à un point B; non, ils ajoutent les points C, D, et E qui sont des « incontournables » de la ville, ainsi que, et ils en sont fiers, les points F, G et H, qui sont des curiosités confidentielles réservées aux touristes curieux. Bref, on est reparti avec un itinéraire en zig-zag. Mais arrivées au 202 W. Bay Street, on a bien vu que le restaurant qu’ils nous avaient indiqué n’y était pas et qu’eux non plus d’ailleurs n’y étaient pas, pas au 202 W Bay sTreet , malgré leurs arguments, qui nous ont laissé à penser que quand ils croient fort à quelque chose, ils le pensent pour vrai:

  • mais si on est là !
  • d’ailleurs, Mike est devant le restaurant, vous ne le voyez pas ?
  • Et si c’est Dalila, qui se met devant, vous la voyez, là ?
  • mais si c’est l’adresse du restaurant, vous êtes sûrs que vous êtes devant ?

 

De guerre lasse, on s’est rabattu sur la très commerciale et touristique River Street où on a mangé un Wrap dans un restaurant grec. ça nous apprendra à trainer en route.

 

img_0956
River Street, côté river

 

img_0957
River Street, côté street

 

Savannah est la ville aux nombreux squares, de partout. Vous passez un block, vous tombez sur un square, encore un block, re-square.

Ce qui donne à cette ville un charme inouï, de quiétude, de langueur, de savoir-vivre-lentement. Car une ville qui offre une possibilité quasi infinie de s’asseoir ça et là sur un banc public, pour profiter d’un coin d’ombre et laisser filer le temps, est une ville qui sait vivre.

Savannah est une ville pleine de chênes moussus qui agrémentent les squares, les rues et encombrent les photos; mais c’est comme ça, ici, les chênes font la lois, ce sont les shérifs du square, seul Clint Eastwood pourrait les déloger, d’un seul de ses regards assassins.

On a fait une visite guidée et piétonne de la ville, où il a beaucoup été question de maisons hantées, de femmes adultères et assassinées (c’est un corollaire dans le Sud), de maris jaloux, de malédictions familiales, de trahisons vilaines, mais alors vraiment moches; bref, un vrai vaudeville aux airs de tragédie grecque (d’où le restaurant grec sur River Street)

je vous en ai ramené ces quelques photos…

 

img_0968

 

img_0978
comme il se doit: les maisons derrières, les chênes devant

 

img_0982
signez la pétition pour libérer la pierre tombale

 

 

img_0983
c’est l’histoire d’un mort qui voulait qu’on voie sa tombe de loin, narcissisme d’outre-tombe

 

 

img_0986
dans une fenêtre à l’étage, un mannequin déguisé en fantôme vous regarde, à moins que ce ne soit l’inverse.

 

 

img_0989
sur ce banc, en 2009, mes petits garçons ont pris leur goûter. Ils trouvaient qu’il faisait trop chaud et que marcher, ça faisait mal aux pieds. Nos lycéens, aussi.

 

 

img_0991

 

img_0992
la seule maison de Savannah qui a eu une habitation d’esclaves

 

img_0996
la maison que j’ai choisie, si je gagnais au loto; à mon image: classe, organisée, équilibrée

Après la visite de la ville, nous avons emmené les lycéens dans un outlet, et avons assisté à un miracle très émouvant: eux qui ne savaient plus marcher pendant la visite à pied de la ville, se sont mis à courir dans tous les sens dans les allées des magasins. C’était merveilleux. Miracle, apothéose.

Je n’ai pas pu suivre le bus avec ma voiture, le GPS était de mauvaise volonté; on s’est perdu, Dorothée, les 2 Valérie et moi. On a demandé notre route à différents commerçants et passants, qui nous disaient , « mais si, c’est pas là, vous ne pouvez pas le rater », mais même avec une technique de persuasion mentale comme ce genre d’affirmations convaincues, on ne le voyait toujours pas.

Bref, on est arrivé en retard, j’ai perdu mon téléphone, l’ai retrouvé tout tremblant dans un magasin (il était sur vibreur), n’ai fait aucun achat, la galère: j’avais rien à me mettre.

 

Bonus: 

mon voyage à Savannah, été 2009.

Georgia on my mind, 2009

 

 

Atlanta en 3 lieux contournables

J’aime me flatter d’être plutôt tolérante  (d’ailleurs, je bannis tous ceux qui prétendent le contraire), mais il existe deux mots que je déteste : impacter et incontournable.

Impacter parce que j’ai l’impression que ceux qui utilisent ce mot, juste pour évoquer des conséquences, évoquent une collision entre un astéroïde et la planète Terre, ce qui est plutôt ridicule, lorsqu’on parle par exemple de résultats de sondage ou de consommation de margarine..

Incontournable, parce que je trouve terrible de recevoir des injonctions de la part de monuments ou sites touristiques (l’Empire State Building: un incontournable ! alors que si vous êtes sur la 5° avenue, il vous suffit de tourner à la 34° rue, et c’est contourné)  et se retrouver dans l’obligation de visiter des lieux ; le voyage étant plutôt, selon moi, une histoire de désir et de flanerie qui laisse sa place au hasard.

 A Atlanta, on peut donc contourner des sites touristiques comme CNN et Coca-Cola et même ne pas s’en approcher du tout, le quartier de Downtown, où on les trouve étant plutôt déprimant (un jour, vous me remercierez).

Il existe 3 lieux tout à fait contournables, mais que j’ai choisi de faire visiter à mes lycéens, que voici, sous leur meilleur profil matinal.

Voici pourquoi.

1- Atlanta History Center, quartier de Buckhead

L’Atlanta History Center, qui s’est tout récemment agrandi, est un musée agréable, gentil (il vous veut du bien), situé dans le joli quartier de Buckhead: résidences dans le pur style « demeures et châteaux ».

Si vous arrivez en avance au musée, ce qui pourrait bien se produire si, comme nous, vous êtes descendu d’un avion la veille et que vous vous êtes réveillés à 3 h du matin en étant persuadé d’avoir fait la grasse matinée, faites un petit tour dans le quartier, pour commencer la journée par une belle série d’éblouissements (le premier étant causé par votre toute nouvelle aptitude à être matinal).

imgp0029
un de mes lycéens a déclaré qu’ici tout est beau, même les plots: la preuve !

imgp0034

 

imgp0038

 

imgp0046

Mais passons aux choses sérieuses: le musée en lui-même.

Différentes expositions présentent l’Histoire d’Atlanta et de la Géorgie.

