Ma journée Off à Miami

Je l’avais fantasmée, cette journée off, toute seule à Miami, entre le départ de mon premier groupe de lycéens, dans la matinée, et l’arrivée du second, en début de soirée.

Dans un premier temps, j’avais fait le projet de louer une voiture pour explorer les environs de Miami, mais rattrapée par la voix de la raison, de qui, exceptionnellement , j’ai accepté un peu d’autorité et de familiarité (« non, mais tu peux pas rester tranquille deux minutes ?) et par la fatigue, j’ai déprogrammé l’excursion et elle s’est transformée en journée 3 p: piscine-plage-puisriendautre.

Ce n’est pas la première fois que je fais se succéder deux groupes de lycéens en voyage scolaire, mais les fois précédentes, le groupe 2 arrivait la veille  du départ du groupe 1, de sorte que pendant une nuit (la nuit de l’effroi qui a vu mourir toutes mes illusions sur le pouvoir de la raison et son ascendant sur un groupe de lycéens), deux groupes de lycéens occupaient l’hôtel, me donnant des envies de me retrancher dans ma salle de bain et de noyer mon désarroi en vidant une bouteille entière de bain de bouche.

Imaginez l’excitation du groupe 2 qui vient d’arriver (une fois la frontière passée, ils sont si heureux qu’ils pourraient passer leur séjour à faire la roue) et qu’un long voyage n’a pas réussi à épuiser (seule la phrase « prenez vos livres et sortez vos cahiers » peut les terrasser d’une fatigue soudaine). Excitation du groupe de nouveaux arrivants combinée à celle du groupe 1, comblé de satisfaction à l’idée d’être l’initiateur, celui qui va tout expliquer sur les coulisses du voyage scolaire et proposer une visite guidée nocturne de l’hôtel en livrant des secrets avec un air de comploteur.

Bref, nous avons été plusieurs à être traumatisés par ce genre de nuit où se jouait une gigantesque et éprouvante partie du « chat et de la souris »: le gardien de nuit, n’en pouvant plus de pister les lycéens dans les couloirs pour leur signifier de ne pas y courir, son psychiatre, terrifié par le récit de cette nuit de cauchemar (un vrai vaudeville: des portes qui claquent, des cavalcades dans les escaliers, des quiproquos, mais pas d’amant dans le placard) et moi.

Bref, cette année, je l’ai jouée fine: pas de retrouvailles groupe 1 et groupe 2, pas même en escale à Philadelphie.

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Départ du groupe 1

 

Et je savourais, au bord de la piscine, cette tranquillité tout en me congratulant avec enthousiasme lorsque j’ai reçu un SMS de Valérie, notre reporter à l’aéroport, e compagnie du groupe 1. Ils étaient en salle d’embarquement, prêts à monter dans le premier vol. J’adore quand un plan se déroule sans accrocs.

 

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la piscine du Freehand

Du coup, j’ai repris un menu du jour: tranquillité et auto-satisfaction, mais je me le suis servi à la plage.

 

 

 

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poste de sauvetage, du côté de la 25° rue

 

 

 

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la plage, à un block de l’auberge

C’est alors que, au moment où je m’y attendais le moins, anesthésiée par le soleil et le chant de victoire que je passais en boucle dans ma tête, j’ai reçu un nouveau SMS, de Valérie, toujours, m’annonçant que (mais faut pas t’inquiéter) le vol pour Philadelphie avait été annulé, et que du coup, leurs chances d’attraper le second vol, de Philadelphie à Bruxelles, s’en trouvaient considérablement réduites, qu’il fallait désormais trouver un vol où caser le groupe de 44 personnes et que si par hasard, je pouvais les assister en leur donnant les coordonnées de mon contact à American Airlines, ça pourrait leur être d’un grand secours.

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l’avion qui ne veut pas décoller 

Retour à la chambre et à la case angoisse.

J’ai transmis les informations à Valérie, recalculé le budget (posons l’hypothèse que dans le groupe 2, tous les lycéens soient des sportifs de haut-niveau en pleine santé et que personne n’ait l’idée de tomber malade pendant la semaine à venir, que les chauffeurs des autocars qui nous emmènent en excursion acceptent de s’assoir sur leur pourboire, qu’on n’ait pas besoin de prendre un taxi pour ramener à l’auberge un lycéen défaillant ou le cas échéant, qu’un accompagnateur accepte de le transporter sur son dos pour faire des économies…je peux débloquer un budget repas supplémentaire de 10 $/ personne)

SMS à Quentin, un des accompagnateurs, pour le prévenir.

Réponse de Quentin: « l’aéroport nous a donné 12 $/personne, ton offre est refusée. Bonne nouvelle, on a trouvé un direct Miami-Paris dans 2 h ». ça c’est des accompagnateurs de compétition ! Solution trouvée 3 h après que le premier vol aurait dû décoller et de nombreuses, longues,  et finalement fructueuses négociations pour ne pas séparer le groupe.

Sauf qu’ils atterriront à Paris et non à Bruxelles. Qu’à cela ne tienne, je préviens l’autocariste qui se charge du transfert.

Du coup, ça m’a donné l’idée de fêter ça avec un cocktail au bord de la piscine.

SMS de Valérie: « Coucou Rozenn, ne panique pas; prends un troisième cocktail (alors que je n’ai même pas eu le temps d’en commander u premier !), nouveau problème technique, changement d’avion, retour au gate de départ, petit tour en métro, retard annoncé pour le moment de deux heures, les élèves sont cools. Le staff »

Donc, le vol de remplacement , si âprement obtenu (qui sait ce que Kathleen a dû faire pour venir à bout des négociations, si ça se trouve, elle les menacés en néerlandais... ce qu’elle ne fait qu’en cas d’extrême nécessité, parce que ça peut faire des dégâts psychologiques) n’a pas voulu, non plus décoller. Et mon groupe de 44 personne a dû changer d’avion, de salle d’embarquement… et du coup, ils ont dû se ré-enregistrer et refaire leur carte d’embarquement. Et je me mets à espérer que le destin place sur ma route un grand pichet de Margarita. Je veux bien m’occuper de la paille.

