Macon et Savannah: Georgia on my mind

 

J’ai parfois des idées que je trouve lumineuses, mais que le reste de la population mondiale considère comme hasardeuses. Et franchement, je ne comprends pas pourquoi. C’est sans doute ce manque de discernement qui m’amène à confondre les bonnes idées avec les mauvaises .

Nous sommes donc un groupe de 64 voyageurs; l’autocar qui nous emmène d’Atlanta à Miami compte 61 places; j’ai donc loué une voiture pour suivre, accompagnée de Dorothée, Valérie et Virginie (mais vous pouvez aussi l’appeler Valérie), l’autocar, son chauffeur et ses passagers.

Ce matin, l’autocar doit venir chercher le groupe à 8 h, pour l’emmener à Savannah.

Après une série de calculs aussi savants qu’irréalistes, j’ai considéré que si je partais 1 h avant le bus, ça me donnerait la possibilité de visiter Macon qui est sur la route et qui a réussi à me séduire, à distance (c’est le secret de la séduction), lorsque google maps et moi avons établi l’itinéraire pour ce voyage.

Les circonstances étaient favorables: évacuée (que dis-je: éjectée) de mon sommeil de bébé par le décalage horaire , levée à 3 h du matin, copines prêtes pour le départ à 7 h; mais par un concours de circonstances qui serait trop long à expliquer mais que je peux résumer ainsi: au fait, ah zut, oh non ! pfff, nous sommes parties avec 20 mn de retard. Et à partir de là: perturbation cosmique, la journée est partie en vrille.

Etape à Macon, connue par les Américains pour être la ville natale des Allman Brothers et repérée par moi comme étant la ville natale d’Otis Redding .

On s’est garé sur le parking (gratuit et désert) du Visitor Center après avoir fait tout un tour complet et inutile du pâté de maisons (plus, ça aurait été de la gourmandise).

On a improvisé un petit parcours libre et un peu fou, plein de fantaisie et d’audace: on est allées toujours tout droit sur Mulberry Street, puis Georgia Avenue, avec un petit détour par Cotton Avenue, pour voir ça….

 

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La fondation Otis Redding, malheureusement fermée le week-end

 

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Sa chanson « Sitting on the Dock of the Bay » quitte rarement ma tête

On a pu goûter l’ambiance du Vieux Sud, toute faite d’Antan: architecture au charme désuet et aristocratique.

C’est pourtant pas trop mon truc, en général, l’antan, le désuet et l’aristocratique, mais dans des villes comme Savannah, Macon ou Charleston, je plonge dans une sorte de rêve éveillé de retour dans le passé, qui ici s’impose, reste très présent et très vivant.

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L’ancien marché aux esclaves… tout de suite, l’antan, le désuet et l’aristocratique sont beaucoup moins sexys.

 

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La canon ball House: lâchement attaquée par un boulet de canon qui a chu dans le salon; ça n’a pas plu au parquet, mais  le boulet n’a pas explosé… j’ai envie de dire : « le boulet ! » (tiens !? je l’ai dit!? c’est parti tout seul !)

 

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Attention, zone non-fumeurs, de joints.

 

 

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Dorothée, Valérie et Virginie, à la one-again

 

 

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Maison gardée par un chat valeureux qui n’a jamais daigné répondre à nos pourtant persistantes (et sans doute agaçantes) sollicitations. Il attend qu’un boulet de canon tombe du ciel pour jouer avec

 

 

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Février et déjà un air de printemps
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une école de droit.

 

Vous avez sans doute déjà remarqué que lorsque vous quittez votre quartier, normal, standard, pour visiter un quartier dont la surface habitable des maisons voisine la surface d’un stade de foot, vous vous mettez à dresser la liste des courses et à choisir, en faisant les difficiles et les clients exigeants, celle qu’on voudrait acheter si on gagnait au loto…

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voici la mienne, à mon image (je veux dire: pas trop clinquante, essayant de sauver les apparences, et s’effritant légèrement; bientôt à point pour effrayer les enfants à Halloween, mais à l’intérieur, c’est la fête!)

C’était calme, paisible et silencieux. L’air et la température étaient doux. Il n’y avait que nous en ville ce matin.

C’était bon.

Puis, n’écoutant que notre sens de l’initiative combiné à celui de l’improvisation, et surtout rappelées à la réalité par notre montre, on a fait demi-tour pour retourner à la voiture, pour faire un peu plus tard une petite halte au visitor center de Dublin, Géorgie. On a pu s’y ressourcer et profiter du WIFI se renseigner sur la région et jouir des sièges confortables des nombreuses ressources documentaires mises à disposition.

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comme vous pouvez le constater, on a profité de cette pause pour avoir une de ces belles et grandes discussions à bâtons rompus qui laissent des traces dans la mémoire d’une femme. Bon, d’accord, en fait, on a chargé des photos sur Facebook.