Commençons par la guerre de Sécession. Vous savez, quand Lincoln a commencé à parler d’abolir l’esclavage, jugeant qu’il était insupportable que la moitié des habitants d’Amérique appartienne à l’autre moitié; ça a mis en panique les Etats du Sud qui y voyaient un moyen de prospérer et de faire du commerce à peu de frais. Ils avaient bien fait le calcul: faire travailler jusqu’à l’épuisement un main d’oeuvre qu’on ne paie pas est la meilleure façon de s’enrichir. Ils craignaient alors que l’abolition de cette abomination pourrait impacter leur niveau de vie et ont décidé, en bons pères de famille économes et prévoyants, de faire sécession pour ne pas avoir à subir des lois dictées par l’éthique plutôt que par le profit.

L’exposition sur la guerre de Sécession retrace à travers des objets et des reconstitutions les moments importants et marquants de cette période.

img_0765
Quand on est un canon, on fait le beau, on se sent fier; mais si je vous dis que ce qui a tué le plus de soldats pendent cette guerre, c’est la dysenterie … ben, en tant que canon, on fait moins le malin.

 

img_0766

 

img_0760
du côté des Confédérés, l’équipement de base…

 

img_0759
le superflu, pour remonter le moral des troupes

ruine et désolation

La visite se poursuit avec une exposition sur les Native Americans (ceux qui étaient là avant et à qui on a dit sans ménagement « poussez-vous que je m’y mette ») puis une autre exposition sur l’artisanat, notamment de belles réalisations en patchwork (quilt), et pour finir, une exposition sur les objets symboliques d’Atlanta, concernant le sport, la vie quotidienne, la presse, la religion, au XX° siècle.

Mais ce qui fait la particularité de l’Atlanta History Center, ce sont les maisons à visiter dans les jardin du musée.

On a commencé par la Smith Family Farm.

 

Dans la cuisine, Olivier nous a montré ses piments doux: de vraies friandises, ça croque un peu sous la dent, mais dans la bouche c’est fondant.

 

img_0792

Dans la salle à manger, une employée du musée restée bloquée dans le couloir du temps.

 

On a continué avec la Swan House, demeure du début du XX° siècle (les années 20)

img_0808

 

img_0810

img_0834

img_0818

Décoration un peu chargée.. d’histoire.

img_0821

img_0820
une vraie dame qui joue vraiment du piano, et une belle voix

 

img_0831

l’escalier magistral dans lequel il est plus facile de faire une sortie que son entrée (fine allusion à un moment épique où Kathleen a massacré ce qui devait être un moment de grâce et d’élévation)

 

On a terminé avec la maison au fond des bois (Wood family Cabin)

IMG_0837.JPG

Olivier s’est cru dans la petite maison dans la prairie, a tiré un bon coup sur ses bretelles, nous a commandé une tarte aux pommes et s’est mis à dialoguer avec les oiseaux en allant chercher du bois mort dans la forêt.

img_0842

 

2- Martin Luther Link jr Historic Site

 

Le bus nous a ensuite déposés au Sweet Auburn Curb Market, où nous avons pris vite fait un repas sur le pouce avant d’aller vibrer au son de la voix de Martin Luther King, dans le petit musée qui lui est dédié.

 

Sur les murs d’Auburn Street: des mots, des héros, des messages, des idées. C’est toujours bon à prendre.

 

img_0847

 

img_0850

 

img_0871

IMG_0875.JPG

Et puis, au Martin Luther King National Historic Site, on peut trouver d’autres mots, tellement forts, des idées tellement justes qu’elles se transforment en émotions.

Vous connaissez l’histoire: une fois, affranchis, les esclaves sont devenus des citoyens de seconde zone, amoindris et discriminés, humiliés et brimés; il ne leur restait plus que leur dignité, leur patience et leur détermination. Et Martin Luther King est devenu leur leader.

 

img_0851

La vie de cet homme impressionnant est retracée à travers des témoignages et ses combats à travers une exposition (photos, documents et extraits de discours); c’est modeste, comme lui, mais plein de choses essentielles et suffisantes pour nourrir l’esprit .

On peut ensuite se balader dans le quartier pour voir sa maison natale, l’Ebenezer Baptist Church où il a officié et sa tombe.

 

img_0856
sa maison natale

 

img_0861
Auburn Street, vue depuis la maison natale
img_0868
le tombeau et la reflecting pool.

 

3- Little Five Points

 

Prenez un quartier qui tombe en miettes, ajoutez-y quelques esprits créatifs, inventifs, des pots de peinture de toutes les couleurs, un goût certain pour l’indépendance, l’originalité, la provocation, le refus des normes. ça donne un endroit vivant et un vrai coup de fouet. On s’y est promené en visiteurs légers et insouciants. Une belle découverte.

 

IMG_0904.JPG

 

 

img_0900
Sur Euclid Avenue

img_0897

 

img_0901

 

img_0884

 

img_0895

 

img_0890
à l’entrée d’un bar

 

img_0902
à l’entrée d’un pub

 

img_0898

 

Les Bonus à peine dissimulés en fin d’article:

 

10 bonnes raisons de faire un Road Trip aux USA

Et pas une de plus.

J’espère que celles-ci seront suffisantes, sinon, j’en ai d’autres dans ma manche pour les plus récalcitrants d’entre vous.

Voici 10 authentiques, légitimes et bonnes raisons (sans hiérarchie, vous pouvez les mélanger: on parle de voyage, pas de vente) de partir en road trip aux USA.

1- C’est Noël tous les jours

Vous souvenez-vous la sensation d’excitation, lorsqu’enfant vous vous réveilliez à l’aube, le matin de Noël, pour découvrir et déballer vos cadeaux et croire aux miracles?

En road trip, chaque matin, on ressent la même frénésie à la perspective de découvrir un nouveau parc, un nouveau site, une autre ville, tous rêvés et souhaités (sinon, on ne serait pas là).

Contrairement à une certaine rumeur qui voudrait me faire passer pour une vilaine fille, voici la preuve de ma grande sagesse (non, je ne suis pas la nouvelle Matthieu Ricard, ni la réincarnation de Confucius): quelques-uns de mes cadeaux, déballés au jour le jour lors de mon dernier road trip.

(dont voici l’itinéraire: Road trip de Vegas à Vegas )

 

IMG_6258
un coucher de soleil à Bryce Canyon

 

IMG_6657
Et un autre à Arches National Park

 

une belle collection de Hoodoos (Bryce Canyon)

un coffret « la photo sans peine » à Antelope Canyon

Et du coup, quelques beaux clichés à Monument Valley

Un panier garni plein d’Arches

 

IMG_6991.JPG
Et (après tout, pourquoi pas) un fer à cheval

 

2- On se prend pour un explorateur

Et ça va vite: il suffit souvent de chausser une paire de baskets (ou bien, oh là là, ne lésinons pas: une paire de chaussures de randonnée) et d’emprunter un sentier balisé pour se prendre pour un explorateur.