 

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le vol AA62 aura 2 h de retard

 

 

la salle d’attente n’a jamais si bien porté son nom (contrairement à la salle d’embarquement)

et pendant ce temps, le premier vol décolle, lui… (avec 5 h de retard)

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Vu le changement de porte d’embarquement et d’avion, à l’heure (la nouvelle heure, celle avec 2 h de retard, restez concentrés) d’embarquer, enfin, il manque plein de passagers; je ne sais pas pourquoi: ils se sont égarés dans le Terminal, ont perdu la raison, sont restés prostrés aux toilettes en suppliant qu’on les achève, ont déclaré une phobie de l’avion… Toujours est-il que l’hôtesse commence faire l’appel avec un accent français tellement déplorable qu’elle demande à Quentin de s’en charger.

pourquoi pas, après tout, au point où on en est ?

Finalement, après ces quelques heures de stress et ces allers-retours dignes d’un cartoon, d’une porte d’embarquement à l’autre, à 44, dans le pur style débandade, inventé par la 7° compagnie, tout le monde peut monter à bord et s’installer.

 

Il est 21 h 30, j’ai déjà accueilli le 2° groupe, fait le tour des chambres et commencé à résumer ma semaine (pas ma journée, pas le temps) avec le groupe 1, aux accompagnateurs du groupe 2.

J’envoie un message à l’autocariste avant de me coucher, vers  minuit, pour lui dire de ne pas tenir compte du message précédent, pas plus que de celui d’encore avant, mais bien de ce dernier concernant le lieu et l’heure de prise en charge du groupe, ainsi que les informations sur le vol.

Je mets mon réveil à 4 h, pour être raccord avec l’heure française (10 h du matin) et être prête à téléphoner ou recevoir des coups de téléphone pour l’arrivée du groupe en France.

ça me permet de suivre à distance le retour du groupe 1 et d’apprendre que leurs bagages ne les ont pas suivis. Tiens ? pourquoi ne suis je pas étonnée ?

ça leur fait donc 44 dossiers de réclamation à remplir en atterrissant; ce qui fait attendre le bus qui doit les ramener à Tourcoing, mais… message de Quentin: « même si le chauffeur a dû nous attendre à l’aéroport, une fois qu’on était là, sans les valises, ça a été rapide ! »

Les valises sont arrivées le lendemain en fin d’après-midi.

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Question: pourquoi lorsqu’on récupère sa valise sur le carrousel à bagage à l’aéroport, elle est en bon état alors que lorsque arrive en retard, elle est sale ou abîmée ? Est-ce que le service bagage égaré ne recrute que des employés brusques ou maladroits ?

Bref: j’avais une journée off à Miami Beach.

Ellis Island à New York: un musée qui dit merci aux Immigrés.

« Vas voir ailleurs si j’y suis »

Lorsque j’étais petite, c’est-à-dire il n’y a pas très longtemps (puisque ça fait quelques décennies mois que j’entretiens ma gaminitude grâce à l’acide glycolique, même si je pense parfois qu’un bas-nylon enfilé sur ma tête aurait un effet tenseur plus certain que cette crème miracle achetée au prix du caviar), à une époque où je passais le plus clair de mon temps à m’interroger sur pourquoi j’avais autant d’épis sur la tête au lieu d’une chevelure d’enfant modèle,  il arrivait que des adultes soucieux de paix, de quiétude et de silence, au lieu d’aller les trouver dans un monastère, une grotte ou un ashram, considéraient qu’il était plus simple pour eux et nettement moins contraignant de  m’inviter à aller voir ailleurs s’ils y étaient.

Ce que je faisais assez docilement, surtout parce que, étant vexée,  j’allais voir ailleurs pour vérifier qu’ils n’y étaient pas et pouvoir y bouder bien tranquille. Car, je me suis vite rendu compte de la supercherie: ils n’y étaient jamais. Cependant l’injonction « vas voir ailleurs » est finalement une belle invitation à la découverte et à l’indépendance, et je soupçonne même l’homo erectus d’avoir choisi la bipédie pour aller voir ailleurs qui y était (c’est une théorie scientifique que je peaufine depuis quelques minutes).

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« Vas voir ailleurs si j’y suis », voilà où ça m’a menée: loin, ou du moins, là.

 

L’Homme est un grand chercheur d’horizons, arpenteur de continents, découvreur de contrées, parcoureur d’océans et migrant courageux.

Passé ce petit préambule, nous y voici: les Etats-Unis sont essentiellement peuplés de migrants venus par vagues, et en bateau; des culs-terreux, des va-nus-pieds, des affamés, des pouilleux, des dépouillés, des crève-la-faim, des déclassés, des persécutés, qui rêvaient d’avenir et d’avoir un destin; ces étrangers qui font l’identité américaine, auxquels un musée est consacré, et un hommage rendu, à Ellis Island.

Aux USA, les immigrés sont plus que des étrangers, ce sont des ancêtres, des racines, que l’on vient rechercher ou retrouver à Ellis Island.

 

Visiter Ellis Island

Pour visiter Ellis Island, c’est assez simple

Surtout si vous êtes un voyageur du XXI° siècle.

