La route des Plantations (partie 2: La Louisiane, encore)

1- Oakley Plantation

Après une journée en pays cajun, durant laquelle nous nous sommes affairés à attirer l’attention d’alligators impassible dans un bayou du Lake Martin, et à nous imprégner de la culture acadienne en dansant avec des touristes argentins (?) chez Randol’s, à Lafayette, dans un style disco-breton jubilatoire librement inspiré des pires cauchemars de Maurice Béjart, nous sommes à nouveau sur la route des Plantations, avant de prendre celle du blues.

Aujourd’hui, nous avons prévu d’aller d’abord à Oakley, puis à Rosedown , toutes deux dans les environs de Saint-Francisville. La demeure d’Oakley était fermée, pour cause de rénovation, On pouvait cependant en visiter le parc ainsi qu’une exposition, pour la somme pas très modique de 10 $.

On a tenté de faire ceux qui ne comprenaient pas le principe de la transaction « argent contre balade » et essayé d’esquiver le visitor center avec un air innocent de touristes qui se baladent le nez en l’air, fascinés par la cime des arbres. Mais on a vite été rattrapés par une ranger et un furtif sentiment de honte.

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On a alors renoncé à payer 10 $ chacun pour visiter un sous-bois, quand bien même cela contribuerait à la restauration de la Plantation. Nous étions surtout impressionnées par les protestations scandalisées et aux intonations venturiennes, de Thomas, notre tonton flingueur préféré, qui trouvait inconcevable de devoir payer pour jouir de ce petit coin de nature à peine domestiquée et plein de moustiques. Bref, il était choqué. On l’a remis dans le mini-van, car il commençait à traumatiser les oiseaux, dont certains, un peu fragiles de constitution menaçaient de se mettre en voie d’extinction si on ne le faisait pas taire tout de suite; et emmené jusqu’à Rosedown Plantation.

2- Rosedown Plantation

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Rosedown Plantation a été achetée en 2000 par la Louisiane, c’est donc un State Park, ce qui signifie: moins de marketing (la visite guidée est faite par une ranger, et non pas la réincarnation de Scarlett O’Hara), moins de boutique et d’objets dérivés. Et un tarif d’entrée moins élevé aussi (12 $ pour la visite de la maison et des jardins; on peut y passer facilement 2 ou 3 heures, tant il y a de plaisir à musarder dans la plantation)

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En attendant la visite, on accueille les visiteurs.

Nous avons apprécié la visite. On n’a pas essayé de nous vendre une histoire romanesque, ni une saga. On nous a plutôt donné des explications sur un mode de vie et des détails sur l’architecture.

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l’habitation, qui date du début du XIX° siècle se démarque par sa modernité, dans les choix décoratifs, notamment les revêtements de sols et les papiers peints.
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Sur cette photo se cache une Argentine qui sait danser la polka en faisant croire que c’est du disco-breton et qui a l’habitude de se glisser sur toutes les photos des touristes.

 

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L’indispensable éventail chasse-mouches
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Le bureau de madame, derrière l’arrière cuisine, qui y gérait l’emploi du temps et les tâches des esclaves-domestiques.
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l’escalier de service, qui mène au grenier. Pas de Lumière, étroit, raide, étouffant l’été; et pas le moindre éventail chasse-mouches.
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une chambre, la master Bedroom, je crois, en tout cas, elle en mériterait le titre.
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une révolution: la douche. Une sorte d’ice Bucket Challenge de l’époque

 

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cette tapisserie a été réalisée par les délicates mains de madame George Washington elle-même
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derrière la maison; la cuisine se trouve à droite, un peu à l’écart, pour limiter les risques d’incendie

Ensuite, nous avons visité les jardins et les dépendances par nous-mêmes.

Comme à chaque fois que nous sommes ainsi livrés à nous-mêmes, Dorothée, sachant que :

  • Dalila considère que, de façon générale, l’Ouest se trouve à gauche;
  • que par une sorte d’instinct trompeur, je prends toujours la mauvaise direction, surtout lorsque j’ai pris la peine d’étudier un plan et fait tout un tas de déductions;
  • que Pauline ne sera d’aucune utilité car elle est en train de lire le guide vert;
  • et que Thomas, lui, est occupé à mettre de la crème solaire;

Bref, sachant tout cela, Dorothée, après nous avoir considérés en général avec une égale proportion de pitié et de consternation, pendant un délai raisonnable de 35 à 45 secondes, décide de prendre les choses en main, à savoir: le plan, le groupe et la direction des opérations, pour nous faire visiter les jardins et trouver la sortie.

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un vrai labyrinthe

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grange-garage, vers la sortie

3- Le Saint-Francisville Inn

Notre Bed and Breakfast.

Le petit bonus de fin de journée.

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En arrivant… coup de foudre

 

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Un porche où, tout ce qui se passe dans le porche, y reste, un peu comme à Vegas

 

Le King Size de Thomas, avec marche-pieds incorporé, pour réussir à atteindre le sommet du matelas, et chausse-pieds, aussi, mais on ne sait pas pourquoi.

 

Et quand on a vu la piscine, on était tout fous. La température de l’eau nous a un peu calmés, mais tant que ça.

Pauline a cherché le petit bain, qui a la réputation d’être plus chaud que le grand, avisé une fontaine ornementale et voisine, et émis l’hypothèse que peut-être ce bassin pourrait l’accueillir. ça ressemblait plus à une bassine qu’à la fontaine de Trevi, alors, on lui a suggéré d’attendre la troisième partie de soirée pour s’y baigner et promis qu’on viendrait l’y repêcher si nécessaire.

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première partie de soirée dans le patio,  deuxième partie de soirée dans la chambre occupés à refaire le monde … de l’Education Nationale; troisième partie de soirée: Pauline s’est enrhumée.

 

Le lendemain, le buffet du petit déjeuner (du « fait maison », et quelle maison !) nous a fait pousser des petits cris de plaisir, petits cris que d’habitude nous réservons au jour de la pré-rentrée lorsque nous découvrons les travaux de peinture qui ont été réalisés pendant l’été.

 

La route des Plantations (partie 1: La Louisiane)

1- Oak Alley Plantation (Louisiane)

A 1 heure de la Nouvelle Orléans, 22 $, ouvert de 9 h à 16 h 30/17h selon les jours.

Oak Alley, connue pour son alley pleine de oaks moussus, et reconnue grâce au cinéma.

J’éprouve un sentiment assez ambivalent, partagé (avec moi-même essentiellement) vis-à-vis des plantations.

D’un côté, ce sont des endroits qui font partie de notre imaginaire: on a tous dans un coin de notre tête ce genre d’image très esthétique (la plantation élégante, le Mississippi, les champs de coton) estampillée « luxe, calme et volupté ».

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Et effectivement, ils savaient y faire les riches planteurs de l’époque; on le verra à certains détails de leur intérieur, comme ce gros éventail chasse-mouches au dessus de la table de la salle à manger. Sauf qu’ils n’ont pas poussé l’ingéniosité jusqu’à imaginer un système de motorisation et que leur génie s’est arrêté avec une paresse affligeante à l’exploitation de l’esclave qui actionnait mécaniquement cet éventail.

D’où mon sentiment mitigé vis-à-vis des Plantations. D’un côté la majesté de lieux historiques où le temps s’est arrêté. D’un autre, l’impossibilité de se réjouir d’y être sans avoir un sentiment d’indécence, à cause de cette abjection qu’a été l’esclavage. Que de souffrances, d’indignités et de cruauté dans ces lieux si élégants qui s’imposent à notre admiration par leur beauté.

Mais bon…. Pauline scandait des messages en morse (je crois que c’était « youpi ») en applaudissant des deux mains; Dalila affirmait que c’était le plus grand rêve de sa vie, après celui de voyager avec nous; Dorothée, fascinée par l’époque, pensait que c’était un truc à faire, en plus d’autres trucs qu’elle voudrait faire aussi, mais dont on parlera plus tard; et Thomas, en mal d’idées singulières, était d’accord en tout point avec Dorothée sur  la perspective de faire des trucs, et m’a-t-il avoué un jour, des machins aussi.

Alors, on s’est mis à visiter des Plantations.

Plein de Plantations. Et pendant qu’on y était, des demeures aussi.

On est arrivé à Oak Alley Plantation à peu près à l’ouverture. Plus tard, c’est trop tard, c’est plein comme chez Disney, ça rompu le charme désuet de l’endroit.

Et, oui. En effet. L’endroit, dans le calme du matin est d’une majesté émouvante.

Oui, on flotte dans une atmosphère particulière, hors du temps.

Oui, on est impressionné d’avoir rejoint soudain cette image qui nous a fait rêver et qu’autant en emporte le vent nous a vendu.

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Oak Alley; 28 chênes tricentenaires, et quelques autres en plus; entre le Mississippi et la maison

Si vous avez tendance à pleurnicher sur les malheurs de votre vie, la visite de Oak Alley Plantation, récitée par un(e) guide sur un ton plaintif ne devrait pas améliorer votre état mélancolique.

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la guide avait son costume d’époque, débitait son texte de façon inaudible pour une Française avec un accent du Sud qui pourrait laisser penser qu’elle a perdu toutes ses dents par le seul fait d’avoir appris à parler en Louisiane (dans le Mississippi, c’est pire). Bref, au bout de 3 phrases, j’ai décroché et été obligée d’imaginer toute l’histoire.

 

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L’éventail chasse-mouche; actionné par un esclave.
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Master Bedroom

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même les guides s’ennuient pendant la visite

Imaginez la vie cette famille de Planteurs originaires de la Nouvelle Orléans… En 1836, Jacques Roman décide d’acheter cette Plantation, au bord du Mississippi, de raser l’ancienne habitation, et de construire à la place une demeure dans le style Greek Revival, avec plus de colonnes qu’il n’en faudrait pour soutenir un ciel orageux.