Il y a de ça, non pas dans l’effort physique (quoique …), mais dans le plaisir de la découverte et surtout dans l’impression , grâce aux rangers et aux visiteurs respectueux, de marcher dans une Nature intacte, telle que les pionniers l’ont découverte (si l’on arrive à faire abstraction des panneaux, balises et du chemin multi-foulé)

IMG_6336
on a dû y aller à la dynamite pour se frayer un passage

 

IMG_6363
En remontant le Navajo Loop (Bryce Canyon). Même pas mal

 

IMG_6557
Vent et Sable à Devils Garden (Arches)

 

IMG_6590.JPG
Une façon intelligence d’utiliser l’adversité: la pente et la roche sont tes amis. (un bon explorateur est un explorateur qui sait rester vivant)

 

IMG_6515
Windows Section (Arches NP)- Pose Totally Spies exclusive

 

L’ascension du Cratère à Canyonlands (phase 1: la verticalité; phase 2: l’horizontalité)

 

IMG_7735
à Death Valley

 

IMG_7724
On a marché sur la lune (Bad Water Basin, Death Valley)

 

Bonus: l’aventure mode d’emploi (article à lire, si ce n’est déjà fait !)

Arches N.P: l’aventure (même) pour les Nuls

3- C’est la fête du pique-nique

 

Tous les jours, on mange notre tartine dans un cadre exceptionnel…

IMG_6173
Sauf le premier jour, entre Las Vegas et Bryce Canyon: on a mangé sur un parking, mais un joli parking.

 

Gooseneck State Park; Bryce Canyon; Grand Canyon (Desert View)

IMG_6549
A Arches (Devils Gardens) aire de pique-nique pleine;  du coup, 1 banc pour 6.

 

 

IMG_6731
A Canyonlands. Royal

 

IMG_6915
A Monument Valley. No comment

 

IMG_7703
A Death Valley: le pique-nique sur coussin.

On a appris à faire disparaitre une salade de fruits en 3 secondes (plus vite que la mafia de Chicago pour un cadavre); on a fait nos courses dans un General Store (Bryce Canyon) comme dans les films de série B pour acheter des trucs bizarres qu’on a mangés jusqu’au dernier (mais en un peu plus de 3 secondes) et même dans l’avion, le pique-nique est rigolo.

4-De temps en temps, on mange dans un diner ou un saloon

Et c’est encore plus la fête.

Car la moleskine est le meilleur support de fesses pour qui veut déguster un milk-shake.

à Kingman, sur la route 66, un diner haut en couleurs (acidulées)

 

IMG_7395
A Williams.

 

IMG_6978
Du bison, dans un saloon, avec live music, à Page

 

IMG_6658
Round 2; notre repas précédent ayant disparu dans les cheveux de Jerry lorsque notre serveur a renversé le plateau sur sa tête. A Moab Brewery, pour déguster la production  des micro-brasseries. Et voir les malheurs de Jerry

5- Chaque petit déjeuner est un festin

Dans les Motels et les Campings, et à Las Vegas en général, les petits déjeuners sont rarement compris, alors, quand on loge dans un hôtel avec petit-déjeuner inclus, on se rejoue le .festin de Babette, voire, pour certain d’entre nous, la Grande Bouffe.
Débauche et décadence, à l’heure du pancake.
IMG_6272
Au Bryce Canyon Village, Féthi et sa tour de Pise (infernale) de tartines
IMG_7403
Au Cruiser’s diner de Williams: hash brown (pommes de terres rapées), oeufs au plat cuits pile et face, et pancake au sirop.

A Page: bagels, fromage, yaourt à la grecque, oeufs brouillés

pancakes aux fraises et mini-muffins

6- Tous les soirs un nouvel hébergement:  on ne s’ennuie jamais

  • Les motels et leurs couvre-lits des années 80, dont on se demande quel esprit malade a pu, non seulement concevoir le motif, mais en plus lancer la production à des milliers d’exemplaires.
  • Les hôtels et leurs chambres spacieuses, parfois grand luxe (possible à Las Vegas, en semaine)
  • Les abris de jardin (loués sous le nom pompeux et trompeur de Bungalow sur Booking, mais désignés fort honnêtement sous le nom de « cabin » = « cabane » par le camping)

En road trip, on peut improviser: arriver avant 18 h pour avoir une chance de trouver des chambres disponibles et négocier un prix.

On peut aussi décider de tout réserver d’avance, surtout lorsqu’on voyage dans des endroits prisés comme les parcs de l’Ouest américains.

Pour ce voyage-ci, j’ai tout réservé d’avance. Lorsque les prix étaient élevés (comme à Moab ou à Las Vegas le samedi) j’ai baissé nos prétentions: on a dormi, donc dans une « cabane » à Moab et au Royal Resort à Las Vegas, qui n’a de royal que le nom.

Lorsque je voulais un hébergement à un endroit précis (Williams, sur la route 66 ou près de Bryce Canyon, pour voir le coucher de soleil) on a pris des petits motels, sans prétention, comme nous, mais toujours propres (comme nous également).

Et lorsqu’on en a eu l’occasion, on a pris des chambres d’hôtel, bradées sur Booking ou ebookers: à Las Vegas ou à Page.

 

Le mignon et désuet motel de Bryce Pionner Village

Notre petite cabane à Moab, dans un camping très sympa (Arch Valley RV Resort and Campgroung) 

la classe à Vegas: le Jet Luxury Signature, avec bain à remous, chambre spacieuse et ultra-équipé et baie vitrée avec vue sur le Strip

A Blanding, sur la route de Monument Valley

7- La route est ton amie

La route vaut le détour et devient une destination en soi.

Le road trip ne revient pas seulement à aller d’un point à un autre pour visiter des parcs ou se balader dans un endroit différent chaque jour. Le road trip, c’est être nomade dans le sens où on « vit » sur la route (like a hobo, quoi), on y traîne, on y passe du temps. Et ça tombe bien, parce que souvent la limitation de vitesse est de 55 ou 65 miles/heure (soit environ 90 ou 105 km/heure) aux USA.

Que ce soit une route « mythique » comme la route 66; ou une « scenic drive », ou bien une route ordinaire, elle est toujours belle.

La scenic byway 12, entre Kanab et Bryce Canyon

 

IMG_7385
Sauras-tu deviner de quelle route il s’agit ? Un indice se cache dans la photo

 

IMG_6900
Le Forrest Gump Point, avec Monument Valley dans le décor

 

échantillons de route

 

Vers et à Death Valley

NB: évitez de prendre, comme co-pilote, Dalila, pour qui l’Ouest, quoi qu’il en soit et d’où que l’on vienne, se trouve immanquablement à gauche.

 

8- S’écarter de la route réserve des surprises

 

IMG_7008
sortir de la route est donc sans danger. Let’s go

 

Les Américains sont de doux fous, créatifs, et qui croient en leurs rêves.