Vous grimpez dans un avion; en traversant la Business Class, vous espérez que ces enfoirés de privilégiés pleins aux as ces gens qui ont réussi dans la vie ne liront que l’indifférence que vous tentez d’afficher sur votre visage et non l’envie qui tout à coup vous dévore lorsque vous voyez que dans l’équivalent d’un de leur siège la compagnie aérienne fera voyager 3 pékins de classe économique;  vous vous plaignez un peu parce que les sièges sont étroits, ou vos jambes trop longues (je rêve d’une circonstance telle, qui me donnera l’occasion de me plaindre d’avoir de trop longues jambes); vous exprimez votre dépit, lorsque l’hôtesse, au lieu de vous proposer comme toujours « chicken or pasta ? » vous annoncera qu’hélas il ne reste plus de gratin de coquillettes (on est d’accord, on ne prend pas l’avion pour manger une portion de pâtes, mais avoir le choix, entre chicken et pasta, c’est le seul luxe qu’on peut s’offrir en classe économique), vous trouvez les formalités de passage de frontière interminables et regrettez qu’il soit impossible de doubler discrètement tant les gens ici sont disciplinés et les files d’attente bien organisées.

Bref, en à peu près 10 h, vous foulez le sol américain et vous retrouvez dans un taxi conduit par un Pakistanais.

Vos vous rendez à Castle Clinton où on vous délivrera un ticket donnant accès au ferry qui vous conduit d’abord à Liberty Island, d’où vous prenez un ferry (le même si vous ne descendez pas) pour Ellis Island.

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Castle Clinton et la foule de touristes prêts à embarquer

 

 

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En quittant le Sud de Manhattan

 

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celle-là aussi je l’aimais bien

 

Si vous venez de Manhattan, le ferry passe d’abord par Liberty Island. Et vous aurez une pensée pour les migrants de la fin du XIX et du début du XX qui étaient accueillis par cette Lady Liberty. Je pense qu’on ne peut pas être accueilli avec plus d’élégance.

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La visite de l’île et du piédestal qui renferme, outre un bon stock de marches, un musée consacré à la conception de la statue de la Liberté, peut se faire en une bonne heure, peut-être deux.

 

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le compte est bon

 

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La Statue de la Liberté et le ciel vus depuis le piédestal

 

 

 

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le New Jersey à gauche, derrière Ellis island, et Manhattan à droite

 

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Dalila et moi, avec deux nuages en guise d’auréoles; que beau tableau !

On continue la visite en prenant un nouveau ferry pour Ellis Island

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Ellis Island

 

 

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the registry room, où commence la visite audio-guidée qui vous fait suivre le parcours des arrivants (enregistrement, examens médicaux et mentaux, quarantaine éventuelle, état civil, questionnaire digne de l’ESTA …)
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the registry room, à « l’époque »

 

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les visages de l’Amérique
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les visages de l’Amérique (bis)

 

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une question parmi d’autres pour vérifier l’état mental des nouveaux arrivants

 

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celle-ci me plaît: si c’est broadway dans votre tête, faites vous interner

 

 

Aller à Ellis Island, c’est un peu moins facile si…

vous êtes un paysan sicilien, irlandais ou polonais, au début du XX° siècle

Vous commencez par faire vos bagages. Contrairement à certains touristes pour qui 23 kg de bagages pour aller passer une semaine sous les tropiques constitue un dilemme vestimentaire assez cruel, vous arrivez à faire tenir tout ce que vous possédez dans un baluchon. ça tombe bien, puisque vous allez devoir porter ce que vous emmenez.

 

 

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Vous commencez pas traverser l’Europe à pied, à cheval ou en train, pour aller vous entasser avec 3000 autres passagers sur l’entrepont d’un bateau pour une traversée d’une à deux semaines.

C’est l’odyssée du pauvre, racontée dans le film « Golden Door » à hauteur, modeste, d’hommes ballotés par les flots autant que par les misères ou les injustices de l’existence.

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« Donnez-moi vos pauvres, vos exténués / Qui en rangs serrés aspirent à vivre libres »

 

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« Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore.
Send these, the homeless, tempest-tossed, to me,
I lift my lamp beside the golden door ! »

Cet extrait du poème d’Emma Lazarus vous accueille, vous les immigrés qui arrivez enfin dans le port de New York.

Vous êtes 12 millions à être passés par Ellis Island, entre 1892 et 1954. Vous êtes les ancêtres de presque qu’un Américain sur deux.

 

« Donnez-moi vos pauvres, vos exténués

Qui en rangs serrés aspirent à vivre libres,
Le rebut de vos rivages surpeuplés,
Envoyez-moi ces déshérités rejetés par la tempête

De ma lumière, j’éclaire la porte d’or ! »

(traduction wikipedia)

 

 

En arrivant à Ellis Island, fatigués et éprouvés par le voyage, vous laissez vos bagages dans la « luggage room » et vous apprêtez à passer les contrôles physiques et et tests mentaux, vous qui parfois ne savez ni lire ni écrire, qui n’avez jamais quitté votre coin de campagne.

voici ce que ça donne quand on demande à un paysan illettré qui n’a jamais tenu un crayon de dessiner un diamant; un test parmi d’autres…

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S’il te plaît, dessine moi un diamant: en haut, ceux qui n’ont jamais tenu un crayon; au milieu , ceux qui ne sont jamais allés à l’école, en bas, ceux qui y sont allés moins d’un an.

 

« Isle of hope, isle of tears »

Si vous avez un coeur sain, des poumons fréquentables, le moral, aucun passé criminel, pas de maladie rédhibitoire, vous avez votre ticket pour Manhattan où vous attendent peut-être des proches et de nouvelles aventures.