Par chance, son beau-père étant architecte de son état, s’est occupé des plans, ce qui a laissé à Jacques assez de temps (de cerveau disponible) pour s’occuper de planter d’autres chênes qu’il offrit à sa femme (comme a dit Pauline « Pourquoi offrir un bouquet de fleurs quand on peut offrir un arbre? ») et d’acheter une cinquantaine d’esclaves supplémentaires qu’il s’offrit à lui-même. Et qu’offrit-il à ses esclaves ? Une vie de bêtes de somme à travailler 12 à 14 h par jour (du premier au dernier rayon du soleil).

Jacques Roman n’était pas plus cruel qu’un autre; c’était juste un homme qui en possédait d’autres.

D’ailleurs, n’écoutant que son grand coeur, et mû par une sensibilité tout à son honneur et comme on aimerait en voir plus souvent, il a émancipé un de ses vieux esclaves, qui appartenait depuis toujours à la famille, sur la requête de sa mère (celle de Jacques) sur son lit de mort. Zéphyr, l’esclave émancipé est cependant resté travailler au domaine car son ancien propriétaire, le bon Sieur Roman, possédait encore sa femme et ses enfants, qu’aucune circonstance pathétique n’avait forcé à libérer. On se demande où il avait la tête !

Bref, c’était une famille ordinaire qui vivait à la Nouvelle Orléans l’hiver et à Oak Alley Plantation l’été, s’y ennuyait à mourir, n’ayant même pas une mouche à chasser pour tuer le temps, et s’occupait essentiellement  à manger et à se morfondre.

Comme toutes les familles, ils ont eu leur lot de soucis et de malheurs. Monsieur est mort pendant que Madame faisait la java à la Nouvelle Orléans, la guerre de Sécession a un peu dérangé leur train de vie, leur fille s’étant blessée à la jambe a dû être amputée. Jugeant que désormais elle ne serait plus bonne à rien et surtout à aucun mari, elle est allée se réfugier dans un couvent (je ne sais pas comment Dieu a pris le fait d’être un plan B). On dit que son fantôme revient de temps en temps à la Plantation, où elle est retournée à la fin de sa vie. Et après la fin de sa vie aussi.

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Après le Guided tour, le self-guider tour dans les jardins

 

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une case pour une famille d’esclaves domestiques; dans une petite annonce immobilière, cela correspond à la catégorie « cosy »
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Case pour esclave travaillant aux champs; correspond à la catégorie « idéal premier achat; nombreuses possibilités » 
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Les esclaves n’avaient pas le droit d’apporter la moindre touche personnelle à leur tenue; soumis jusque dans la tenue vestimentaire. Tyrannie intégrale.
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les esclaves aussi, ont eu leur lot de malheurs

L’infirmerie….

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l’infirmerie

….où officiait ce bon Dr Merrick, l’as de la scie, qui amputait à tour de bras, estimant (d’après son expérience de raccourcisseur de membres) qu’une bonne amputation valait mieux qu’une mauvaise fracture; ce principe valant surtout lorsqu’il était appliqué à autrui.

A Oak Alley Plantation, les arbres sont vraiment classes, ils ont de l’allure; les hommes beaucoup moins.

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pique-nique devant la Plantation

 

2- Houmas House and Gardens

Légèrement traumatisés par la visite guidée de Oak Alley, qui aurait, en ce qui me concerne, tout aussi bien pu être faite en Mandarin, nous avons choisi, pour notre 2° plantation de la journée, l’option Self Guided Tour, persuadés que nous ne pouvions pas être déçus par nous-mêmes. Ce qui s’est avérés exact.

Cette option nous cantonnait aux jardins, magnifiques et agréables pour une promenade, malgré nos coups de soleil.

Comme nous avons beaucoup de méthode, nous avons examiné les plans, en plissant les yeux, pour bien montrer notre concentration et notre implication, puis nous avons attendu que Dorothée prenne les choses en main (c’est-à-dire: le plan, nos charmantes personnes et la visite) et nous indique où aller et ce qu’on était en train de voir.

Nous avons musardé dans les allées, trainé sur des bancs, cherché des prétextes futiles pour s’arrêter au banc suivant, regardé et photographié des écureuils en nous disant que vraiment ceux-ci étaient trop mignons, croisé des chats hautains, essayé de ne pas déranger les jardiniers, ni les oiseaux, recherché un peu la fraîcheur, puis las d’être à l’ombre, le soleil, avant de le regretter aussitôt.

Il y avait des jardins pour tous les goûts: à la française, à l’anglaise, potager, japonais…

 

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Et finalement, au détour d’une allée, derrière un bosquet, et en contournant quelques buissons, nous avons trouvé un bar, tout petit. On a, malgré nous, à l’insu de notre plein gré, dérangé le barman pour lui commander quelques rafraichissements que nous sommes allés consommer dans le jardin, ce qui a doublé notre temps de visite.

On était seuls au monde. Pendant ce temps, à Oak Alley, c’était comme chez Disney.

On était bien.

 

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Kennedy Space Center (Cap Canaveral): flying to the moon.

Imaginez que votre plutôt récent ennemi (après tout, vous étiez alliés lors de la 2° guerre mondiale), cette espèce de Bolchevik qui veut assassiner le Capital, vous empêche de jouir correctement, bourgeoisement et confortablement de votre nouveau concept, qui illumine pourtant le monde : the american way of life (traduction : la consommation, c’est bon) en vous mettant la honte devant la planète entière.

Nous sommes en 1957, Sputnik, premier satellite artificiel innonde le monde civilisé (par vos soins) d’un joyeux et insolent Bip-Bip-Bip qui signale au passage que c’est l’URSS qui a le pouvoir et qui occupe l’espace.

Avouez qu’il y a de quoi avaler son cigare et se détourner avec dégoût, au moins quelques instants, des cours de la bourse. On peut dire que votre fierté en a pris un coup et a été envoyée elle aussi en orbite. En pleine guerre froide, ça vous contrarie rudement, cet Ennemi qui a la plus grosse puissance de propulsion. Mais c’est bien mal vous connaître : vous créez la NASA et le programme Explorer et inventez un nouveau sport : la conquête de l’Espace et même la course à la Lune (qui n’a rien à voir avec un spectacle du Lido, ni avec un clip de rap West Coast).

Je suis née juste à temps pour assister au résultat de cette quête impossible à la Don Quichotte  et voir, entre deux régurgitations, Neil Armstrong éblouir et galvaniser le monde entier avec ce « petit pas pour l’homme et ce grand pas pour l’humanité » (ce à quoi, ayant l’esprit d’à-propos, j’ai répondu « arrrhho », ce que la plupart des témoins ont pris pour un rot de digestion plein de satisfaction).

J’ai longtemps été émerveillée par cette capacité qu’ont eue les Américains de conduire cette fantastique épopée, presqu’onirique ; cette ambition prométhéenne d’aller jusqu’à la lune, qui était l’expression d’une volonté confiante, d’un optimisme inébranlable en les pouvoirs de la science, de la technologie et une foi certaine en la capacité de l’homme à repousser les limites du possible pour toucher à un rêve, et ce dans la lignée des plus grands rêveurs, depuis Cyrano de Bergerac (le vrai, pas Gérard Depardieu) en passant par Mélies.

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Bref, j’ai longtemps évacué de mon imaginaire les enjeux politiques de la conquête de l’espace, jusqu’à ce que je sois déniaisée par visite de la Coupole, près de Saint-Omer, et que je découvre que les Américains (autant que les Soviétiques, d’ailleurs) avaient débauché ou embauché l’infâme Von Braun, le lavant de tous ses pêchers de Nazi, lui qui avait fait construire ses V2 par des prisonniers déportés du camp de Dora.

EN ROUTE POUR CAP CANAVERAL

1- La plage de Daytona

Tout a commencé par un lever de lune, la veille de notre visite.

Olivier, qui est un fin observateur de la nature (il sait par exemple, au premier coup d’oeil, et même de dent, distinguer le piment sauvage du piment domestique) nous a fait remarquer que, de ce côté de l’Atlantique on pouvait voir la lune se lever sur l’Océan, alors qu’en Vendée, non, pas du tout.

Kathleen a tenté une hypothèse relative à un changement d’hémisphère, ce qui nous a tous embarrassés pour elle, mais comme nous étions dans l’obscurité, nous n’avons pas été obligés de regarder nos pieds pendant le flottement qui a suivi.

l’homme face à la lune, le grand défi du XX° siècle

on a marché sur.. Daytona Beach; et on s’est assis dessus aussi.

2- Le Kennedy Space Center

Grand complexe, sur le site historique de la conquête de l’espace, qui mêle expositions et distractions. Et bien sûr, magasins de souvenirs et photos sur fond vert. Sa visite mérite une journée entière.

Comme souvent, les Américains mêlent le ludique à la pédagogie et surtout l’Histoire au mythe qu’ils prennent soin de construire eux-mêmes, comme si on était à Hollywood. Ils mettent en scène avec lyrisme et un sens de l’épique certain les moments glorieux de leur histoire.

Mise en scène habile, narration rythmée comme une bande-annonce (oh pardon, on me signale que ce terme de bande-annonce est tombé en désuétude il y a 3 ans, et qu’il faut désormais parler de teaser sous peine de passer pour un dinosaure), attente, entrée en scèneapparition de fusées et de navettes. On en pleurerait en voyant une combinaison ayant appartenu à un héros de la conquête spatiale ou de pouvoir presque toucher un engin qui a défié l’attraction terrestre. C’est comme si on rencontrait des stars. Ça m’a fait pareil quand j’ai vu Eddy Mitchel en vrai et Elvis Presley en faux.