Si les routes sont bien aménagées pour prendre des photos et admirer la beauté de leur pays, dès qu’on sort de la route et des sentiers battus, on tombe sur des pépites.

En voici queqlues-unes

A Armagosa, vers Death Valley, un opéra au milieu du désert 

 

ainsi qu’une galerie d’Art

Et rien d’autre.

 

du Street Art, à quelques blocs de Freemont Street, à Las Vegas Downtown

 

A Chloride, entre Las Vegas et Kingman, village hippie-marginalo-original: chez Digger Dave (le café du coin)…

On a de la lecture sur les tables: mais ce sont des cartes routières et des partitions musicales

Et au plafond… tout et n’importe quoi qui serait digne d’entrer dans un inventaire à la Prévert: un pistolet à colle, des roues de poussettes, et une cible et des fléchettes (avis aux amateurs en fin de soirée)

 

IMG_7578
Toujours à Chloride: une maison de retraite pour nains de jardin

 

 

Et puis, il y a Kanab, entre Las Vegas et Bryce Canyon, ex-lieu de tournage glorieux de westerns: un village fantôme de carton pâte, ou presque. Voir l’article qui lui est consacré…

En passant par Kanab, Little Hollywood, Utah.

 

9- La vie est comme une comédie musicale

Evidemment, comme on passe du temps en voiture, une bonne playlist met de bonne humeur.

Celle de Mike était très rock’n roll.

Sinon, on était branché sur Radio Elvis, en direct de Graceland, Memphis, Tennessee.

De savoir qu’une radio qui ne passe que du Elvis Presley existe et de pouvoir l’écouter, ça met en joie.

IMG_7430

Et quand on sort de la voiture, comme on est aux USA, qui ont quasiment inventé la musique et le disque (oui, je prends des raccourcis , mais j’arrive à la fin de mon article et j’ai décidé de virer toutes les nuances et les subtilités) on assiste à des concerts.

A Page, deux soirs de suite, dans notre saloon.

IMG_6976

Et à Freemont Street: 3 scènes pour des concerts toutes la soirée.

Je suis restée en arrêt devant un groupe de cow-boys qui jouaient aussi bien de la country (line dance dans le public) que du blues ou du rock.

IMG_7640

 

Et pendant ce temps, d’autres artistes s’exhibent…

10- On reste groupir

On est un groupe, une équipe, on vit ensemble, on partage nos repas, on choisit nos itinéraires, on décide quelles balades on va faire quelles régions hostiles on va explorer, on se trouve drôle et même irrésistible et on s’en félicite à tour de rôle, on a des fous rires,  et on est les seuls à les comprendre et à les tolérer.

IMG_6635
En attendant le coucher de soleil à Arches: 2 heures de conversation à bâtons rompus (bon d’accord, on a parlé boutique)
IMG_6690
Méditation face à la beauté grandiose de la Nature et face à l’art complexe du selfie
IMG_7594
Fous rires sur canapé marron et moquette kaki (Hôtel El Cortez, Las Vegas downtown)
IMG_6718
rester groupir

Merci Dalila, pour tes maladresses (les bouchons de bouteilles sauteurs, bien qu’étant à vis), tes imitations et tes délires quotidiens, dont je livre un des plus savoureux de la semaine: à Mike, qui déclarait que, dans mon blog il fallait savoir lire entre les lignes (ce que je conteste: lire les lignes est suffisant et recommandé pour bien saisir l’essence du message), elle a répondu: « Oui, voilà, pour lire le blog de Rozenn, il faut mettre des lunettes 3D »

Merci Pauline. Ton rire est une grâce. Il me fait chaque fois penser à celui du Petit Prince, raconté par Gérard Philippe. Merci pour tes explications (« parce que c’est comme ça ») et tes arguments pour éviter de trop grimper les sentiers de randonnées (« la vue doit être la même là haut »), tu m’as beaucoup appris ! et pour la facilité qu’on a à vivre avec toi.

Merci « Mike-vous-êtes-ici », pour le moment (je plaisante, hein !), pour la distribution quotidienne de M et M’s et de chips, pour la positive attitude et pour être un bon camarade; et pour m’avoir toujours scrupuleusement indiqué où on se trouvait sur la carte routière.

Merci Thomas pour ta gentillesse, aussi inébranlable qu’un monolithe, ça fait chaud au coeur (tu es, soit dit en passant, indispensable au bon fonctionnement du monde), pour être un bon copain de bière, ça fait toujours plaisir, et pour ta drôlerie.

Bravo Féthi … pour l’ensemble de ton oeuvre.

death valley
De gauche à droite, plus ou moins: Dalila; moi: Rozenn; Thomas; Mike et Pauline

 

 

Et merci à mon gentil mari qui, non seulement me laisse partir (avec appréhension), mais aussi et surtout me laisse rentrer (avec soulagement)

A moins que ce ne soit l’inverse ?

 

 

 

Arches N.P: l’aventure (même) pour les Nuls

On va pas se mentir, comme dirait le vendeur d’électroménager qui n’a qu’une envie, continuer à le faire: nous sommes modérément sportifs et pas entièrement taillés pour l’aventure. On en prend conscience, dès le visiter center, en menant une rapide et discrète étude comparative entre nous et les randonneurs que nous croisons, habillés de neuf et de circonstance. Nous sommes plus de bonne composition que de bonne condition (physique); cependant, aujourd’hui , on tente une carrière d’aventurier à Arches National Park.

L’aventure sans se faire de mal, mode d’emploi.

Degré 0 de l’aventure: niveau trop facile les doigts dans le nez, level « parking »

votre profil: vous considérez que le sport peut réduire votre espérance de vivre tranquille et immobile ainsi que votre stock de déodorant; vous vous arrangez toujours pour contourner les magasins de sports ou accélérez quand vous passez (en voiture, forcément) devant Décathlon. Comme je vous comprends ! Les mots « fitness », « pulsation », « record » et « performance » renvoient pour vous à un univers aussi énigmatique que celles des lois du marché boursier pour moi.

La méthode: il suffit de lire les panneaux qui signalent un parking, s’y garer, sortir son appareil photo.

Pas besoin d’entrainement ni de capacité particulière, il suffit de maitriser la technique du créneau.