Sinon, vous êtes renvoyés chez vous (gratuitement)

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Ellis Island est un musée qui donne un visage, une voix, une existence individuelle aux immigrés

Ellis Island est aujourd’hui un musée vous permet de comprendre, en le suivant, le parcours des immigrés à leur arrivée. Mais aussi un musée qui leur donne un visage, grâce à  des portraits et photos d’archives, une voix par les témoignages enregistrés, une existence par l’exposition d’objets folkloriques, de culte ou du quotidien, ramenés de leurs pays d’origine. Ellis Island nous montre des individus, des personnes et non des ombres anonymes ni une masse menaçante. Et je ne conçois pas d’autre façon de voir autrui.

 

En bref: pour visiter Ellis Island

  • 18 $ / 14 $ pour les seniors / 9 $ pour les enfants de 4 à 12 ans.
  • tickets en vente à Castle Clinton ou sur internet.
  • il vaut mieux arriver tôt pour éviter d’attendre une ou deux heures pour embarquer.
  • Contrôles de sécurité, comme à l’aéroport.

 

pour les cinéphiles: Golden Door (2007), d’Emanuele Crialese ; avec Charlotte Gainsbourg.

la bande annonce (cliquez)

pour les curieux: le site internet d’Ellis Island qui vous propose une visite virtuelle, des explications et des photos

visite guidée d’Ellis Island (cliquez)

Mon super bonus

le projet Unframed de JR (artist) qui rend hommage aux immigrés d’Ellis Island, dans une partie abandonnée de l’île.

lien vers le projet de JR

la bande-annonce du projet, avec Robert de Niro

 

tickets en vente sur internet 43 $ ou 39 $ pour les seniors (comprend la visite de la Statue de la liberté, du musée de l’immigration et une visite guidée du sud d’Ellis Island )

Un samedi d’automne à City Island, Bronx, New York City

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salle de classe présentée dans le Nautical Muséum of City Island (Bronx)

Tous les ans, à la rentrée des classes, il se passe quelque chose de magique. Les lycéens par exemple rencontrent leurs nouveaux professeurs et se mettent à aimer passionnément l’Histoire, s’enflamment pour l’Anglais et brûlent d’en apprendre plus sur les Mathématiques, réclament qu’on les délivre de l’interminable attente qui les sépare du prochain cours de Français. Dans l’Idéal….

Dans la réalité, ils découvrent leur emploi du temps, prennent conscience qu’ils auront plusieurs heures de cours par jour (ce dont personne n’avait pensé à les prévenir) et considèrent dès lors que leur existence  est réduite quasi à néant, puisque leur vie sociale l’est, par l’empiètement de leur temps scolaire sur cette dernière, qui sert principalement à nourrir les conversations qui ont lieu pendant les heures de cours.

Pour moi, cette année, le grand événement de la rentrée a eu lieu à la pizza paï. Non que j’aie eu une révélation devant le buffet de charcuteries, même si c’est de l’ordre du possible. Non, simplement, Dominique m’a suggéré qu’on pourrait passer quelques jours à New York aux prochaines vacances. Il a dit ça comme ça, en passant. Mais par je ne sais quels rouages mystérieux, la phrase s’est transformée, entre mon conduit auditif et le centre de ma compréhension (vous savez, le poste de contrôle cérébral) en « je compte sur toi pour trouver des billets d’avion par trop chers pour aller à New York aux prochaines vacances ».

Et immédiatement, j’ai pensé à City Island, cette île à l’Est du Bronx, dont j’ai entendu parler comme d’un endroit inattendu qui vaut le détour, et que je rêve, depuis, de visiter. J’allais enfin pouvoir explorer, comme Christophe Colomb (ou plutôt mieux que lui, car il ne savait pas où il allait, lui…) un endroit nouveau dans une des villes les plus connues, les plus cartes-postalisées, et être surprise non pas parce que New York est New York, mais parce que New York est plus que New York.

Aller de Sugar Hill à City Island.

Nous logeons à Sugar Hill, au Nord de Harlem, au niveau de la 150° rue.

Pour aller jusqu’à City Island, on peut prendre la ligne A ou D vers le Bronx + le bus Bx12+  le bus qui va jusqu’à City Island (3 ou 4 / h) le Bx 29.

mais on choisit plutôt de marcher dans Harlem, pour voir ça…..

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lever de soleil sur l’Apollo Theater

et ça….

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oh zut, on avait dit « pas de cliché » !

et déjà beaucoup de monde sur la 125° rue, pour un samedi matin-7 h.

On a pris le métro (ligne 6 uptown/Bronx) jusqu’au terminus où on a jugé qu’un donut et un chausson  danois pris au Dunkin Donut nous mettraient en condition pour traverser le Pelham Park (3 miles, 1 h à pied).

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monument aux morts érigé pour rendre hommage aux soldats américains « tombés » pendant la première guerre mondiale (à l’époque, juste « la guerre mondiale »)

En cheminant ,e long d’une piste cyclable où nous croisons surtout des piétons pressés de finir leur jogging, et en longeant le parc, nous finissons par arriver à la mer.

Autre différence entre Christophe Colomb et moi: il a crié « terre » et moi « mer ».

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Hutchinson river

Bon, en fait, c’est la Hutchison River que nous traversons sur le Pelham Bridge; mais ne le sachant pas, j’ai crié « mer ».

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Ensuite, nous avons eu le choix, entre prendre la Orchard Beach road pour aller à …. Orchard Beach, un jolie plage pleine, du moins en été, de gens tatoués, et la City Island Road, pour rejoindre ladite île, pleine de homards , en toute saison.

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Mémo: contrairement à moi, Christophe Colomb n’a bénéficié d’aucun panneau indicateur pour choisir sa route, mais comme lui, j’ai pris « tout droit, globalement »

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petite crique en arrivant au pont qui rejoint City Island

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une des quelques marinas réparties autour de l’île avec à chaque fois, beaucoup de bateaux emballés pour l’hiver.