En arrivant, on est accueilli par John Fitzgerald Kennedy, le regard dans le vague tourné vers l’avenir et nous montrant le chemin des toilettes de ses plus hautes ambitions.

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« We choose to go to the Moon. We choose to go to the Moon in this decade and do the other things, not because they are easy, but because they are hard, because that goal will serve to organize and measure the best of our energies and skills, because that challenge is one that we are willing to accept, one we are unwilling to postpone, and one which we intend to win, and the others, too. »

 

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Le LICP 2017, des lycéens taillés pour l’aventure
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l’étoffe des héros

 

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On fait tout un plat avec Atlas, le Titan qui porte le monde, mais on ne parle pas assez des profs du LICP qui soutiennent les troènes qui entourent le monde.

 

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l’entrée du Kennedy Space Center: tout un programme.

3- Le Rocket Garden

Suis-je la seule à trouver qu’il y a un peu trop de démonstration de virilité dans ce modeste jardin où poussent les fusées?

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4- Le Bus Tour

Il ‘agit d’aller voir de plus près, en autocar, les pas de tir et rampes de lancement. On ne descend pas du bus, mais on va aux mêmes endroits que ceux qui ont le badge les autorisant à pénétrer dans des zones réservées à ceux qui ont les bons badges.

La Bande annonce Le Taeser, dans la file d’attente..

Un conseil: placez vous à la droite du bus, vous aurez de belles photos, ou même des photos tout court.

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un bâtiment plein de cerveaux, c’est le Fort Knox de la matière grise
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on n’ira pas plus loin, sinon, après, on est obligé de décoller
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vous pouvez voir de l’authentique roussi de combustion de lancement de fusée

A la descente du bus, on vous fait attendre devant d’immenses portes qui restent fermées un bon moment, on s’apprête à découvrir une sorte de Jurassic Park, mais non, c’est juste la suite du spectacle.

Vous n’êtes pas obligés d’attendre, vous pouvez contourner le bâtiment par la gauche et rejoindre la navette suivante, qui vous ramènera au Kennedy Space Center.

Mais vous rateriez ça…..

5- Apollo 8 and the firing room

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un décollage depuis le poste de commande, comme si vous y étiez (en fait, vous y êtes)

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Et puis, on passe du bon côté du miroir, dans le vrai et le tangible, dans l’immense et l’impressionnant

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se mettre en dessous d’une fusée, c’est comme gratter le ventre d’une baleine, et ça n’arrive pas plusieurs fois dans une vie.
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c’est bien beau tout ça, mais il est où l’astronaute ?

6- Space Shuttle Atlantis

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Dans la file d’attente, la bande annonce: des citations inspirantes.

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Cette citation est peut-être de la NASA, mais elle définit le métier d’enseignant
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Cette citation est peut-être de la NASA, mais, si je la comprenais, je dirais qu’elle parle du métier de prof.

 

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comme en apesanteur: le film qui nous présente la grande aventure humaine, intellectuelle et technologique de cette navette (avec tout ce qu’il faut: du suspens, de l’action, des héros)

 

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et…. apparition d’Eddy Mitchell déguisé en navette spatiale

 

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il a quand même quelques heures de vols, Eddy Mitchell

 

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Espace ludique: on a laissé Pauline faire comme si elle devait réparer une navette spatiale, dans l’espace. Après ça, elle a exigé de nous qu’on l’appelle Sandra Bullock;  du coup, on l’a renvoyée dans l’espace.

7- Qu’est-ce qui est déconseillé aux femmes enceintes et aux personnes ayant des problèmes cardiaques, qui secoue un peu et provoque cris et satisfaction ?

Le simulateur de décollage

Mais parlez plutôt de Shuttle Launch expérience, ça fait plus « NASA ».

Dorothée, Virginie, Valérie, Pauline, Mike et Olivier s’y sont précipités.

Dalila et moi n’y sommes pas allées, nous simulons déjà très bien le décollage, et en bonnes copines, nous avons gardé les sacs.

La Shuttle Launch experience (à ne pas confondre avec le lunch experience, qui a eu lieu un peu plus tôt dans la journée) est une sorte d’attraction foraine qui consiste à vous faire monter dans ce qui ressemble à s’y méprendre à une navette spatiale (si vous faites la confusion avec une navette, on  supposera que vous n’avez rien appris de toute votre journée de visite au Kennedy Space Center), à vous faire peur en vous faisant croire que vous allez risquer votre vie au décollage, à vous secouer un peu à l’aide de vérins hydroliques tout en vous offrant le spectacle sur écran de la Terre vue du ciel puis de l’espace. ça y est: vous êtes dans la bande annonce le teaser !

« Oh my God », s’est écriée Virginie en s’agrippant à son siège, ou du moins à ce qu’elle croyait être l’accoudoir de son siège.

Olivier a grogné, puis se trouvant complètement renversé, a confondu le Nord et le Sud et n’a plus su dire si la lune étant montante ou descendante.

Valérie a commencé à analyser la situation et ré-écrire un discours, son propre éloge funèbre, qu’elle avait commencé à rédiger avant de monter dans l’avion à Bruxelles.

Pauline s’est mise à applaudir d’excitation et d’amusement, avant de faire des déclarations à faire rougir n’importe quelle prof de français expérimentée capable de lire entre les lignes.

Mike a fait signe des deux pouces pour dire que c’était ok, que ça marchait.

Dorothée préfère ne pas en parler.

et voici ce que Kathleen en a pensé

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8- Ce qu’on n’a pas eu le temps de faire

  • l’IMAX, différents films sur écran panoramique
  • le U.S Astronaut Hall of Fame
  • Lunar Theater
  • Apollo Treasure Gallery
  • Hubble Space Telescope Theater
  • rester connectés pendant toute la journée pour montrer à la terre entière qu’on y est

Avec la fin de la guerre froide et du bipolarisme, la compétition dans le domaine de l’espace s’est ringardisée aussi vite que le mot « bande-annonce ». On est passé à une ère de collaboration scientifique, de partage de vols habités et de ressources. C’est un peu moins épique.

Mais c’est pas grave : puisque maintenant, on a Thomas Pesquet!

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Eh ! Thomas ! On est sur Mars, on t’attend, on bouge pas !

 

N.B : certaines photos de cet articles sont de Dalila (elle était à droite dans le bus). Elles sont faciles à identifier : ce sont les plus belles.

Quant aux autres photos… je ne préfère pas dénoncer l’auteur de cet article.

Macon et Savannah: Georgia on my mind

 

J’ai parfois des idées que je trouve lumineuses, mais que le reste de la population mondiale considère comme hasardeuses. Et franchement, je ne comprends pas pourquoi. C’est sans doute ce manque de discernement qui m’amène à confondre les bonnes idées avec les mauvaises .

Nous sommes donc un groupe de 64 voyageurs; l’autocar qui nous emmène d’Atlanta à Miami compte 61 places; j’ai donc loué une voiture pour suivre, accompagnée de Dorothée, Valérie et Virginie (mais vous pouvez aussi l’appeler Valérie), l’autocar, son chauffeur et ses passagers.

Ce matin, l’autocar doit venir chercher le groupe à 8 h, pour l’emmener à Savannah.

Après une série de calculs aussi savants qu’irréalistes, j’ai considéré que si je partais 1 h avant le bus, ça me donnerait la possibilité de visiter Macon qui est sur la route et qui a réussi à me séduire, à distance (c’est le secret de la séduction), lorsque google maps et moi avons établi l’itinéraire pour ce voyage.

Les circonstances étaient favorables: évacuée (que dis-je: éjectée) de mon sommeil de bébé par le décalage horaire , levée à 3 h du matin, copines prêtes pour le départ à 7 h; mais par un concours de circonstances qui serait trop long à expliquer mais que je peux résumer ainsi: au fait, ah zut, oh non ! pfff, nous sommes parties avec 20 mn de retard. Et à partir de là: perturbation cosmique, la journée est partie en vrille.

Etape à Macon, connue par les Américains pour être la ville natale des Allman Brothers et repérée par moi comme étant la ville natale d’Otis Redding .

On s’est garé sur le parking (gratuit et désert) du Visitor Center après avoir fait tout un tour complet et inutile du pâté de maisons (plus, ça aurait été de la gourmandise).

On a improvisé un petit parcours libre et un peu fou, plein de fantaisie et d’audace: on est allées toujours tout droit sur Mulberry Street, puis Georgia Avenue, avec un petit détour par Cotton Avenue, pour voir ça….

 

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La fondation Otis Redding, malheureusement fermée le week-end

 

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Sa chanson « Sitting on the Dock of the Bay » quitte rarement ma tête

On a pu goûter l’ambiance du Vieux Sud, toute faite d’Antan: architecture au charme désuet et aristocratique.

C’est pourtant pas trop mon truc, en général, l’antan, le désuet et l’aristocratique, mais dans des villes comme Savannah, Macon ou Charleston, je plonge dans une sorte de rêve éveillé de retour dans le passé, qui ici s’impose, reste très présent et très vivant.

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L’ancien marché aux esclaves… tout de suite, l’antan, le désuet et l’aristocratique sont beaucoup moins sexys.

 

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La canon ball House: lâchement attaquée par un boulet de canon qui a chu dans le salon; ça n’a pas plu au parquet, mais  le boulet n’a pas explosé… j’ai envie de dire : « le boulet ! » (tiens !? je l’ai dit!? c’est parti tout seul !)

 

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Attention, zone non-fumeurs, de joints.