J’ai sélectionné pour vous:

  • Courthouse towers viewpoint

IMG_6486

IMG_6492

  • Tower of babel et The Gossip

IMG_6485

  • Petrified dune viewpoint
IMG_6539
l’aventure en fauteuil (conducteur)

Degré 1 de l’aventure: niveau facile, j’assure avec mes nouvelles baskets

votre profil: vous êtes de bonne volonté, surtout avant l’été. Décathlon ne vous fait pas si peur que ça. Vous voulez bien y entrer pour acheter une paire de baskets, et pour cause: vous n’en avez pas. Vous avez vaguement entendu parler de muscles en regardant dans un magazine comment faire des ados-fessiers en attendant l’ascenseur ou au bureau en taillant un crayon, mais vous n’en avez jamais eu l’usage, puisque vous prenez l’ascenseur et que votre boulot consiste à tailler des crayons.

la méthode: profitez de votre motivation et des ailes que vous donne votre nouvelle paire de baskets, pour sortir de la voiture et parcourir les quelques centaines de mètres qui vous conduiront à différents sites symboliques du parc.

  • Park Avenue trail (1.6 km)
IMG_6472
Park Avenue

IMG_6478
On s’est arrêtées au bout de 100m pour la photo et ensuite, on a oublié qu’il restait 1.5 km à faire…
  • Balanced rock (0.5 km)
IMG_6495
petite boucle autour de cette sorte de menhir
  • Double Arch (0.8 km)
IMG_6530
Double Arch, sentier pépère, pas trop loin du parking
  • Windows trail (1.6 km)

 

IMG_6511
très jolie balade avec petite grimpette

IMG_6515
et des photos spectaculaires

IMG_6516
une autre fenêtre avec vue sur ciel
  • Delicate Arch Viewpoint (0.8 km)
IMG_6657
Délicate Arch, vue de loin; pour aller dessous, il faut marcher beaucoup, et on change de catégorie

IMG_6649
lorsque le soleil se couche

Degré 3 de l’aventure: niveau modéré, sinon je ne le ferais pas, mais je raconterai que c’était difficile sinon ça ne servirait à rien que je le fasse.

votre profil: vous surestimez vos forces, non seulement  vous croyez que le sport ou l’effort physique ne font pas mal que ceux qui en font le disent, mais en plus, vous avez l’impression que c’est agréable, à force de voir des émissions de fitness où les moniteurs sourient comme s’ils voulaient incarner un moment de grâce. Bref, vous pensez que ça va être facile de grimper des pentes ou de marcher dans du sable.

la méthode: le silence… souffrir en silence

  • Sand Dune Arch

le chemin est simple pour y aller, mais le sable et le vent combinés ont transformé l’endroit en enfer tourbillonnant, et nous voyons, en approchant du site, les gens s’enfuir en courant, comme si c’était la sortie du train fantôme.

IMG_6542

IMG_6544

IMG_6543

  • Landscape Arch (2 km)

On marche dans le sable, ça monte, on grimpe sur des rochers, ça commence ressembler à une expédition périlleuse. On se prend pour des pionnier perdus dans le désert.. et puis on se rend compte que si on n’avance pas vite, c’est à cause de la foule de touristes.

IMG_6552

 

 

 

IMG_6557

 

 

 

IMG_6573

 

IMG_6561

Degré 4 de l’aventure: niveau trop difficile, ça va pas être possible, courage fuyons.

votre profil: vous n’avez pas peur du danger ni de la difficulté, vous êtes téméraire et tout le monde vous admire pour ça. Mais en même temps, vous voulez épargner vos compagnons de voyage, qui n’ont pas forcément la chance d’avoir le même courage ni la même force physique et de caractère que vous. C’est pourquoi, quand il faut renoncer et que la situation réclame de vous sagesse et demi-tour, vous êtes la bonne personne: celle qui dira « je n’y vais pas ! »

la méthode: avoir toujours sur soi une besace pleine d’excuses et de bonnes raisons de fuir.

  • Double O Arch (7 km)

là, il faut grimper dans les rochers, ou marcher sur des roches en pente.

IMG_6583IMG_6586

 

IMG_6595

 

IMG_6590
 Façon zen d’appréhender le danger et l’adversité. Matthieu Ricard peut prendre des notes

 

 

En bref: on peut facilement et agréablement passer une journée dans le parc national d’Arches, près de Moab.

Pour tous les niveaux et tous les goûts.

ça vaut donc le détour, comme dirait Dalila; surtout quand il est sur la route et à 5 mn du camping.

Pour fêter le fait d’avoir survécu, grâce à notre expérience et à notre sagesse, à cette journée d’aventures, nous sommes allés au Moab Brewery (carte riche et prix raisonnables, crème glacée maison en dessert) dont le serveur, pour fêter notre présence dans ces murs, a renversé notre commande sur Jerry, un autre serveur qui passait pas là.

IMG_6658

Bryce Canyon, le peuple de l’air

La journée a commencé comme une pièce de Ionesco, dont les personnages superposent leurs répliques sans jamais vraiment se parler, donnant ainsi lieu à des situation absurdes, parfois grotesques, qui nous donnent à voir le tragique d’une existence où toute communication est impossible et toute tentative de dire quelque chose reste vaine , lorsque Dalila, après m’avoir envoyé la porte de la salle de bain dans la figure , et alors que je m’en plaignais, m’a répondu, sans malice : « ah bon ? Je n’ai rien senti ».

Lorsque comme convenu, à 7 h , Pauline, Dalila et moi nous avons frappé à la porte des garçons pour qu’on aille prendre le petit déjeuner ensemble, nous avons senti, au flottement qui s’en est suivi, qu’un événement surréaliste allait survenir. Ils n’étaient pas réveillés, bien qu’ils aient fait beaucoup d’efforts pour ne pas avoir l’air surpris en composant un visage calme et concentré (mon opinion est qu’ils s’entrainent au travail). Même notre inénarrable Féthi, le roi de la vadrouille, qui, d’habitude, dans nos voyages, lorsque nous le rejoignons au petit déjeuner, a déjà parcouru 3 fois la ville, collecté des dépliants touristiques, des plans de la ville et de la région, des dosettes-au-cas-où et parlé à tous les habitants du quartier pour savoir comment ils se portent et où on peut trouver la meilleure boulangerie du coin, et avalé déjà de quoi poursuivre à ce rythme toute la journée semblait tomber du lit. Et il avait bien raison, car c’était le cas. On allait enfin arriver avant lui dans la salle du petit-déjeuner et on aura la primeur et l’exclusivité du buffet.

Bien que Thomas, Mike et Féthi aient visiblement eu plusieurs fois l’occasion de s’entrainer à composer le visage averti de quelqu’un qui sait de quoi on parle alors qu’il sort de la sieste, on a bien vu qu’ils n’avaient pas idée de l’heure qu’il était, même quand je leur ai dit qu’il était 7 h. « Il n’est pas 5 h 30 ? » m’a demandé Féthi. Non, pourquoi, 5 h 30 ? « Comme ça ».