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Le long de City Island Avenue

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celui-ci n’est pas emballé et semble attendre les « encombrants »
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une des curiosités de City Island Avenue: cette figure de proue (récente) sur une maison (quasiment neuve)
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manoir un peu plus ancien
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trompe-l’oeil: ce n’est pas la maison qui est petite, mais les décorations qui sont très grandes
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un de mes préférés… qui m’évoque la tête de mes lycéens qui découvrent leur emploi du temps à la rentrée.

City Island est traversé du Nord au Sud, outre par le Bus Bx29, par la City Island avenue que ce dernier emprunte.

Et perpendiculairement (vous voyez, moi, je me suis enflammée pour les mathématiques, qui ont mis le feu à mon cerveau, qui depuis connait/commet quelques dysfonctionnement dans l’analyse d’une information qui commence par passer quelques jours et qui finit par New York) on trouve les rues, qui traversent l’île d’Est en Ouest.

Malheureusement, tous les accès à la mer sont privés, cachés, grillagés et on ne peut qu’y aller et venir, ce dont ne se privent pas les touristes comme nous.

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une impasse, comme tous les rues de city island, qui débouche sur la mer. En allant au bout de la rue, j’ai dnc crié « mer! »
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le grillage du bout de la rue
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message qui même inscrit sur du bois flotté et orné d’une ancre sympathique (vous avez saisi le jeu de mots?) signifie: « là, t’es pas chez toi »
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terrasse qui ressemble à un squat et qui fait bien envie donc, à City Island, ils ont inventé le squat pour privilégiés
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squat-terrasse avec vue sur Manhattan. qui est pourtant à 10 miles à vol d’oiseau (quel qu’il soit: ça marche avec les oies, les canards sauvages, les pigeons voyageurs…)
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une maison toute mimi.

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dans un autre style…. colonnes et tourelle.
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c’est l’histoire d’un gars qui a un autobus aussi gros que sa maison. c’est aussi la maison du marchand de glaces. Sur city island avenue.
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un « building » de 3 étages: c’est le quartier des affaires de l’île.
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les avocats et les comptables ont aussi leurs vitrines. Avec comme message subliminal: « j’ai des gros livres, je suis savant, faites moi confiance, même si là où je les mets on pourrait croire que je m’assois dessus. »

à mi chemin de cette longue avenue qui traverse toute l’île (bon d’accord, c’est pas broadway, mais elle fait quand même 1,5 mile) on rencontre un diner.. en bois, comme il se doit.

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notez bien ces informations: le city island diner se trouve sur city island avenue à city island.
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au dessus de la porte de la cuisine…
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l’horloge indique l’heure du fuseau horaire du bacon (qui est le même que celui de city island)
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tant pis… à cause du décalage horaire, je suis restée à l’heure de l’omelette aux pommes de terre.

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le black whale, un restaurant façon « boutique hôtel ». Déco brocante marine. Mais un peu cher.
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un boutique qui ferme et qui offre qui ces livres
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le bistro SK le seul restaurant français du Bronx.
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un brocanteur aussi fatigué que sa boutique attend que le temps et le client passent. maquettes de bateaux à 250 $. je passe… mon chemin
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ça me plairait la pièce du haut pour bulle en prenant un air important.

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à l’extrémité sud de l’île, l’horizon continue d’être bouché par des grillages et est ici occupé par des restaurants, genre cantine de la mer pour autocar de touristes souhaitant manger du homard congelé ou du grade en boite.

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quand Dominique à faim, je le vois tout de suite sa tête.

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Comme souvent, quand la route est finie, et n’étant définitivement pas Christophe Colomb, je rebrousse chemin et remonte l’avenue vers le Nord.

On s’arrête pour manger à la Althouse: une sorte de sport bar-pub avec un vrai choix de bière.

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on est les seuls clients. un samedi à 13 h.

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puis, on se dirige vers le Nautical Muséum.

Le City Island Nautical Museum

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nous sommes accueillis par deux sympathiques bénévoles qui nous montrent les 4 pièces du musée (et le couloir aussi). Il est situé dans l’ancienne école de l’île et présente de nombreux objets et documents relatifs à l’histoire de l’île et la part qu’elle a prise dans la construction nautique, et l’américas cup.

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la bibliothèque
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hé hé, j’ai trouvé l’interrupteur qui allume le phare !

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la salle avec des bateaux dedans
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non loin de là: le Pelham Cemetery avec vue sur mer, mais comme tous les accès à la mer, il est cadenassé de partout.

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Puis on est rentré: bus Bx29 puis ligne 6, puis traversé de la 125° rue puis ligne A jusque 145°.

Harlem; la 125° street un samedi après-midi (to be continued)

En Bref: 

Y aller: ligne 6 uptown jusqu’au terminus (Pelham bay) puis Bx 29, plusieurs arrêts sur City Island Avenue. (plus d’heure depuis Manhattan)

Y manger:

le city island diner: des habitués qui viennent manger pancakes, muffins, hamburgers; bref, un diner. (au niveau de Fordham street)

the ale house: serveuse super gentille et accueillante. Grand choix de bières (mais en bouteille, ont eu des problème avec la pompe). à côté du diner.

les restaurants de spécialités (seafood) surtout à l’extrémité Nord (lobster house) et à l’extrémité Sud de l’île (Samys)… avec d’immenses parking pour accueillir la foule.