 

 

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Dorothée, Valérie et Virginie, à la one-again

 

 

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Maison gardée par un chat valeureux qui n’a jamais daigné répondre à nos pourtant persistantes (et sans doute agaçantes) sollicitations. Il attend qu’un boulet de canon tombe du ciel pour jouer avec

 

 

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Février et déjà un air de printemps
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une école de droit.

 

Vous avez sans doute déjà remarqué que lorsque vous quittez votre quartier, normal, standard, pour visiter un quartier dont la surface habitable des maisons voisine la surface d’un stade de foot, vous vous mettez à dresser la liste des courses et à choisir, en faisant les difficiles et les clients exigeants, celle qu’on voudrait acheter si on gagnait au loto…

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voici la mienne, à mon image (je veux dire: pas trop clinquante, essayant de sauver les apparences, et s’effritant légèrement; bientôt à point pour effrayer les enfants à Halloween, mais à l’intérieur, c’est la fête!)

C’était calme, paisible et silencieux. L’air et la température étaient doux. Il n’y avait que nous en ville ce matin.

C’était bon.

Puis, n’écoutant que notre sens de l’initiative combiné à celui de l’improvisation, et surtout rappelées à la réalité par notre montre, on a fait demi-tour pour retourner à la voiture, pour faire un peu plus tard une petite halte au visitor center de Dublin, Géorgie. On a pu s’y ressourcer et profiter du WIFI se renseigner sur la région et jouir des sièges confortables des nombreuses ressources documentaires mises à disposition.

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comme vous pouvez le constater, on a profité de cette pause pour avoir une de ces belles et grandes discussions à bâtons rompus qui laissent des traces dans la mémoire d’une femme. Bon, d’accord, en fait, on a chargé des photos sur Facebook.

C’était calme, paisible et silencieux. L’air et la température étaient doux. Il n’y avait que nous au Visiter Center ce matin.

C’était bon.

 

Avec tout ça, on est arrivé légèrement en retard à Savannah. De sorte que Dalila, Kathleen, Pauline et Olivier ont mis les élèves en quartier libre pour le déjeuner, et contents de leur boulot, sont allés se taper la cloche dans un restaurant sur Bay Street dont ils nous ont envoyé l’adresse (enfin…. la soi-disant adresse !) afin qu’on les y rejoigne (qu’ils ont dit !)

Pour gagner du temps, nous sommes entrées dans le Visitor Center pour demander notre chemin. C’était une idée lumineuse qui finalement s’est avérée foireuse. Quand vous entrez dans un visitor center, ils ne se contentent pas de vous indiquer le chemin le plus rapide pour aller d’un point A à un point B; non, ils ajoutent les points C, D, et E qui sont des « incontournables » de la ville, ainsi que, et ils en sont fiers, les points F, G et H, qui sont des curiosités confidentielles réservées aux touristes curieux. Bref, on est reparti avec un itinéraire en zig-zag. Mais arrivées au 202 W. Bay Street, on a bien vu que le restaurant qu’ils nous avaient indiqué n’y était pas et qu’eux non plus d’ailleurs n’y étaient pas, pas au 202 W Bay sTreet , malgré leurs arguments, qui nous ont laissé à penser que quand ils croient fort à quelque chose, ils le pensent pour vrai:

  • mais si on est là !
  • d’ailleurs, Mike est devant le restaurant, vous ne le voyez pas ?
  • Et si c’est Dalila, qui se met devant, vous la voyez, là ?
  • mais si c’est l’adresse du restaurant, vous êtes sûrs que vous êtes devant ?

 

De guerre lasse, on s’est rabattu sur la très commerciale et touristique River Street où on a mangé un Wrap dans un restaurant grec. ça nous apprendra à trainer en route.

 

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River Street, côté river

 

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River Street, côté street

 

Savannah est la ville aux nombreux squares, de partout. Vous passez un block, vous tombez sur un square, encore un block, re-square.

Ce qui donne à cette ville un charme inouï, de quiétude, de langueur, de savoir-vivre-lentement. Car une ville qui offre une possibilité quasi infinie de s’asseoir ça et là sur un banc public, pour profiter d’un coin d’ombre et laisser filer le temps, est une ville qui sait vivre.

Savannah est une ville pleine de chênes moussus qui agrémentent les squares, les rues et encombrent les photos; mais c’est comme ça, ici, les chênes font la lois, ce sont les shérifs du square, seul Clint Eastwood pourrait les déloger, d’un seul de ses regards assassins.

On a fait une visite guidée et piétonne de la ville, où il a beaucoup été question de maisons hantées, de femmes adultères et assassinées (c’est un corollaire dans le Sud), de maris jaloux, de malédictions familiales, de trahisons vilaines, mais alors vraiment moches; bref, un vrai vaudeville aux airs de tragédie grecque (d’où le restaurant grec sur River Street)

je vous en ai ramené ces quelques photos…

 

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comme il se doit: les maisons derrières, les chênes devant

 

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signez la pétition pour libérer la pierre tombale

 

 

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c’est l’histoire d’un mort qui voulait qu’on voie sa tombe de loin, narcissisme d’outre-tombe

 

 

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dans une fenêtre à l’étage, un mannequin déguisé en fantôme vous regarde, à moins que ce ne soit l’inverse.

 

 

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sur ce banc, en 2009, mes petits garçons ont pris leur goûter. Ils trouvaient qu’il faisait trop chaud et que marcher, ça faisait mal aux pieds. Nos lycéens, aussi.

 

 

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la seule maison de Savannah qui a eu une habitation d’esclaves

 

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la maison que j’ai choisie, si je gagnais au loto; à mon image: classe, organisée, équilibrée

Après la visite de la ville, nous avons emmené les lycéens dans un outlet, et avons assisté à un miracle très émouvant: eux qui ne savaient plus marcher pendant la visite à pied de la ville, se sont mis à courir dans tous les sens dans les allées des magasins. C’était merveilleux. Miracle, apothéose.

Je n’ai pas pu suivre le bus avec ma voiture, le GPS était de mauvaise volonté; on s’est perdu, Dorothée, les 2 Valérie et moi. On a demandé notre route à différents commerçants et passants, qui nous disaient , « mais si, c’est pas là, vous ne pouvez pas le rater », mais même avec une technique de persuasion mentale comme ce genre d’affirmations convaincues, on ne le voyait toujours pas.

Bref, on est arrivé en retard, j’ai perdu mon téléphone, l’ai retrouvé tout tremblant dans un magasin (il était sur vibreur), n’ai fait aucun achat, la galère: j’avais rien à me mettre.

 

Bonus: 

mon voyage à Savannah, été 2009.

Georgia on my mind, 2009

 

 

Atlanta en 3 lieux contournables

J’aime me flatter d’être plutôt tolérante  (d’ailleurs, je bannis tous ceux qui prétendent le contraire), mais il existe deux mots que je déteste : impacter et incontournable.

Impacter parce que j’ai l’impression que ceux qui utilisent ce mot, juste pour évoquer des conséquences, évoquent une collision entre un astéroïde et la planète Terre, ce qui est plutôt ridicule, lorsqu’on parle par exemple de résultats de sondage ou de consommation de margarine..

Incontournable, parce que je trouve terrible de recevoir des injonctions de la part de monuments ou sites touristiques (l’Empire State Building: un incontournable ! alors que si vous êtes sur la 5° avenue, il vous suffit de tourner à la 34° rue, et c’est contourné)  et se retrouver dans l’obligation de visiter des lieux ; le voyage étant plutôt, selon moi, une histoire de désir et de flanerie qui laisse sa place au hasard.

 A Atlanta, on peut donc contourner des sites touristiques comme CNN et Coca-Cola et même ne pas s’en approcher du tout, le quartier de Downtown, où on les trouve étant plutôt déprimant (un jour, vous me remercierez).

Il existe 3 lieux tout à fait contournables, mais que j’ai choisi de faire visiter à mes lycéens, que voici, sous leur meilleur profil matinal.

Voici pourquoi.

1- Atlanta History Center, quartier de Buckhead

L’Atlanta History Center, qui s’est tout récemment agrandi, est un musée agréable, gentil (il vous veut du bien), situé dans le joli quartier de Buckhead: résidences dans le pur style « demeures et châteaux ».

Si vous arrivez en avance au musée, ce qui pourrait bien se produire si, comme nous, vous êtes descendu d’un avion la veille et que vous vous êtes réveillés à 3 h du matin en étant persuadé d’avoir fait la grasse matinée, faites un petit tour dans le quartier, pour commencer la journée par une belle série d’éblouissements (le premier étant causé par votre toute nouvelle aptitude à être matinal).

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un de mes lycéens a déclaré qu’ici tout est beau, même les plots: la preuve !

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Mais passons aux choses sérieuses: le musée en lui-même.

Différentes expositions présentent l’Histoire d’Atlanta et de la Géorgie.

Commençons par la guerre de Sécession. Vous savez, quand Lincoln a commencé à parler d’abolir l’esclavage, jugeant qu’il était insupportable que la moitié des habitants d’Amérique appartienne à l’autre moitié; ça a mis en panique les Etats du Sud qui y voyaient un moyen de prospérer et de faire du commerce à peu de frais. Ils avaient bien fait le calcul: faire travailler jusqu’à l’épuisement un main d’oeuvre qu’on ne paie pas est la meilleure façon de s’enrichir. Ils craignaient alors que l’abolition de cette abomination pourrait impacter leur niveau de vie et ont décidé, en bons pères de famille économes et prévoyants, de faire sécession pour ne pas avoir à subir des lois dictées par l’éthique plutôt que par le profit.

L’exposition sur la guerre de Sécession retrace à travers des objets et des reconstitutions les moments importants et marquants de cette période.