IMG_6272
petit déjeuner au Bryce Pioneer Village

 

IMG_6274

Bryce Canyon: le Queen’s Garden Trail et le Navajo Loop

Ce matin, pour continuer à voir si nous sommes capables de composer un visage serein en toute circonstance au saut du lit comme dans la souffrance, nous avons choisi d’associer deux chemins de randonnée, qui nous emmènent au fond du Bryce Amphitheater: le Queen’s Garden Trail et le Navajo Loop, au départ de Sunsire Point (que nous avons déjà visité hier, au coucher du soleil, pour vérifier si on y voyait aussi bien le soleil se coucher qu’au Sunrise Point. La réponse est oui).

IMG_6279
En chemin pour le Sunset Point

Le sentier démarre donc au Sunrise (que nous aurions pu voir, s’il avait été 5 h 30 quand il était 7 h) point et descend agréablement et en serpentant entre les hoodoos, sorte de silhouettes faites de roches friables érodées qui ressemblent à une foule de curieux, un public silencieux, sculptés par Giacometti.

IMG_6286

 

IMG_6304
ça descend

IMG_6310

IMG_6315

IMG_6312

IMG_6324

IMG_6319

IMG_6325

IMG_6333

Un charmant randonneur, qui semble avoir plaisir à balader ses jambes et son sac à dos dans le coin, nous salue d’un énergique « good morning » que nous trouvons bien agréable la première fois, un peu surprenant la deuxième et carrément flippant toutes fois qui ont suivi.

Cela détourne notre attention de la chaleur et de la pente. On a supporté l’une et descendu l’autre avec enthousiasme jusqu’à ce qu’on comprenne que l’une et l’autre combinées sont redoutables dans la montée

IMG_6352

 

IMG_6362
En remontant
IMG_6365
la population silencieuse de Bryce Canyon

 

IMG_6371
Famille soudée de Hoodoos

 

 

 

IMG_6373
Arrivée en haut, je refais la maligne

 

IMG_6382
l’inévitable car de touristes

Le circuit nous a pris 2 heures.

ça nous a laissé le temps de reprendre la voiture et de nous diriger vers Inspiration Point, pour le coup d’oeil, qu’on peut jeter depuis un promontoire qu’on n’a pas « escaladé » jusqu’en haut, on avait une assez bonne idée de la chose (Inspiration point) de là où on était, a estimé Pauline.

IMG_6388

IMG_6391
Inspiration point: colloque de Hoodoos

Re-voiture jusqu’à Bryce Point.

Re- chute de Dalila, qui, comme un enfant qui se prend les pieds chaque fois dans le même tapis, tombe systématiquement de la voiture, assez haute, je l’accorde, puisqu’elle est pourvue d’une marche (dont Dalila n’a pas encore eu l’usage), au lieu d’en sortir, comme tout le monde (ou avec élégance, comme moi par exemple)

IMG_6396

IMG_6397

Et puis on a dû quitter le parc parce qu’on avait encore de la route à faire pour rejoindre notre étape suivante: Moab.

On est repassé par Red Canyon (Scenic Byway 12)

IMG_6410

IMG_6416
Petite balade derrière le Visiter Center de Red Canyon

On a pris l’I-70 , une Interstate royale qui offre des paysages spectaculaires….

IMG_6436

IMG_6451

….et de nombreux arrêts « point view » aménagés le long de la route grâce auxquels on peut en savoir plus sur les Mormons qui, bien qu’étant l’objet de nombreux fantasmes faciles, du fait de leur réputation de polygames, n’ont pas toujours eu la vie facile. Voyez par vous-mêmes:

IMG_6420

IMG_6421

Bref, merci l’Utah !

Arrivés à Moab, nous nous installons pour 2 nuits au Moab Valley Resort and RV campground. J’ai réservé une « cabin » (= cabane) que Booking présente comme un cottage (= cabane) ou un bungalow (= cabane), mais en fait, c’est plutôt un abri de jardin.

Avec vue sur la montagne et piscine.

Après un petit pique-nique qui a vu la défaite d’un paquet de chips terrassé par Féthi (ce qui m’a rappelé la scène de l’ours dans The Revenant), et l’explosion d’une soupe en micro-ondes, nous avons estimé, à la tombée de la nuit, qu’on pouvait remballer nos restes de pique-nique. Comme j’étais la seule à ne pas avoir mangé avec les doigts, je suis allée faire la vaisselle (un gobelet en plastique; mais prononcez timbale, Thomas y tient).

En revenant, tout était éteint dans le bungalow (à par le portable de Mike qui brillait dans son lit, ou plutôt entre son nez et ses mains). ça ne m’arrive pas souvent, mais je me suis mise à râler: et pourquoi ils avaient déjà éteint, c’était pas une heure, quoi, déjà ? à 21 h 30? et qu’est-ce qui avait pris à Dalila et à Pauline d’être déjà couchées alors qu’on devait aller aux sanitaires ensemble, elles ne m’avaient pas attendue ? ben quoi, les copines, c’est pas cool

C’est à ce moment que je me suis rendu compte que je m’étais trompé de bungalow, ou cottage, ou cabane… J’ai dit pardon, j’ai refermé la porte, et je n’ai même pas eu à éteindre la lumière en sortant.

En passant par Kanab, Little Hollywood, Utah.

Tout ça à cause de Clint Eastwood.

C’est de sa faute aussi, il n’aurait pas dû avoir ces yeux, c’est déloyal. Comment résister à l’envie de fouler un sol qui a eu l’honneur de le voir écraser ses vieux cigares de cow-boy à qui on ne la fait pas?

Bref, quand j’ai vu dans un guide qu’à mi chemin entre Las Vegas et Bryce Canyon, à condition de bien vouloir faire un détour,  on pouvait visiter « Little Hollywood » : des collines, des paysages où furent tournés quelques westerns avec John Wayne (m’en fous) ou Clint Eastwood (oh mon dieu !), j’ai eu envie d’y aller.

J’ai donc convaincu mes compagnons de voyage qu’il fallait passer par là, en leur expliquant qu’ils n’avaient pas le choix, vu que c’était moi qui conduisais notre voiture.

On a commencé par faire notre itinéraire au mac Do car notre hôtel, le Royal Resort, plus Resort que Royal, ne propose le WIFI que contre la somme de 9.90$/jour, ce qui nous a amenés au mac do, où, pour ce prix, on peut nettement améliorer ses scores en matière de cholestérol et surfer gratuitement sur le web…

… à condition de la connexion soit bonne. Ce qui n’était pas le cas.

Résultats, j’ai réduit mon espérance de vie de 3 jours en consommant un demi-litre coca light dans l’espoir d’accéder à google maps et j’ai finalement fait mon itinéraire à l’ancienne, en dépliant une carte routière et en équipe. Chacun prenant part à la chose: Pauline et Dalila sont allées sur le parking, non pour jouir de la vue imprenable sur les poubelles, mais pour profiter du soleil, Thomas m’a dicté les numéros des routes et les directions, Féthi a goûté les différents sodas de la fontaine  et Mickael a englouti un milk shake grand comme l’himalaya avant de m’aider à replier la carte.