C’était calme, paisible et silencieux. L’air et la température étaient doux. Il n’y avait que nous au Visiter Center ce matin.

C’était bon.

 

Avec tout ça, on est arrivé légèrement en retard à Savannah. De sorte que Dalila, Kathleen, Pauline et Olivier ont mis les élèves en quartier libre pour le déjeuner, et contents de leur boulot, sont allés se taper la cloche dans un restaurant sur Bay Street dont ils nous ont envoyé l’adresse (enfin…. la soi-disant adresse !) afin qu’on les y rejoigne (qu’ils ont dit !)

Pour gagner du temps, nous sommes entrées dans le Visitor Center pour demander notre chemin. C’était une idée lumineuse qui finalement s’est avérée foireuse. Quand vous entrez dans un visitor center, ils ne se contentent pas de vous indiquer le chemin le plus rapide pour aller d’un point A à un point B; non, ils ajoutent les points C, D, et E qui sont des « incontournables » de la ville, ainsi que, et ils en sont fiers, les points F, G et H, qui sont des curiosités confidentielles réservées aux touristes curieux. Bref, on est reparti avec un itinéraire en zig-zag. Mais arrivées au 202 W. Bay Street, on a bien vu que le restaurant qu’ils nous avaient indiqué n’y était pas et qu’eux non plus d’ailleurs n’y étaient pas, pas au 202 W Bay sTreet , malgré leurs arguments, qui nous ont laissé à penser que quand ils croient fort à quelque chose, ils le pensent pour vrai:

  • mais si on est là !
  • d’ailleurs, Mike est devant le restaurant, vous ne le voyez pas ?
  • Et si c’est Dalila, qui se met devant, vous la voyez, là ?
  • mais si c’est l’adresse du restaurant, vous êtes sûrs que vous êtes devant ?

 

De guerre lasse, on s’est rabattu sur la très commerciale et touristique River Street où on a mangé un Wrap dans un restaurant grec. ça nous apprendra à trainer en route.

 

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River Street, côté river

 

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River Street, côté street

 

Savannah est la ville aux nombreux squares, de partout. Vous passez un block, vous tombez sur un square, encore un block, re-square.

Ce qui donne à cette ville un charme inouï, de quiétude, de langueur, de savoir-vivre-lentement. Car une ville qui offre une possibilité quasi infinie de s’asseoir ça et là sur un banc public, pour profiter d’un coin d’ombre et laisser filer le temps, est une ville qui sait vivre.

Savannah est une ville pleine de chênes moussus qui agrémentent les squares, les rues et encombrent les photos; mais c’est comme ça, ici, les chênes font la lois, ce sont les shérifs du square, seul Clint Eastwood pourrait les déloger, d’un seul de ses regards assassins.

On a fait une visite guidée et piétonne de la ville, où il a beaucoup été question de maisons hantées, de femmes adultères et assassinées (c’est un corollaire dans le Sud), de maris jaloux, de malédictions familiales, de trahisons vilaines, mais alors vraiment moches; bref, un vrai vaudeville aux airs de tragédie grecque (d’où le restaurant grec sur River Street)

je vous en ai ramené ces quelques photos…

 

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comme il se doit: les maisons derrières, les chênes devant

 

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signez la pétition pour libérer la pierre tombale

 

 

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c’est l’histoire d’un mort qui voulait qu’on voie sa tombe de loin, narcissisme d’outre-tombe

 

 

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dans une fenêtre à l’étage, un mannequin déguisé en fantôme vous regarde, à moins que ce ne soit l’inverse.

 

 

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sur ce banc, en 2009, mes petits garçons ont pris leur goûter. Ils trouvaient qu’il faisait trop chaud et que marcher, ça faisait mal aux pieds. Nos lycéens, aussi.

 

 

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la seule maison de Savannah qui a eu une habitation d’esclaves

 

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la maison que j’ai choisie, si je gagnais au loto; à mon image: classe, organisée, équilibrée

Après la visite de la ville, nous avons emmené les lycéens dans un outlet, et avons assisté à un miracle très émouvant: eux qui ne savaient plus marcher pendant la visite à pied de la ville, se sont mis à courir dans tous les sens dans les allées des magasins. C’était merveilleux. Miracle, apothéose.

Je n’ai pas pu suivre le bus avec ma voiture, le GPS était de mauvaise volonté; on s’est perdu, Dorothée, les 2 Valérie et moi. On a demandé notre route à différents commerçants et passants, qui nous disaient , « mais si, c’est pas là, vous ne pouvez pas le rater », mais même avec une technique de persuasion mentale comme ce genre d’affirmations convaincues, on ne le voyait toujours pas.

Bref, on est arrivé en retard, j’ai perdu mon téléphone, l’ai retrouvé tout tremblant dans un magasin (il était sur vibreur), n’ai fait aucun achat, la galère: j’avais rien à me mettre.

 

Bonus: 

mon voyage à Savannah, été 2009.

Georgia on my mind, 2009

 

 

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