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Quand on est un canon, on fait le beau, on se sent fier; mais si je vous dis que ce qui a tué le plus de soldats pendent cette guerre, c’est la dysenterie … ben, en tant que canon, on fait moins le malin.

 

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du côté des Confédérés, l’équipement de base…

 

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le superflu, pour remonter le moral des troupes

ruine et désolation

La visite se poursuit avec une exposition sur les Native Americans (ceux qui étaient là avant et à qui on a dit sans ménagement « poussez-vous que je m’y mette ») puis une autre exposition sur l’artisanat, notamment de belles réalisations en patchwork (quilt), et pour finir, une exposition sur les objets symboliques d’Atlanta, concernant le sport, la vie quotidienne, la presse, la religion, au XX° siècle.

Mais ce qui fait la particularité de l’Atlanta History Center, ce sont les maisons à visiter dans les jardin du musée.

On a commencé par la Smith Family Farm.

 

Dans la cuisine, Olivier nous a montré ses piments doux: de vraies friandises, ça croque un peu sous la dent, mais dans la bouche c’est fondant.

 

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Dans la salle à manger, une employée du musée restée bloquée dans le couloir du temps.

 

On a continué avec la Swan House, demeure du début du XX° siècle (les années 20)

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Décoration un peu chargée.. d’histoire.

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une vraie dame qui joue vraiment du piano, et une belle voix

 

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l’escalier magistral dans lequel il est plus facile de faire une sortie que son entrée (fine allusion à un moment épique où Kathleen a massacré ce qui devait être un moment de grâce et d’élévation)

 

On a terminé avec la maison au fond des bois (Wood family Cabin)

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Olivier s’est cru dans la petite maison dans la prairie, a tiré un bon coup sur ses bretelles, nous a commandé une tarte aux pommes et s’est mis à dialoguer avec les oiseaux en allant chercher du bois mort dans la forêt.

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2- Martin Luther Link jr Historic Site

 

Le bus nous a ensuite déposés au Sweet Auburn Curb Market, où nous avons pris vite fait un repas sur le pouce avant d’aller vibrer au son de la voix de Martin Luther King, dans le petit musée qui lui est dédié.

 

Sur les murs d’Auburn Street: des mots, des héros, des messages, des idées. C’est toujours bon à prendre.

 

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Et puis, au Martin Luther King National Historic Site, on peut trouver d’autres mots, tellement forts, des idées tellement justes qu’elles se transforment en émotions.

Vous connaissez l’histoire: une fois, affranchis, les esclaves sont devenus des citoyens de seconde zone, amoindris et discriminés, humiliés et brimés; il ne leur restait plus que leur dignité, leur patience et leur détermination. Et Martin Luther King est devenu leur leader.

 

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La vie de cet homme impressionnant est retracée à travers des témoignages et ses combats à travers une exposition (photos, documents et extraits de discours); c’est modeste, comme lui, mais plein de choses essentielles et suffisantes pour nourrir l’esprit .

On peut ensuite se balader dans le quartier pour voir sa maison natale, l’Ebenezer Baptist Church où il a officié et sa tombe.

 

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sa maison natale

 

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Auburn Street, vue depuis la maison natale
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le tombeau et la reflecting pool.

 

3- Little Five Points

 

Prenez un quartier qui tombe en miettes, ajoutez-y quelques esprits créatifs, inventifs, des pots de peinture de toutes les couleurs, un goût certain pour l’indépendance, l’originalité, la provocation, le refus des normes. ça donne un endroit vivant et un vrai coup de fouet. On s’y est promené en visiteurs légers et insouciants. Une belle découverte.

 

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Sur Euclid Avenue

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à l’entrée d’un bar

 

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à l’entrée d’un pub

 

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Les Bonus à peine dissimulés en fin d’article:

 

Ma journée Off à Miami

Je l’avais fantasmée, cette journée off, toute seule à Miami, entre le départ de mon premier groupe de lycéens, dans la matinée, et l’arrivée du second, en début de soirée.

Dans un premier temps, j’avais fait le projet de louer une voiture pour explorer les environs de Miami, mais rattrapée par la voix de la raison, de qui, exceptionnellement , j’ai accepté un peu d’autorité et de familiarité (« non, mais tu peux pas rester tranquille deux minutes ?) et par la fatigue, j’ai déprogrammé l’excursion et elle s’est transformée en journée 3 p: piscine-plage-puisriendautre.

Ce n’est pas la première fois que je fais se succéder deux groupes de lycéens en voyage scolaire, mais les fois précédentes, le groupe 2 arrivait la veille  du départ du groupe 1, de sorte que pendant une nuit (la nuit de l’effroi qui a vu mourir toutes mes illusions sur le pouvoir de la raison et son ascendant sur un groupe de lycéens), deux groupes de lycéens occupaient l’hôtel, me donnant des envies de me retrancher dans ma salle de bain et de noyer mon désarroi en vidant une bouteille entière de bain de bouche.

Imaginez l’excitation du groupe 2 qui vient d’arriver (une fois la frontière passée, ils sont si heureux qu’ils pourraient passer leur séjour à faire la roue) et qu’un long voyage n’a pas réussi à épuiser (seule la phrase « prenez vos livres et sortez vos cahiers » peut les terrasser d’une fatigue soudaine). Excitation du groupe de nouveaux arrivants combinée à celle du groupe 1, comblé de satisfaction à l’idée d’être l’initiateur, celui qui va tout expliquer sur les coulisses du voyage scolaire et proposer une visite guidée nocturne de l’hôtel en livrant des secrets avec un air de comploteur.

Bref, nous avons été plusieurs à être traumatisés par ce genre de nuit où se jouait une gigantesque et éprouvante partie du « chat et de la souris »: le gardien de nuit, n’en pouvant plus de pister les lycéens dans les couloirs pour leur signifier de ne pas y courir, son psychiatre, terrifié par le récit de cette nuit de cauchemar (un vrai vaudeville: des portes qui claquent, des cavalcades dans les escaliers, des quiproquos, mais pas d’amant dans le placard) et moi.

Bref, cette année, je l’ai jouée fine: pas de retrouvailles groupe 1 et groupe 2, pas même en escale à Philadelphie.

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Départ du groupe 1

 

Et je savourais, au bord de la piscine, cette tranquillité tout en me congratulant avec enthousiasme lorsque j’ai reçu un SMS de Valérie, notre reporter à l’aéroport, e compagnie du groupe 1. Ils étaient en salle d’embarquement, prêts à monter dans le premier vol. J’adore quand un plan se déroule sans accrocs.

 

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la piscine du Freehand

Du coup, j’ai repris un menu du jour: tranquillité et auto-satisfaction, mais je me le suis servi à la plage.

 

 

 

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poste de sauvetage, du côté de la 25° rue

 

 

 

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la plage, à un block de l’auberge

C’est alors que, au moment où je m’y attendais le moins, anesthésiée par le soleil et le chant de victoire que je passais en boucle dans ma tête, j’ai reçu un nouveau SMS, de Valérie, toujours, m’annonçant que (mais faut pas t’inquiéter) le vol pour Philadelphie avait été annulé, et que du coup, leurs chances d’attraper le second vol, de Philadelphie à Bruxelles, s’en trouvaient considérablement réduites, qu’il fallait désormais trouver un vol où caser le groupe de 44 personnes et que si par hasard, je pouvais les assister en leur donnant les coordonnées de mon contact à American Airlines, ça pourrait leur être d’un grand secours.

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l’avion qui ne veut pas décoller 

Retour à la chambre et à la case angoisse.

J’ai transmis les informations à Valérie, recalculé le budget (posons l’hypothèse que dans le groupe 2, tous les lycéens soient des sportifs de haut-niveau en pleine santé et que personne n’ait l’idée de tomber malade pendant la semaine à venir, que les chauffeurs des autocars qui nous emmènent en excursion acceptent de s’assoir sur leur pourboire, qu’on n’ait pas besoin de prendre un taxi pour ramener à l’auberge un lycéen défaillant ou le cas échéant, qu’un accompagnateur accepte de le transporter sur son dos pour faire des économies…je peux débloquer un budget repas supplémentaire de 10 $/ personne)

SMS à Quentin, un des accompagnateurs, pour le prévenir.

Réponse de Quentin: « l’aéroport nous a donné 12 $/personne, ton offre est refusée. Bonne nouvelle, on a trouvé un direct Miami-Paris dans 2 h ». ça c’est des accompagnateurs de compétition ! Solution trouvée 3 h après que le premier vol aurait dû décoller et de nombreuses, longues,  et finalement fructueuses négociations pour ne pas séparer le groupe.

Sauf qu’ils atterriront à Paris et non à Bruxelles. Qu’à cela ne tienne, je préviens l’autocariste qui se charge du transfert.

Du coup, ça m’a donné l’idée de fêter ça avec un cocktail au bord de la piscine.

SMS de Valérie: « Coucou Rozenn, ne panique pas; prends un troisième cocktail (alors que je n’ai même pas eu le temps d’en commander u premier !), nouveau problème technique, changement d’avion, retour au gate de départ, petit tour en métro, retard annoncé pour le moment de deux heures, les élèves sont cools. Le staff »

Donc, le vol de remplacement , si âprement obtenu (qui sait ce que Kathleen a dû faire pour venir à bout des négociations, si ça se trouve, elle les menacés en néerlandais... ce qu’elle ne fait qu’en cas d’extrême nécessité, parce que ça peut faire des dégâts psychologiques) n’a pas voulu, non plus décoller. Et mon groupe de 44 personne a dû changer d’avion, de salle d’embarquement… et du coup, ils ont dû se ré-enregistrer et refaire leur carte d’embarquement. Et je me mets à espérer que le destin place sur ma route un grand pichet de Margarita. Je veux bien m’occuper de la paille.