Nous voilà donc sur l’Highway 15 vers le Nord.

IMG_6164

IMG_6170

On est passés par l’Arizona, on est arrivés en Utah, on a perdu 1 heure (changement de fuseau horaire); j’ai trouvé que c’était l’heure de manger, j’ai vu un visitor center; il était fermé; alors on a pique-niqué sur le parking.

IMG_6171
Quelque part en Utah; pique-nique la tête dans le coffre

 

 

IMG_6173

 

Et puis, on est arrivé à Kanab, dans le Kane County, après avoir franchi un ou deux cols à dos de Yukon XL, une voiture du genre autoritaire qui m’explique que je ne peux espérer aller bien loin sans desserrer le frein à main, que j’ai intérêt à mettre ma ceinture si je veux démarrer, que c’est pas malin de laisser les clés dans la voiture, et que ça sert à rien de laisser les phares allumés.

On a traversé Kanab en cherchant le centre-ville, puis à la sortie de la ville, on a compris qu’on avait traversé le centre ville et on a fait demi-tour, en se promettant d’être plus attentif cette fois-ci et de ne pas le rater une deuxième fois. Dès qu’on a vu un parking (vide,cependant) notre puissant esprit de déduction nous a fait conclure qu’on y était.

IMG_6184

IMG_6185

Nous voici au « Frontier Movie Town Muséum« 

Pendant que Mike pratique des expériences sur Dalila en testant son seuil de tolérance et vérifiant à quel point elle peut être conciliante…

IMG_6188

…. j’entre dans l’endroit, qui réunit une boutique, un restaurant (genre routier) et une porte sur laquelle il est écrit « muséum entrance », une dame m’accueille et me demande si je veux visiter le musée. Hum, je ne veux pas avoir l’air d’une affamée qui s’est précipitée à travers les montagnes de l’Utah pour humer la poussière foulée par Clint Eastwood il y a 40 ans. Alors, je fais mine de m’intéresser aux horaires d’ouverture et aux tarifs. Signes positifs du destin: c’est ouvert et c’est gratuit.

Le musée est en fait une sorte de village fantôme fait de décors ambiance western; c’est rigolo; on l’a pour nous tous seuls. C’est notre cour de récréation.

IMG_6189
Main street (je viens de l’inventer, mais aux USA, il ne peut en être autrement

IMG_6205 - copie

IMG_6201 - copie
à gauche, le saloon avec filles de joie à la fenêtre
IMG_6207
cimetière plein de criminels victimes d’une erreur d’interprétation ou des circonstances

Du cliché en veux-tu, en voilà…

IMG_6194

IMG_6203

IMG_6200

IMG_6214
dans la boutique

IMG_6213

Et puis on a continué notre route, en passant (parce que c’était la seule, mais s’il y en avait eu plusieurs, c’est celle là qu’on aurait choisie) par la magnifique « scenic byway 12 »

On reconnait la beauté d’une route au nombre de petits parkings aménagés pour y garer sa voiture et prendre des photos des jolies points de vue.

D’où halte…

IMG_6217

Quand on fait une pause photos, on dirait une équipe d’élite du SWAT: on se déploie, et chacun est à son poste:

Mickael se met dans mon champ, Féthi fait des selfies, ou quand le selfie à bout de bras n’est pas satisfaisant,  des selfies assistés par qui sera à porté de main (libérée de la contrainte du selfie et rendue disponible pour attraper le premier d’entre nous passe, en l’occurence, Thomas), Pauline et Dalila discutent du pour et du contre (de je ne sais pas quoi, mais c’est ce qu’elles font en général) et moi, je cherche le meilleur angle pour mes photos.

L’envers du décor….

IMG_6219

IMG_1779
je cherche le bon angle de prise de vue. Et Féthi prépare un selfie

 

IMG_6226

 

IMG_6220

Et le décor….

IMG_6216

 

IMG_6224
Red Canyon

 

IMG_6233

 

IMG_6231

 

On a continué jusque Bryce Canyon, pour le voir au coucher du soleil.

 

IMG_6235
à noter: une piste cyclable court le long de la route jusque Bryce Canyon

 

 

au sunset point, on s’est mis là où les photographes à trépieds et gros objectifs s’étaient installés et on a vu ça….

 

IMG_6245

 

 

IMG_6250

 

 

IMG_6255

 

Et puis on s’est rendu à notre motel, où, comme souvent, on a découvert des dessus de lits improbables.

 

IMG_6266

Ma journée Off à Miami

Je l’avais fantasmée, cette journée off, toute seule à Miami, entre le départ de mon premier groupe de lycéens, dans la matinée, et l’arrivée du second, en début de soirée.

Dans un premier temps, j’avais fait le projet de louer une voiture pour explorer les environs de Miami, mais rattrapée par la voix de la raison, de qui, exceptionnellement , j’ai accepté un peu d’autorité et de familiarité (« non, mais tu peux pas rester tranquille deux minutes ?) et par la fatigue, j’ai déprogrammé l’excursion et elle s’est transformée en journée 3 p: piscine-plage-puisriendautre.

Ce n’est pas la première fois que je fais se succéder deux groupes de lycéens en voyage scolaire, mais les fois précédentes, le groupe 2 arrivait la veille  du départ du groupe 1, de sorte que pendant une nuit (la nuit de l’effroi qui a vu mourir toutes mes illusions sur le pouvoir de la raison et son ascendant sur un groupe de lycéens), deux groupes de lycéens occupaient l’hôtel, me donnant des envies de me retrancher dans ma salle de bain et de noyer mon désarroi en vidant une bouteille entière de bain de bouche.

Imaginez l’excitation du groupe 2 qui vient d’arriver (une fois la frontière passée, ils sont si heureux qu’ils pourraient passer leur séjour à faire la roue) et qu’un long voyage n’a pas réussi à épuiser (seule la phrase « prenez vos livres et sortez vos cahiers » peut les terrasser d’une fatigue soudaine). Excitation du groupe de nouveaux arrivants combinée à celle du groupe 1, comblé de satisfaction à l’idée d’être l’initiateur, celui qui va tout expliquer sur les coulisses du voyage scolaire et proposer une visite guidée nocturne de l’hôtel en livrant des secrets avec un air de comploteur.

Bref, nous avons été plusieurs à être traumatisés par ce genre de nuit où se jouait une gigantesque et éprouvante partie du « chat et de la souris »: le gardien de nuit, n’en pouvant plus de pister les lycéens dans les couloirs pour leur signifier de ne pas y courir, son psychiatre, terrifié par le récit de cette nuit de cauchemar (un vrai vaudeville: des portes qui claquent, des cavalcades dans les escaliers, des quiproquos, mais pas d’amant dans le placard) et moi.