à voir…

Nautical Museum: ouvert le samedi et le dimanche de 13 h à 17h. Suggested donation: 5 $

la mer: inaccessible

balades agréables à prévoir dans toutes les rues de l’île (1, 5 mile de long et 0;5 de large)

A Coney Island et Little Odessa: de l’autre côté du miroir et tout au bout de Brooklyn

Cet après-midi, nous partons, tous ensemble (Céline, Caroline, Thomas, Corine, Marion, Olivia, Dalila et moi) à Coney Island, station balnéaire loufoque et parc d’attraction populaire  et on se fait un film.

D’abord, avec Dalila qui ne jure que par ce quartier et ne fait qu’en parler parce qu’à la fac, elle a étudié le recueil de nouvelles the knife thrower  de Steven Milhauser, avec tant de minutie qu’elle lui a consacré un exposé passionnant, qui lui aurait valu le statut et les émoluments d’experte de Coney Island sur un plateau du JT, au besoin (c’est-à-dire si un jour, un cracheur de feu forcené s’était mis à faire flamber les hot-dogs de chez Nathan, ça serait alors un sacré fait-divers). A croire, en outre, que Dalila n’a suivi à la fac que les cours sur Coney Island et tout ce que l’Amérique a d’original, de fou et de délirant et qu’elle a séché les cours de linguistique médiévale et ceux de civilisation gaélique, dont elle ne parle jamais.

Donc, cet après-midi, on file dans l’univers fantastique (ou fantasmé) des lanceurs de couteaux et autres bizarreries saltimbanques.

Beaucoup plus drôle qu’au Monopoly, c’est un endroit à NYC où chaque nouveau panneau de rue vous fait jubiler comme si vous veniez de débusquer un trésor. Je me suis donc promenée, pour de vrai, le long de l’avenue du surf, de l’avenue de la sirène ou de l’avenue « encore bien » (j’ai cherché: stillwell, c’est un groupe de rock ou un mathématicien australien: l’avenue stillwell ne peut que signifier ici « encore bien »), avenue de la brise de mer, ou encore sur la rue du club de l’ours polaire.

Où ailleurs qu’à Coney Island peut-on afficher aussi officiellement sa fantaisie et son humour ?

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en sortant du métro, on a le choix dans les directions à prendre

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entre Coney Island et Brighton Beach

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sur la promenade, près de l’aquarium

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Coney Island est illustre pour sa mermaid parade (défilé de sirènes) et bien sûr pour son concours de mangeurs de hot-dogs.

IMG_2494 car, voyez-vous, c’est à Coney Island que le hot-dog a été inventé, il y a de cela presque un siècle. Ce fameux Nathan, quel bienfaiteur pour l’humanité, en particulier celle qui aime mettre 5 $ dans deux bouchées de viande molle.

Coney Island, qui n’est pas une île, c’est d’un côté un parc d’attraction aux aspects de cirque à ciel ouvert, et d’un autre côté, une plage longée par une promenade de planches. Un endroit parfait pour tester sa vocation de badaud.

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une jeunesse pleine d’énergie nous offre son spectacle de rue,

chants, danses et percussions 

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IMG_20150426_163617 la tour des sauts en parachute

… qui a bien fonctionné dans les années 1940. Et qui a été abandonnée lorsque le parc d’attraction a fermé à la fin des années 60. Elle demeure, cependant, en place, comme une carte postale grandeur nature, aussi symbolique qu’une tour Eiffel.

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la jump tower ou parachute drop tower

(cela dépend de quel point vue on se place:

celui du sauteur ou celui du parachute)

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une attraction plus contemporaine:

je vois… je vois… une équation différentielle,

qui donne le mal de mer, de l’air et des transports;

et qui passe l’envie d’en savoir plus sur les inconnues.

IMG_2516 l’entrée du Luna Park

… passage dans un univers de couleurs primaires, d’expériences bondissantes défiant les lois de la gravité et contrariant Newtown jusque dans sa tombe, un univers de pop-corn et de barbapapa qui fait plaisir aux enfant et crier les petits et les grands, comme une boite à « meuh », lorsqu’ils ont la tête à l’envers et qu’on les remet à l’endroit (ou l’inverse)

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le paradis du vérin hydraulique et du piston

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la Wonder Wheel, dont les nacelles se balancent pendant que la roue tourne, comme dirait l’autre, ou presque.

IMG_2533 le Cyclone,

… qui décoiffe, comme son nom n’en fait pas mystère: c’est un antique « roller coaster » en bois et ferraille du début du XX° siècle. Prévoir un collier cervical et de bons poumons pour crier sa terreur.

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vue d’ensemble

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Deuxième film de la journée: Olivia et moi avons fantasmé, bien longtemps avant d’avoir éprouvé la fraicheur de Coney Island, sur un bain de mer, forcément idéal, qu’on prendrait coûte que coûte, avec la même énergie et la même folie que les baigneurs qui vont se précipiter dans la mer du Nord le 1er de l’an, mais, cependant, avec un peu plus d’élégance qu’eux. On se voyait déjà, bercées par les vagues de l’Atlantique, victorieuses et vigoureuses Vénus sortant de l’eau (ah, si Botticelli avait pu voir ça !).

Mais voilà, je me suis rappelé, par ce frais et nuageux après-midi d’avril (ne te découvre pas d’un fil ! alors, vous imaginez: me séparer de mon tricot de corps ! pure folie !) que même en Août 2006, 2009 et 2011 lorsque je m’étais baignée à Coney Island en pleine canicule, je n’avais pas réussi à obtenir ce fantasmé degré d’élégance et de sophistication marine qui a fait la réputation de Pamela Anderson. Alors, la réalité me rattrapant à la vitesse de la bise d’avril, j’ai fait celle qui avait oublié, au mieux ses belles et courageuses intentions, au pire, son maillot de bain. Pour la plus grande désolation d’Olivia, qui est plus forte que moi en maillot de bain (faut voir la cargaison qu’elle a réussi à extraire de chez Victoria Secret) et en bain de mer à haut risque et basse température.