 

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le vol AA62 aura 2 h de retard

 

 

la salle d’attente n’a jamais si bien porté son nom (contrairement à la salle d’embarquement)

et pendant ce temps, le premier vol décolle, lui… (avec 5 h de retard)

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Vu le changement de porte d’embarquement et d’avion, à l’heure (la nouvelle heure, celle avec 2 h de retard, restez concentrés) d’embarquer, enfin, il manque plein de passagers; je ne sais pas pourquoi: ils se sont égarés dans le Terminal, ont perdu la raison, sont restés prostrés aux toilettes en suppliant qu’on les achève, ont déclaré une phobie de l’avion… Toujours est-il que l’hôtesse commence faire l’appel avec un accent français tellement déplorable qu’elle demande à Quentin de s’en charger.

pourquoi pas, après tout, au point où on en est ?

Finalement, après ces quelques heures de stress et ces allers-retours dignes d’un cartoon, d’une porte d’embarquement à l’autre, à 44, dans le pur style débandade, inventé par la 7° compagnie, tout le monde peut monter à bord et s’installer.

 

Il est 21 h 30, j’ai déjà accueilli le 2° groupe, fait le tour des chambres et commencé à résumer ma semaine (pas ma journée, pas le temps) avec le groupe 1, aux accompagnateurs du groupe 2.

J’envoie un message à l’autocariste avant de me coucher, vers  minuit, pour lui dire de ne pas tenir compte du message précédent, pas plus que de celui d’encore avant, mais bien de ce dernier concernant le lieu et l’heure de prise en charge du groupe, ainsi que les informations sur le vol.

Je mets mon réveil à 4 h, pour être raccord avec l’heure française (10 h du matin) et être prête à téléphoner ou recevoir des coups de téléphone pour l’arrivée du groupe en France.

ça me permet de suivre à distance le retour du groupe 1 et d’apprendre que leurs bagages ne les ont pas suivis. Tiens ? pourquoi ne suis je pas étonnée ?

ça leur fait donc 44 dossiers de réclamation à remplir en atterrissant; ce qui fait attendre le bus qui doit les ramener à Tourcoing, mais… message de Quentin: « même si le chauffeur a dû nous attendre à l’aéroport, une fois qu’on était là, sans les valises, ça a été rapide ! »

Les valises sont arrivées le lendemain en fin d’après-midi.

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Question: pourquoi lorsqu’on récupère sa valise sur le carrousel à bagage à l’aéroport, elle est en bon état alors que lorsque arrive en retard, elle est sale ou abîmée ? Est-ce que le service bagage égaré ne recrute que des employés brusques ou maladroits ?

Bref: j’avais une journée off à Miami Beach.

A Design District et à Wynwood (Miami), l’art est dans la rue

Le système de bus de Miami reste une énigme que nous avons examinée avec beaucoup d’intérêt avant de venir à Miami et expérimentée avec beaucoup de perplexité depuis que nous y sommes.

Les horaires sont tout à fait hypothétiques et les bus passent quand ils peuvent selon l’encombrement des rues. Par exemple, le bus 119 qui passe à 9 h 07 n’est qu’un mythe (ou bien sa version moderne, le « à ce qu’il paraît ! »), une sorte de licorne dont on a entendu parler sans savoir si ça existe vraiment. Et si par hasard, le bus 119 de 9 h 07 passe à 9 h 07, c’est que c’est un bus de la ligne S ou C; de toute façon, on ne le verra pas car on aura attrapé le bus 120 de 8 h 48 qui sera passé à 9 h 04.

C’est ainsi que lundi dernier, on a pris n’importe quel bus, à une heure indéterminée pour aller visiter les quartiers de Design District et Wynwood.

On s’est entassés, empilés, retrouvés coincés, fait écraser les pieds, mais nous sommes arrivés à bon port à l’arrêt « Omni Center »….

… pour ensuite prendre le trolley qui nous conduira, pour la modique somme de 0$, jusqu’à Design District. A condition, bien sûr que le trolley veuille bien nous prendre.

Alors, celui là, justement, il arrive, laisse monter les 2/3 du groupe et repart, nous laissant, Quentin, moi et une petite dizaine de lycéen griller au soleil et attendre une éternité le suivant: l’enfer de Dante. Le suivant ne nous laisse pas monter au prétexte que d’après les estimations du chauffeur nous ne pourrions tous y tenir tout en conversant suffisamment d’oxygène dans l’espace du trolley pour arriver en forme jusqu’à Design District: le supplice de Tantale.

Nous prenons d’assaut celui d’après, car nous nous étions jurés, les lycéens, Quentin et moi, que nous arriverions. En effet après une rapide concertation, on avait jugé qu’il était préférable de grimper dans le prochain trolley et arriver à destination en 15 mn plutôt que de faire la route à pied et arriver 2 h plus tard, à la tombée de la nuit. Donc, nous avons mis au point un plan assez malin qui consistait à occuper tout l’espace de l’arrêt de trolley, à faire barrage avec nos sacs victoria secret et telle un général qui mobilise ses troupes, j’avais dit aux lycéennes: « faut se battre pour monter à bord, faites comme si c’était les soldes ». Galvanisées par mon beau discours imagé elles se sont révélées de vraies guerrières, et on l’a eu, le trolley !!!

Il nous a déposés au Design District.

Kathleen, Mike, Quentin et moi l’avons visité, pendant que les élèves allaient faire un peu de shopping à Midtown (je ne pensais pas qu’ils prendrait au sérieux mon image des soldes).

C’est un quartier en rénovation, pas très étendu (2 blocs sur 2 ou 3) mais qui nous offre une belle balade dans un univers de lignes droites, de perspectives, de formes épurées; une sorte d’utopie urbaine, belle comme le dépliant publicitaire d’un promoteur immobilier.

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on est accueilli par une sorte de Vierge à l’enfant de Botero.

Tout est pensé, les transparences, les perspectives, les lignes, pour faire plaisir à l’oeil/

 

Nombreuses boutiques de prestige dans ce Design District; il n’y a pas de hasard: le luxe, c’est bien cet agrément visuel,  ce plaisir d’esthète, cet environnement voluptueux qui nous donnent l’impression d’être des privilégiés..

 

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le quartier est encore en construction…

 

 

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dernier petit plaisir esthétique avant de passer sous l’autoroute pour rejoindre Wynwood

 

En prenant la Miami avenue, on arrive assez vite dans le quartier de Lynwood, qui lui se distingue par ses nombreuses fresques murales; c’est le quartier du street art.

Et il est plaisant de se balader dans ce musée à ciel ouvert qui a plein d’histoires à nous raconter.

 

ils ont le sens de la formule et du raccourci

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et le sens du paradoxe
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ou bien celui de l’insolite
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et celui de la fantaisie
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ou encore celui du mystère

Bref, aussi bien que la philosophie (coucou Clara), le street art nous propose de regarder le monde et nous interroge, soulève des questions. C’est ce dialogue avec les fresques murales, cette interaction qui rend la balade dans ce quartier aussi excitante, et qui nous fait savourer doublement notre victoire sur le trolley.

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on dirait un Roy Lichtenstein

 

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Nous sommes passés par Wynwood Walls, un lieu d’exposition pour artistes de Street Art, ouvert et gratuit et avons pris le chemin du retour.

 

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à Wynwood walls

 

Et nous avons attendu un bus pendant 45 mn avant de pouvoir rentrer à l’auberge (inutile de vous dire que la technique désormais éprouvée, validée et garantie « infaillible » du « faites comme si c’était les soldes » a une fois de plus bien fonctionné).

 

Dimanche à Key West: la clé du bonheur

 

Imaginez qu’on fasse cohabiter ensemble un retraité standard, une drag queen, un étudiant en goguette, un biker un peu rugueux, un touriste lambda…

Si c’est dans une histoire drôle, ils seront dans un avion et  trouveront chacun quelque chose à dire pour avoir le dernier parachute.

Si c’est dans une émission de téléréalité, il y aura des portes qui claqueront, des éclats de voix, des karaokés en string et des concours de déguisement, des disputes parce que l’un a fini le dernier paquet de céréales et l’autre a regardé un troisième de travers, tandis que le quatrième passe ses journée à déclarer son amour à son nombril. De toute façon, ça finira dans un confessionnal et on les verra se creuser la tête (peine perdue, elle était déjà vide) pour trouver une formule ou une petite phrase qui fera ricaner tout l’audimat.

Si ça se passe à Key West, cela vous donne une heureuse formule sociologique d’une cohabitation paisible fondée sur un désir commun et partagé de jouir de la douceur de vivre loin de tout.

Et si on rajoute des lycéens ? ça marche aussi. Avec une petite touche Fashion Week.

Key West est la dernière d’un chapelet d’îles qui s’étendent au sud de la Floride; il faut environ 4 h de route pour atteindre cette ultime terre avant de tomber dans l’océan. Ce qui n’aurait rien de dramatique, vu sa beauté et sa température.

L’overseas highway qui vous conduit jusqu’à Key West est une route qui court d’île en île, enjambe la mer, nous donne l’impression, parfois, de rouler sur l’eau; même avec notre bus greyhound.

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L’overseas highway

 

 

petite halte au seven-mile bridge,  qui n’est plus praticable que par les piétons

 

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arrivée à Key West, enfin !

La partie de l’île que nous voulons faire visiter à nos lycéens mesure 2 km sur 2. Les rues sont droites comme la justice et le plan de la ville clair comme une explication de Rozenn Bouttes.