Bref, cette année, je l’ai jouée fine: pas de retrouvailles groupe 1 et groupe 2, pas même en escale à Philadelphie.

IMG_5552
Départ du groupe 1

 

Et je savourais, au bord de la piscine, cette tranquillité tout en me congratulant avec enthousiasme lorsque j’ai reçu un SMS de Valérie, notre reporter à l’aéroport, e compagnie du groupe 1. Ils étaient en salle d’embarquement, prêts à monter dans le premier vol. J’adore quand un plan se déroule sans accrocs.

 

IMG_5559
la piscine du Freehand

Du coup, j’ai repris un menu du jour: tranquillité et auto-satisfaction, mais je me le suis servi à la plage.

 

 

 

IMG_5547
poste de sauvetage, du côté de la 25° rue

 

 

 

IMG_5539
la plage, à un block de l’auberge

C’est alors que, au moment où je m’y attendais le moins, anesthésiée par le soleil et le chant de victoire que je passais en boucle dans ma tête, j’ai reçu un nouveau SMS, de Valérie, toujours, m’annonçant que (mais faut pas t’inquiéter) le vol pour Philadelphie avait été annulé, et que du coup, leurs chances d’attraper le second vol, de Philadelphie à Bruxelles, s’en trouvaient considérablement réduites, qu’il fallait désormais trouver un vol où caser le groupe de 44 personnes et que si par hasard, je pouvais les assister en leur donnant les coordonnées de mon contact à American Airlines, ça pourrait leur être d’un grand secours.

avion 1
l’avion qui ne veut pas décoller 

Retour à la chambre et à la case angoisse.

J’ai transmis les informations à Valérie, recalculé le budget (posons l’hypothèse que dans le groupe 2, tous les lycéens soient des sportifs de haut-niveau en pleine santé et que personne n’ait l’idée de tomber malade pendant la semaine à venir, que les chauffeurs des autocars qui nous emmènent en excursion acceptent de s’assoir sur leur pourboire, qu’on n’ait pas besoin de prendre un taxi pour ramener à l’auberge un lycéen défaillant ou le cas échéant, qu’un accompagnateur accepte de le transporter sur son dos pour faire des économies…je peux débloquer un budget repas supplémentaire de 10 $/ personne)

SMS à Quentin, un des accompagnateurs, pour le prévenir.

Réponse de Quentin: « l’aéroport nous a donné 12 $/personne, ton offre est refusée. Bonne nouvelle, on a trouvé un direct Miami-Paris dans 2 h ». ça c’est des accompagnateurs de compétition ! Solution trouvée 3 h après que le premier vol aurait dû décoller et de nombreuses, longues,  et finalement fructueuses négociations pour ne pas séparer le groupe.

Sauf qu’ils atterriront à Paris et non à Bruxelles. Qu’à cela ne tienne, je préviens l’autocariste qui se charge du transfert.

Du coup, ça m’a donné l’idée de fêter ça avec un cocktail au bord de la piscine.

SMS de Valérie: « Coucou Rozenn, ne panique pas; prends un troisième cocktail (alors que je n’ai même pas eu le temps d’en commander u premier !), nouveau problème technique, changement d’avion, retour au gate de départ, petit tour en métro, retard annoncé pour le moment de deux heures, les élèves sont cools. Le staff »

Donc, le vol de remplacement , si âprement obtenu (qui sait ce que Kathleen a dû faire pour venir à bout des négociations, si ça se trouve, elle les menacés en néerlandais... ce qu’elle ne fait qu’en cas d’extrême nécessité, parce que ça peut faire des dégâts psychologiques) n’a pas voulu, non plus décoller. Et mon groupe de 44 personne a dû changer d’avion, de salle d’embarquement… et du coup, ils ont dû se ré-enregistrer et refaire leur carte d’embarquement. Et je me mets à espérer que le destin place sur ma route un grand pichet de Margarita. Je veux bien m’occuper de la paille.

 

avion 2
le vol AA62 aura 2 h de retard

 

 

la salle d’attente n’a jamais si bien porté son nom (contrairement à la salle d’embarquement)

et pendant ce temps, le premier vol décolle, lui… (avec 5 h de retard)

avion philly

Vu le changement de porte d’embarquement et d’avion, à l’heure (la nouvelle heure, celle avec 2 h de retard, restez concentrés) d’embarquer, enfin, il manque plein de passagers; je ne sais pas pourquoi: ils se sont égarés dans le Terminal, ont perdu la raison, sont restés prostrés aux toilettes en suppliant qu’on les achève, ont déclaré une phobie de l’avion… Toujours est-il que l’hôtesse commence faire l’appel avec un accent français tellement déplorable qu’elle demande à Quentin de s’en charger.

pourquoi pas, après tout, au point où on en est ?

Finalement, après ces quelques heures de stress et ces allers-retours dignes d’un cartoon, d’une porte d’embarquement à l’autre, à 44, dans le pur style débandade, inventé par la 7° compagnie, tout le monde peut monter à bord et s’installer.

 

Il est 21 h 30, j’ai déjà accueilli le 2° groupe, fait le tour des chambres et commencé à résumer ma semaine (pas ma journée, pas le temps) avec le groupe 1, aux accompagnateurs du groupe 2.

J’envoie un message à l’autocariste avant de me coucher, vers  minuit, pour lui dire de ne pas tenir compte du message précédent, pas plus que de celui d’encore avant, mais bien de ce dernier concernant le lieu et l’heure de prise en charge du groupe, ainsi que les informations sur le vol.

Je mets mon réveil à 4 h, pour être raccord avec l’heure française (10 h du matin) et être prête à téléphoner ou recevoir des coups de téléphone pour l’arrivée du groupe en France.

ça me permet de suivre à distance le retour du groupe 1 et d’apprendre que leurs bagages ne les ont pas suivis. Tiens ? pourquoi ne suis je pas étonnée ?

ça leur fait donc 44 dossiers de réclamation à remplir en atterrissant; ce qui fait attendre le bus qui doit les ramener à Tourcoing, mais… message de Quentin: « même si le chauffeur a dû nous attendre à l’aéroport, une fois qu’on était là, sans les valises, ça a été rapide ! »

Les valises sont arrivées le lendemain en fin d’après-midi.

valise

Question: pourquoi lorsqu’on récupère sa valise sur le carrousel à bagage à l’aéroport, elle est en bon état alors que lorsque arrive en retard, elle est sale ou abîmée ? Est-ce que le service bagage égaré ne recrute que des employés brusques ou maladroits ?

Bref: j’avais une journée off à Miami Beach.