Et puis, de toute façon, Botticelli n’est pas venu.

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en allant vers Brighton Beach

(ou plutôt, en grelotant vers Brighton Beach)

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univers balnéaire désert

3° film ou fantasme de la journée: s’imprégner de l’univers russe de Little Odessa, se prendre pour des transfuges de l’Est du temps de l’URSS et boire une vodka dans un café russe. Corine, Thomas et moi, on s’y voyait déjà; il y aurait eu en plus du caviar, des violons et du verre blanc brisé, on aurait crié « absolut moscovskaïa » avec l’accent.

Mais voilà l’histoire: Le quartier de Brighton Beach, surnommé Little Odessa parce qu’il est essentiellement peuplé de Juifs venus d’Ukraine puis de Russie, à partir des années 70, est surtout un quartier de Brooklyn: à savoir, une rue coincée sous le métro aérien et des petites boutiques assez standard.

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A la différence que tout y est écrit en alphabet cyrillique.

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Et que tous les restaurants s’appellent chez Tatiana…

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là, on a hésité dans la direction à prendre: Brighton ? ou bien Brighton ?

Finalement, on a choisi Brighton.


On a erré, de boutiques en épiceries où on aurait trouvé tout ce qu’il fallait si on avait voulu confectionner un bon Bortsch ou juste un Kloug; mais on était plutôt tenté par une petite dégustation de Vodka. Et pas un café à l’horizon, ni même au coin de la rue.

On s’est finalement incrusté dans un restaurant, après pourparlers et négociations pour juste y boire et non y manger (quoique.. on aurait pu se laisser tenter par quelques doubitchous) et on nous a présenté la carte des vins ! du vin ! Si près du but !

On a réclamé une vodka au nom de l’intérêt culturel qu’on portait à ce quartier et qu’ils devaient nous servir au plus vite pour sauver l’amitié franco-ukrainienne et en vertu de notre très grande soif.

Ce qu’on a fini par obtenir.

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et voilà: je suis nulle de chez Nulle et Cie en selfies;

mais toujours aussi douée en selfies foireux.

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3 secondes avant le verre brisé.

En bref:

Coney Island: le parc d’attraction est ouvert de Pâques à Halloween; seulement le week end hors saison , et tous les jours en saison.

En saison, feu d’artifice tous les vendredis à 21 h 30.

Surveiller le site web pour voir la programmation des spectacles (shows burlesques, cirque, etc..) et des manifestations (Mermaids parade, hot-dogs eating contest)

ligne de métro D, Q, N, F; environ 45-60 mn de Manhattan.

Little Odessa: à Brighton Beach, à quelques minutes (disons 10 à 15, selon que vous vous arrêtez ou non pour corrompre les écureuils à coup de cookies) à pied à l’Est de Coney Island.

Quelques restaurants en bord de mer, le long des planches, dans le style mer du Nord.

Sur Brighton avenue, quelques épiceries qui valent le détour, si l’on est un peu curieux et gourmand.

Rien de vraiment « touristique ». Et c’est tant mieux.

la photo bonus: 

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Olivia et Marion ont kidnappé Bob.

le récit bonus: mon expérience Coney Island en avril 2013

http://newyork2013.en-escale.com/14-avril-l-empire-state-building-et-coney-island_pl3192.html

Dimanche à Chelsea, NYC

Ce dimanche matin, à Chelsea, je fais ma petite curieuse, car j’ai appris, avec l’expérience, que ça pouvait mener loin. Donc, armée de bonnes chaussures et des meilleures intentions du monde, je pars, avec les copains et les copines, en exploration à Chelsea pour:

déambuler dans le Chelsea Market, que je n’ai jamais visité et découvrir pourquoi.

– voir de plus près la brocante du Chelsea Flea Martket et finalement non.

– vérifier combien de pancakes je peux manger dans un buffet all you can eat et tomber en arrêt devant l’appétit incommensurable de mes deux compagnons de voyage, Thomas et Féthi. IMG_2355 Comme nous logeons à Staten Island, qui a quelques similitudes avec San Francisco pour ce qui est des sensations molletesques, nous commençons la journée en descendant, d’une part les 23 marches qui séparent notre maison du trottoir et d’autre part la rue en pente qui nous conduit jusqu’à la promenade au bord de l’eau qui va jusqu’au ferry, en ayant à l’idée , ce qui gâche un peu le plaisir simple et euphorique de la descente, qu’il faudra remonter tout ça ce soir. IMG_2370

vue sur la skyline depuis Staten Island

au premier plan, un parking à étage

Une idée chassant l’autre, on se perd ensuite dans la contemplation enthousiasmante de notre vue sur Manhattan et on se réjouit d’avance du spectacle que ça sera ce soir quand on rentrera. IMG_2376

 On se dirige vers Manhattan en ferry, mais on se croirait dans le Maine

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 mais c’est bien NYC, pas de doute (3 indices sont cachés dans l’image, à toi de les retrouver)

IMG_2381 Pendant tout le séjour, Thomas, Caroline et Céline se sont amusés à faire et photographier les lettres de NEW YORK, un peu partout dans la ville, avec leurs corps , mais là, au brouillon, c’est dur de déchiffrer leur langage corporel. C’est plutôt « dessine-moi un arbre et je te dirai si tu es à l’Ouest » IMG_2397

En arrivant de Staten Island en ferry, tous les matins c’est distribution gratuite de vues panoramiques. 

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 Et hop, quelques stations de métro plus loin, et sans aucune facétie du genre « ah ! ah! tu as pris un express ! on va traverser à toute allure la station à laquelle tu voulais descendre et te déposer 5 stations plus loin »; arrêt à Madison Square Park.