Nous les quittons à Mallory Square, au Nord-Ouest de l’île, tout en haute de Whitehead street, pour leur donner rendez-vous, deux heures plus tard au Southernenmost point (qui, comme son nom l’indique assez clairement est tout au sud) à l’autre bout de Whitehead street. ça laisse à tout le monde le temps de flâner et de manger.

 

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Duval Street

 

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réunion pédagogique

Si on était des profs un peu vicieux, on leur aurait fait le coup du Petit Poucet.

On se serait réunis sur cette terrasse près du ventilateur (parce qu’au coin du feu, c’est surfait et surchauffé), on aurait constaté que le budget repas n’est pas suffisant pour continuer à leur fournir des paquets de chips et des haribo, on se serait désolé pendant une bonne dizaine de secondes en interrogeant le ciel (pourquoi tant injustice ?) qui nous aurait répondu en morse (soleil-nuage-soleil) que c’est pas son problème; et puis, on aurait projeté de les lâcher dans Key West, qui mesure 2 km de large, qui comporte deux rues importantes, bien droites et des noms de rue à chaque coin de rue, pour les y perdre. On leur aurait fait croire qu’on les emmène en excursion, on leur aurait donné un plan de la ville précis et 2 heures pour faire 1 mile (ce qui leur donnerait la possibilité de parcourir cette distance sur les mains, ou à reculons et en jonglant, ou bien s’arrêtant tous les trois mètres pour faire un selfie).

J’avoue: on l’a fait et on a réussi à en perdre quelques-uns. Tous ont expliqué avoir demandé leur route et qu’on les avaient orientés dans la mauvaise directionun (je pense que c’est plutôt leur anglais qui a pris la mauvaise direction !)

 

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Objet roulant mal identifié, mais normal à Key West.

 

Notre premier point de rendez-vous: le southernmost point (l’endroit le plus au sud des USA) est symbolisé par une borne, dont on dirait qu’elle a abusé des engrais Monsanto; c’est une attraction touristique et tout le monde veut se faire photographier devant.

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le point de rendez-vous suivant est Mallory Square, via le Bahama Village ou la plage.

 

 

En route, nous croisons cet engin qui m’intrigue: la voiture des Pierrafeu. Qui n’a pas de moteur, forcément, ça n’existait pas au temps des Pierrafeu; mais alors pourquoi en posséder une et la garer devant chez soi ?

La seule réponse probable pour moi est qu’elle sert de porte-gobelet.

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Nous rejoignons le fort Zakarie Taylor Park, en traversant le bahama village et en prenant soin de ne demander notre route à personne (des fois que l’autochtone voudrait nous donner une fausse direction), ça tombe bien, contrairement à Duval street qui est bondée, l’endroit est désert.

 

Le fort Zakary Taylor est situé à l’ouest de l’île, près de la base militaire. C’est un state park.

On trouve peu de plages sur Key West, je veux dire des plages pour lesquelles il ne faut pas passer par booking.com pour y accéder. Mais à Fort Zakary Taylor, on peut profiter d’une plage assez spacieuse avec tables à pique-nique et rangers en shorts. Et nos lycéens en ont trouvé le chemin assez rapidement, d’une façon de je n’arrive pas à m’expliquer et bien qu’on leur ait clairement expliqué comment y aller.

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des scouts campent dans ce State Park (entrée 2.50 $)

 

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inspection de la température de l’eau, l’orteil ne se rétracte pas: elle est bonne.

 

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Quentin et Mike: quand ils se sont rendu compte que ce n’était pas une plage naturiste, ils se sont précipités dans l’eau.

 

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elles ont l’air naturel, comme ça, mais… eh bien oui, elles sont comme ça au naturel

 

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soit ils cherchent une blague à faire, soit une glace

 

Après un petit moment de détente à la plage nous reprenons le chemin pour aller assister à la Sunset Célébration qui a lieu tous les jours à Mallory Square. Car à Key West comme dans un conte de fées, tout finit par un coucher de soleil.

Et du monde se rassemble pour se réjouir de la beauté de ce spectacle offert par la nature et aussi, sans doute, pour se réjouir d’avoir quotidiennement un bon prétexte pour faire la fête.

 

 

 

 

 

 

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chanteur du dimanche en recherche de mécènes et de notoriété

 

 

Et voilà, le soleil est tombé dans la mer, on reprend notre bus, notre itinéraire magique et ses quatre heures de route et on rentre se coucher.

 

 

Sur la route à Memphis. »

Bon d’accord, je veux bien le concéder, et avec d’autant plus de bonne volonté que ça commence à se savoir, et j’ai conscience que je ne pourrai bientôt plus cacher la chose encore longtemps: je n’ai aucun sens de l’orientation.

Dès que je me pique de vouloir prendre l’initiative de l’orientation et de la direction qu’on va prendre pour aller d’un point A à un point B, je dois me retourner pour constater que tout le monde est parti dans l’autre direction. Je suis à moi toute seule un moyen infaillible de savoir vers où ne pas aller.

Pour quelqu’un comme moi qui aime bien voyager, ça pourrait sembler vraiment malheureux. Mais, ce qui me plaît, justement, dans le voyage, c’est la route en elle-même (voire même l’errance, je suis donc apte en cherchant mon chemin, à me satisfaire pleinement); et non l’efficacité du trajet. Tant mieux car malgré la patience et l’indulgence de mes compagnons de voyage qui continuent d’essayer de m’expliquer la logique du Nord et de la mousse sur les arbres, de la course du soleil et surtout les plans qu’on se procure à l’office du tourisme, où semble-t-il, d’après ce qu’on m’a dit, tout est indiqué de façon  limpide, là où je ne vois qu’un amalgame de signes chinois et de théorèmes de Pythagore. Et pourtant, je prends la peine, lorsque nous consultons un plan, d’afficher un air entendu, d’acquiescer et parfois même, j’émets un avis, rarement pertinent.

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Par exemple, ce matin, lorsque le bus a tourné autour d’un pâté de maisons victoriennes pour chercher un endroit où se garer, j’ai cru que le quartier comprenait deux fois plus de maisons historiques qu’il n’en comporte en réalité. Je n’ai jamais soupçonné qu’on avait pris deux fois la même route et longé deux fois les mêmes demeures historiques.

Un fois le bus garé, nous avons visité le « old victorian village » de Memphis, à pied. Les élèves les plus dociles ou curieux ont suivi nos indications et se sont dirigés vers une sorte de Cathédrale, pour aller la voir de plus près. D’autres plus confiants en leur sens des affaires et de l’orientation se sont dirigés directement vers Beale Street, la rue touristique de Memphis, tournant le dos à l’Old Victorian Village, et à mes recommandations sur la mousse sur les arbres et les théorèmes de Pytagore qui ne font que nous compliquer la vie.

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En bas à droite de la photo: mes compagnons de voyage, grâce à qui je ne me perds jamais.. enfin: jamais seule.

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dans ce quartier de Old Victorian village, c’est Halloween tous les jours: vieilles demeures qui grincent, famille Addams planqué derrière les rideaux, Dracula en embuscade au fond du jardin.

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et tatie Danièle qui fulmine au grenier.

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Certaines demeures se visitent, mais le week end et sur réservation

(le temps de ranger Fétide dernière la bibliothèque, celle qui s’ouvre lorsqu’on déplace un livre de géométrie)

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D’autres sont des « bed and breakfast », avec un petit côté « Arsenic et vieilles dentelles »

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En avançant vers le Mississippi (moi, personnellement, j’aurais pris dans l’autre direction, mais personne n’a écouté mon avis), on traverse le quartier de la Court House (le palais de justice). Certains bureaux d’avocats ont un petit côté « coupable » avec tous ces barreaux aux fenêtres.

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Et, on passe aussi devant une caserne de pompiers et un camion qu’on croirait sorti de « Cars ».

Vous ne le trouvez pas prêt à nous sourire ?

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Et puis une lance à incendie, un rien incongrue, qui semble prête, elle, à … rendre service.

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Et nous voilà sur Main street. Toujours pas de passants, ni de badauds, juste un vent glacial et quelques touristes français.

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enfin, je voulais dire : Smain street.

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Ambiance rétro.

Ces mannequins décapités, ça fait une présence, quand même, dans les rues désertes de Memphis en hiver..

Le midi, on mange au bon ton diner, un des 10 meilleurs des USA d’après ce que j’ai lu dans un classement sur internet.

Le plat cajun que j’ai commandé n’avait de cajun que le nom et la sauce: il s’agissait en fait du plat du vendredi à la cantine: du poisson pané et des frites; et la serveuse semblait vouloir tester en s’approchant de notre table un nouveau langage verbal inaudible où il était question du carré de l’hypoténuse et un nouveau talent dans l’art de la misanthropie à l’usage du touriste ordinaire.

Peut-être que je lis les « bests of »comme les plans: à l’envers.

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Malgré tout, la cerise sur le Sundae était extra.

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En cheminant vers le Musée des droits civiques…

les mots ont de l’importance, autant que les actes, surtout s’ils méritent qu’on s’en souvienne.

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Là, c’est juste écrit « Gibson factory » sur la fabrique de guitares Gibson.

Pas d’aphorisme ni de révélation murale. Tout n’est pas toujours signe.

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Sur la route du Lorraine Hotel, où Martin Luther King a été assassiné et où désormais on trouve le musée des droits civiques, chèrement et laborieusement acquis, dans les années 60 par les Afro-Américains, au prix de marches, de protestations massives et passives et surtout, je trouve, avec un sens du slogan, de la formule, du discours, du témoignage  qui en dit long sur le pouvoir des mots.

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la façade du Motel a été conservée tel qu’elle était en avril 1968; lorsque MLK a été assassiné.

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l’exposition commence par l’histoire de l’esclavage.

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la reconstitution du bus dans lequel Rosa Parks a trouvé, en décembre 1955, qu’elle avait assez cédé… sa place dans les transports en commun et dans la société américaine.

« The only tired I was, was tired of giving in » (Rosa Parks)

Après l’arrestation de rosa Parks, le boycott des autobus de Montgomery a commencé.

Et les femmes ont marché. Pas qu’elles, mais surtout elles. Pendant des mois, et des miles, quotidiennement.

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Reconstitution du bar de Greensboro, où des étudiants ont tenté de se faire servir à un comptoir réservé aux Blancs.

C’est le début des sit-ins.

Résistance passive, impassible, obstinée, têtue, malgré les coups, les crachats, les humiliations, les chiens policiers.

Initiative courageuse et contagieuse: un an plus tard, on comptait 3000 sit-in et 70000 personnes ayant participé à ce genre de protestation silencieuse.

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autre campagne (je devrais dire « compagne ») de boycott: il vaut mieux porter de vieux vêtements plutôt que de solder ses principes.

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reconstitution d’un bus de la liberté (freedom ride) emprunté par des militants de la lutte pour les droits civiques et contre la ségrégation: celui-ci a été incendié; il est arrivé que les militants qui se trouvaient à bord soient battus.

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la marche et les mots, tout ce que possédaient les Noirs pour protester et lutter.

Tous Rimbaud.

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Encore et toujours l’importance de dire et écrire les mots de la lutte

« If you can’t vote, then you are a slave »

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Derrière le cliché: le racisme.

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la marche de Selma, pour aller s’enregistrer sur les listes des électeurs.

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et la répression.

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à Memphis, les éboueurs font grève pour des conditions de travail plus humaines.

Je trouve cette photo extraordinaire.

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Martin Luther King est venu les soutenir… Il a prononcé un dernier discours, nous enjoignant à ne pas abandonner, à viser le sommet.

et s’est fait assassiner.

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sa chambre


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En quittant le musée, je me dirige d’instinct vers la mauvaise direction et malgré toute la logique dont je barde mes raisonnements topographiques, la réalité me prouve que je me fourvoie, dans un quartier un peu triste; et pas seulement parce que c’est là que MLK a été assassiné.

Finalement, j’arrive à Beale Street, en suivant les explications de Smaïn (en fait, en le suivant tout court, c’est plus simple que d’écouter ses explications, ce qui est aussi plus simple aussi que de les comprendre) à la recherche d’un endroit chaud et accueillant.

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Beale Street: des restaurants, des concerts, des boutiques de souvenirs.

avec, toujours, personne dans les rues.

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on est tenté par une caserne de pompiers mais ils sont un peu trop occupés, genre: on a quelque chose sur le feu, ou j’ai pas fini de briquer mon beau camion.
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on s’échoue sur les rives du Mississippi.

telles des sirènes, au coucher de soleil.

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des sirènes à capuches… certes.

ça casse la légende.

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un bateau à aubes: fermé.

alors, on retourne sur Beale Street et on se paie une bonne tranche de Blues.

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Emilie, Virginie, Dalila et moi, et le chanteur de blues, et Smaïn qui prend la photo.

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Et on finit la soirée au restaurant « Alfred’s on Beale street » avec un soirée Karaoké.



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on rentre à l’hôtel, passer la nuit avec Elvis (mais attention, ce qui se passe à Memphis reste à Memphis)

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Love me tender

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Love me true

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You have made my life complete

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All my dreams fulfilled

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Never let me go…..!

Graceland

Ce matin, nous quittons Nashville, et ses rues pleines de musique, notre motel et ses gaufriers dévastés, les soirées vaudeville avec les portes qui claquent, les coups de théâtre et les femmes qui disparaissent.

Féthi surveille, l’air de rien, le chauffeur, qui garde un oeil sur le bus, pendant que je surveille discrètement Féthi sous la supervision de Smaïn. Emilie fait la traduction. Cela crée une ambiance de confiance qui permet à chacun, surtout Robert, notre chauffeur, de se surpasser dans le créneau d’autocar et dans le remplissage de soute.

20150225_155446 à mi-chemin entre Nashville et Memphis, nous avons repéré un centre commercial, le « Old hickory Mall », à Jackson, Tennessee, pour faire un quartier libre déjeuner et shopping. Il y a un Macy’s où on trouve de tout, à condition de ne pas chercher quelque chose en particulier, et, tenez-vous bien, un Abercrombie outlet (= magasin d’usine) qui pratique des prix presque normaux, ou, disons, pas trop indécents. C’en est presque dommage d’acheter aussi peu cher un vêtement qui, lorsque vous le portez, vous fait une réputation de nanti.

Nous arrivons à Graceland vers 15 h 30 et sous la neige. Robert nous fait un créneau incroyable. Normal, Je surveille Féthi qui surveille Robert pour le motiver et l’inciter à l’application et surtout à la non-disparition.

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Nous avons pris la visite la plus rapide (2 bonnes heures ): le pack  » Mansion », c’est-à-dire la demeure du King, dans laquelle est retracé son parcours, sa vie, son oeuvre. La visite de Graceland, c’est le Wikipédia d’Elvis.

20150225_230404 La maison en elle-même n’est pas spécialement excitante, sauf, bien sûr si on pense qu’Elvis a posé ses fesses sur ces sièges. Bon, en fait, comme on y pense à chaque chaise, siège, fauteuil, canapé, banquette qu’on voit, la visite de cette demeure est vraiment incroyablement réjouissante, pour des esthètes comme moi.

La décoration est bourgeoise, on se croirait en visite chez Georges Bush, kitsh, aussi par endroits, avec quelques excentricités comme la jungle room ou la salle de billard. Mais n’allez pas chercher à Graceland l’audace, l’énergie, l’invention qui nous font tant aimer Elvis (en plus de son physique à tomber par terre, bien sûr… ce qui a sans doute motivé le décorateur à mettre tant de moquette et des trucs à poils longs un peu partout, pour amortir une éventuelle, voire probable chute chaque fois qu’un visiteur voit le visage craquant d’Elvis, ou bien un siège, une chaise, un canapé, une banquette.

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la salle à manger, vous l’aurez sans doute deviné.

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la chambre de ses parents

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le salon

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blanc dedans, blanc dehors

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la cuisine, avec tout ce qu’il faut pour faire à manger: dont une télévision.

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le bar, au sous-sol;

un peu bizarre les miroirs au plafond.

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toujours dans le sous-sol; une sorte de salon de maître du monde

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une salle de billard improbable, genre bonbonnière hippie.

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un salon appelé « jungle room »

il faut avouer que la décoration de cette pièce est assez exotique.

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Graceland sous la neige; il paraît que c’est exceptionnel

pour nous, c’est donc bel et bien Noël.

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l’écureuil de Graceland, sans doute échappé de la jungle room.

NB: l’animal en question est au second plan.

au premier plan, c’est un prof d’histoire échappé de la planète Mars.

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les débuts d’Elvis, personne ne croyait que ce Blanc qui aimait le Gospel et le Blues, qui gigotait comme un chanteur de Country puisse avoir de l’avenir dans la chanson, et encore moins de la postérité.

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vite une tapis à poils longs s’il vous plaît, que je puisse me pâmer sans commotion.

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lui aussi, est passé par Nashville (je veux dire.. « nous aussi, on est passé par Nashville »)

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Déjà à l’époque (avant, jadis, dans le temps, comme diraient les lycéens pour qui tout ce qui date d’avant leur naissance appartient à la préhistoire) on vendait des objets dérivés.

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je n’irais pas jusqu’à dire que ce costume est une faute de goût, non, plutôt une mauvaise idée.

Mais il devait avoir ses raisons pour avoir commandé (ça ne se trouve pas en prêt-à-porter) ce costume en aluminium doré: se prémunir des ondes du micro-ondes expérimental qu’on a vu dans sa cuisine, ou bien empêcher un kidnapping extra-terrestre


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le couloir de la gloire…

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the golden bouttes award.

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Elvis a aussi été acteur.

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une tenue toujours en vogue à Las Vegas.

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dans une dépendance de la maison, près de la salle de Racket Ball.

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c’est sûr, il ne passerait aucun portique d’aéroport avec ces tenues.

qui sont une invitation au contrôle « aléatoire ».

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Avec Elvis, l’industrie du clou et de la boucle ne connaissait pas la crise.

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le jardin du souvenir.

Les marchands de clous, les fans et les coeurs de midinette sont tristes.

Moi aussi. Et pourtant je ne vends pas de clous.

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C’était une visite mansion très bien.

On a ensuite filé à l’hôtel, c’est à dire de l’autre côté de la rue, pour poser nos valises et nous réjouir d’avoir une piscine en forme de guitare (sauf Martin, qui s’est à la fois réjoui à la fois d’avoir une valise et aussi une piscine en forme de guitare).

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Le restaurant où nous mangeons est à 20 mn à pied, mais comme il neige, on a demandé à notre chauffeur de nous y déposer.

Pour le retour, ça sera pied.  (« You can do whatever you want, lui a dit Emilie, except disapear! »)

Nous dinons chez Marlowes. On devait assister à un « Tribute to Elvis », un objet vocal non identifié (imitation ? hommage ? karaoké ?) mais le chanteur n’a pas pu venir à cause des 20 mm de neige.

Bon, si je devais écrire une anthologie des mauvaises excuses pour rester à la maison, je commencerais par celle là.


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Nous sommes donc rentrés, un peu déçus et à pied dans notre hôtel avec sa piscine en forme de guitare, nos valises bien à leur place dans leur chambre, un chauffeur à proximité et des photos d’Elvis partout, pour faire de beaux rêves.