Etape n° 1: Brunch au 230 fifth, rooftop face à l’expire State Building. Le brunch, contraction de breakfast et de lunch (en français, ça n’aurait rien donné d’intéressant de contracter petit-déjeuner et déjeuner) semble avoir été inventé par les enfants: on mélange dans son assiette du sucré et du salé, on peut commencer par le dessert et finir avec une salade, on mange à pas d’heure (en tout cas pas à l’heure du petit-déjeuner, ni à celle du déjeuner, c’est vraiment n’importe quoi, ils connaissent pas la chrono-diététique, ceux qui ont inventé le brunch ). Mais la preuve que le brunch est une affaire sérieuse, et finalement d’adultes, qui peut-être aiment juste faire n’importe quoi le dimanche, c’est que le brunch s’accompagne traditionnellement d’un cocktail; le bloody mary ou bien le mimosa. IMG_2415

Bloody mary: vodka, jus de tomate, sel de céleri

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 le mimosa: champagne et jus d’orange

IMG_2417 On a donc empilé les pancakes et cumulé les gaufres comme des points de fidélité, goûté avec avidité à toutes les salades et assaisonnements disponibles, optimisé l’espace dans notre assiette en alignant scrupuleusement les tranches de saumons et les petites saucisses, qu’on a camouflées sous des tonnes de pommes de terre sautées, on s’est tout autorisé avec délectation, et on a enfreint toutes les règles élémentaires de diététique qu’on ne manquera pas d’appliquer plus tard c’est promis demain pourquoi pas. Et siroté notre cocktail avec l’application de l’élève qui veut réussir et progresser dans l’art du brunch dominical, tout en surveillant l’Empire State Building.

Féthi, après en avoir mangé un entier, a déclaré que le saumon était excellentet nous supposons maintenant que cette espèce est menacée d’extinction; il faudra qu’on le signale au musée d’Histoire Naturelle.

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le buffet all you can eat, ou la nature morte de la société de consommation.

IMG_2419 Et puis on est allé promener nos deux lauréats du buffet all you can est, les champions du brunch à volonté, les cumulards d’assiette, Féthi et Thomas, dans Chelsea.

Etape n°2: le Chelsea Flea Market, brocante installée sur un parking de la 25th st. IMG_2423 C’est toujours sympa de se balader dans un grenier à ciel ouvert, car on n’a pas à y craindre pour son intégrité physique en cas d’attaque par des araignées ou autre bête multipattes. On se balade dans le bric-à-brac, on fait son petit travail d’archéologue en donnant une nouvelle vie et une seconde chance à un truc obsolète, on recycle du vestige et on fait des bonnes affaires. IMG_2426

Pour accéder à ce marché aux puces installé sur un parking, il faut payer 1$

On a continué, et croisé, dans le cadre du Tribeca film festival, des stars que je ne connaissais pas; moi qui fais pourtant beaucoup d’efforts pour me tenir informée en me rendant régulièrement chez mon coiffeur pour y lire la presse d’investigation et m’informer en examinant de près toutes les photos des paparazzi grands reporters.

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l’équipe du film….que je n’ai pas réussi à identifier. Je vais devoir aller me faire une couleur et un brushing pour trouver la réponse. IMG_2438

la file d’attente pour accéder à la projection du film.

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en direction de l’Hudson et de la Highline

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pour rejoindre le Chelsea Historic District

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Etape n° 3: le Chelsea Market. petit centre commercial installé dans l’ancienne fabrique de biscuits. IMG_2462 L’idée est séduisante et l’endroit tout aussi joli que l’idée: on déambule dans cette ancienne usine devenue galerie marchande avec poutrelles apparentes et briques et tuyauterie de partout, boutiques à l’ancienne. Mais ce qui est, au départ, authentique devient décor léché (oui, je sais, ça se fait pas) et étudié, Il s’y presse, dans une atmosphère étouffante, une monde fou, qui fait la queue à chaque échoppe comme si on vivait en pleine pénurie de T-shirts ou comme si on subissait un rationnement en glace à l’italienne. Bref, plus agréable, selon moi, en photos qu’en vrai; et la seule bonne raison pour laquelle on y a trainé (mis à part le fait qu’on ne peut y circuler) c’est que la connexion wifi y était excellente et gratuite. IMG_2469

on y mange debout dans les couloirs

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ou bien assis sur des marches

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la chromothérapie par les épices

On a quitté Chelsea en repassant par le Flat Iron et pris le métro en direction de Coney Island et Little Odessa pour vivre des expériences rigolotes. (prochain article)

 

En bref:

le 230 fifth se situe, comme son nom n’en fait pas secret, au 230 de la 5° av (et 27° st.), le brunch est servi de 10 h à 16 h. Le site internet affirme ne pas prendre de réservation (first come first serve) mais la « placeuse » prend un air désolé quand on lui dit qu’on n’a pas réservé. Le buffet est à 30 $, et est composé de pancakes, gaufres, oeufs brouillés, ouefs bénédict, bacon, saumon fumé charnu et succulent, salades diverses, fruits, pommes de terre sautées, mignardises etc… Avec la boisson, les taxes et le service, compter 45 $. La vue est gratuite et d’une valeur inestimable.

le Chelsea Flea Market: samedi et dimanche, de 9 h à 18 h, sur le 25h st, entre Broadway et la 6° av.; entrée 1$. le Chelsea Historic District: pour se balader au calme et dans le passé, entre 21st st. et 23d st. et entre Broadway et la 6° av.

le Chelsea Market: boutiques trop tentantes mais quelle foule !  entre la 15h et la 16h st. et 8° et 9° av. Ouvert tous les jours.